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26 février 2009

Animer

 

 

Emprunté du latin animare, dérivé du nom anima « principe vital, âme » et ayant pour sens « donner la vie », ce verbe est attesté au milieu du XIVe siècle chez Oresme (« donner la vie » dans un sens figuré) et en 1358 à la forme passive être animé à, au sens « d’être encouragé à, excité à ». A la fin du XVIe siècle, il est attesté au sens de « donner l’apparence de la vie » et de « donner le mouvement ».

Dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), ce verbe actif (transitif) est défini ainsi : « Etre principe de vie dans un corps organisé », c’est-à-dire pourvu par Dieu d’organes (Il y a dans les corps vivants un principe, une essence, une forme qui les anime) et « mettre une âme dans un corps » (Dieu peut animer les pierres ; cela serait capable d’animer un mort, d’animer une statue). Tel est le sens propre, relevé par les académiciens en 1762 (« mettre l’âme, le principe de la vie dans un corps organisé », illustré de cet exemple éloquent : « les philosophes sont de différents avis sur le temps auquel Dieu anime l’embryon dans le ventre de la mère »), 1798, 1832-35 et en 1932-35, dans des termes différents, l’âme ayant été remplacée par la vie (« douer de vie un corps organisé »), par Féraud en 1788 et par Littré en 1863-77, lequel, dans les exemples qu’il cite, écarte toute signification métaphysique : « Donner l’âme, la vie » ; « Prométhée anima Pandore » et chez Racine : « Dieu commande au soleil d'animer la nature ». Alors que les académiciens, dans la neuvième édition, en cours de publication, de leur Dictionnaire, semblent avoir pris acte de la disparition du sens religieux ou métaphysique, se satisfaisant d’une définition minimale : « douer de vie » (selon la fable, Pygmalion anima une statue de femme qu'il avait façonnée et, par analogie, le sculpteur anime le marbre, le romancier anime ses personnages), les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94) ont à cœur, non pas de ressusciter ce sens, mais de le définir assez précisément, même s’ils n’emploient pas le nom âme, peut-être pour que ce sens ne disparaisse par totalement de la languie : « en parlant de Dieu ou d’un principe métaphysique, donner vie, insuffler la vie », l’illustrant de cet extrait de Condorcet : « un esprit unique anime le monde ; il est présent partout, si même il n’est pas tout, s’il existe autre chose que lui ; les âmes humaines en sont des émanations » (1794), dont le contenu se démarque nettement du sens métaphysique dans lequel les théologiens employaient ce verbe, pour désigner l’action faite par Dieu d’unir une âme à un corps ou de donner une âme à un fœtus, ce qui se faisait dans les premières semaines de la conception. De l’esprit qui anime le monde, selon Condorcet, n’émanent que les âmes, et non la vie, ni l’union d’une âme et d’un corps.

Le verbe a des sens figurés, qui sont définis dès la première édition (1694) du Dictionnaire de l’Académie française : « il se dit figurément pour marquer la force que l’on donne à un discours par la manière de le prononcer » (cet avocat n’anime point ce qu’il dit ; animer un discours ; c’est un orateur bien froid, il ne s’anime point) et « il se dit aussi pour marquer la force et la beauté que les sculpteurs et les peintres donnent à leurs ouvrages » (un sculpteur qui anime toutes ses figures ; les tableaux de ce peintre sont animés). Les autres sens sont « encourager » (animer les soldats par son exemple ; les animer au combat) et « irriter » : « animer une personne contre une autre, c’est l’irriter contre elle ». A ces sens sont ajoutés dans les autres éditions du Dictionnaire de l’Académie française ou dans les autres dictionnaires de nouveaux emplois : « en parlant des saints, on dit que Dieu les anime de son esprit, pour dire que c’est lui qui les éclaire, qui les fortifie, qui les fait agir » ; « on dit aussi dans le même sens que le zèle de Dieu anime un homme, qu’un missionnaire est animé d’un saint zèle » (1762). C’est dans cette même édition qu’est relevé cet emploi moderne : « on dit à peu près dans ce même sens animer la conversation pour dire la rendre plus vive ». Dans la sixième édition (1832-35), est relevé cet autre emploi : « animer le teint, donner plus de vivacité aux couleurs du teint ; animer les yeux, les regards, leur donner plus d’éclat, de vivacité », tandis que Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) définit un autre sens : « remplir d’ardeur, échauffer » (exemple : « une même passion anime tous les cœurs ») et qu’il est le premier à relever le sens de ce verbe en physique, pourtant attesté à la toute fin du XVIe siècle : « en physique, pousser, mouvoir » (exemple : « la force qui anime le boulet »).

