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09 mars 2009

Alimentation

 

 

Voilà encore un mot moderne. Certes, dérivé du verbe alimenter, il est attesté en 1412 au sens de « nourriture », mais il n’est enregistré dans les dictionnaires qu’à compter de 1832-35 (sixième édition du Dictionnaire de l’Académie française) et il semble avoir été d’un emploi rare antérieurement, puisque Littré n’a pas trouvé en 1872 d’écrivain qui l’ait employé. En 1832-35, la définition est expédiée en un court fragment de phrase : « action de nourrir, de se nourrir », alors que les académiciens, dans la neuvième édition (en cours de publication) de leur Dictionnaire distinguent trois sens et six emplois, et elle est illustrée de cet exemple assez sommaire à dire vrai : substituer un mode d’alimentation à un autre. Pourtant, ce qui nourrit la modernité de ce nom et explique son succès croissant au XXe siècle, c’est cette remarque-ci : « il ne s’emploie guère qu’en termes d’hygiène ». Le principe explicatif est lâché : hygiène, l’hygiène étant, depuis deux siècles, une des formes que prend la nouvelle religion immanente de l’Occident.

De l’hygiène, illustrée par cet exemple savantasse de Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77 : « pour que l’alimentation soit suffisante, il faut qu’elle fournisse une quantité de principes assimilés égale à la quantité des principes désassimilés, ou, si l’individu croît encore, qu’elle soit en rapport avec les conditions de développement des jeunes sujets »), le nom bascule dans les sciences, naturellement, pourrait-on dire, si la nature y était pour quoi que ce fût dans ce phénomène. C’est aussi, selon Littré, un « terme de physique », dans l’expression alimentation des chaudières à vapeur, qui désigne le « renouvellement de l’eau ». Dans le Trésor de la langue française (1971-94), la définition prend de l’ampleur : c’est « l’action de fournir à un être vivant ou de se procurer à soi-même les éléments nécessaires à la croissance, à la conservation » ; « l’action de fournir à une chose, à une usine, à une machine... ce qui est nécessaire à son fonctionnement » ; « le résultat de cette action » ; « ce qui alimente, des produits alimentaires » (« boutiques d’alimentation, carte, ticket, commerce, magasin d’alimentation ») ; « industrie des produits alimentaires ; personnes qui y vivent » ; et au figuré, mais « rare », l’alimentation de l’âme, de l’esprit (« son esprit fatigué réclamait une nouvelle alimentation », Proust, 1922). En 1835, l’alimentation tenait de l’hygiène ; aujourd’hui, dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, elle prospère dans le commerce, dans l’industrie, dans l’économie et dans les techniques : « l’ensemble des produits alimentaires » et les magasins où ces produits peuvent être achetés et les usines où ils sont fabriqués ; « l’approvisionnement régulier » (alimentation des marchés ; l’alimentation d'une ville en eau potable, d’une chaudière en mazout, d’un moteur en carburant ; l'alimentation électrique). Elle était affaire d