Dans la langue moderne, ce verbe, par métaphore ou, comme on voudra, par métastase, s’étend à de nouvelles réalités : les dessins au cinéma (Dessin animé, film reproduisant une suite de dessins qui, grâce à des modifications successives, donnent, lors de la projection, l’illusion du mouvement et d’une action continue », Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition, en cours de publication) ; les rues ou les maisons ou les revues ou les journaux ou les maisons d’édition ou la culture que l’on anime ou qui s’animent, comme la conversation, les discussions, les soirées entre amis ; et même les stages, les séminaires, les clubs de vacances (animer un stage, un séminaire, etc. , jouer le rôle, exercer la profession d’animateur dans un stage, etc. », Trésor de la langue française, 1971-94). Les théologiens pensaient, peut-être à tort (mais là n’est pas la question), que l’action désignée par le verbe animer était propre à Dieu qui mettait une âme dans un corps en gestation. Pour parler comme les consciencieux du social, on dira que, au cours des deux derniers siècles, ce verbe et ce qu’il désigne se sont démocratisés, comme le reste d’ailleurs, ce dont il faut ou faudrait se réjouir, puisque toute démocratisation, même celle du rien ou celle du désastre, est bonne par nature. Dieu disparu, n’importe qui prend sa place, même les Bac + 3 qui animent une ville ou un village en y divertissant les contribuables, c’est-à-dire en leur donnant l’âme qu’ils n’ont pas ou n’ont jamais eue, ou même les amuseurs qui animent les longues soirées des clubs de vacances pour faire accroire aux gentils membres que l’âme leur pousse sous les cocotiers.

 


Commentaires

Par un raccourci périlleux (chemin préféré des médias contemporains), on pourait alors dire que nous sommes passés en peu de siècles du Dessein animé aux petits mickeys; si toutefois cette formule vous agrée.....

Ces prémisses de printemps dans l'azur donnent envie de partir en voyage: qu'en pense Monsieur Amédée, lui qui est toujours par monts et par vaux ?

Écrit par : P.A.R. | 26 février 2009

françoise ( beurk ) ou hania


http://www.rue89.com/2009/02/26/francoise-veut-sappeler-hania-richard-veut-redevenir-yussef

Écrit par : amédée | 26 février 2009

Monsieur Amédée est plutôt par Mare e Monti

très instructif , mon court premier séjour en Corse-eurabia

( malgré le peu de loisir d'observation , hors travail )
intéressant ces changements ( démographique, économique , écologique )
en progression rapide

Écrit par : amédée | 26 février 2009

animer

la basilique d'Avioth pour animer les aviots , les limbes
n'est donc plus utile !

les Bac+3 ou +5 ne l'animeront pas !

j'y tiens , à ces p'tits aviots !

Écrit par : amédée | 26 février 2009

Monsieur Amédée, vous qui aimez la précision en toute chose: regardez ce que dit Wikipedia à propos du calendrier chinois et dites-moi s'il est plus précis que le nôtre (grégorien), pour arriver à mieux faire coïncider le printemps du calendrier et l'événement météorologique en lui-même.
Et avec ça, vous apprendrez ce qu'est une année embolistique (terme très impressionnant à placer dans la conversation courante).

Écrit par : P.A.R. | 27 février 2009

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j'y va regarder

lien avec embol ? Embole ? embolie ??

Bon , ié quite la corsica domani ,avant d'aller dans la iote

Alors bon , mr Balladurian ,néo-sbire sarkozien , veut supprimer la Picardie !!

plus de picards , pour mr Balladurian , pour plaire à son maitre Nagy y Bocsa .

Alors mr PAR , je suis bien en peine

que vont devenir les " Roses de Picardie " ???

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pour le calendrier " grégorien " , l'on sait bien que toutes les dates sont érronées.

rappelons nous qu'avant l'année commençait au printemps !

Écrit par : Amédée | 27 février 2009

Sarcome

l'erreur historique

http://www.plon.fr/ficheLivre.php?livre=9782259208338

http://www.plon.fr/ficheLivre.php?livre=9782259208338

ERREUR


DISLOCATION

Écrit par : Amédée | 27 février 2009

mr PAR

http://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_h%C3%A9breu

je trouve EMBOLISMIQUE

et non embolistique !!!

2 METONIQUE

Écrit par : AAAA | 27 février 2009

Ah bon ? Excusez-moi, j'ai rédigé ce commentaire entre le pousse-café et l'apéro, ce qui peut expliquer certaines libertés langagières (dont certaines peuvent parfois glisser vers la poésie pure, si l'on sait y porter l'attention qu'elle requièrent).

Mais quelle agence de notation vous a attribué ce quadruple A ? A moins que ce ne soit le sigle d'un club automobile américain (Arizona ou Arkansas), je vous recommanderais le profil le plus bas pour ne pas être assimilé à un évasionneur fiscal (c'est bon, ça ?): la chasse aux financiers est ouverte !

A mon avis, l'erreur historique consiste à se gonfler d'illusions à propos d'un mirage appelé démocratie, et non à tirer sur les lampistes qui profitent de la situation.

Écrit par : P.A.R. | 27 février 2009

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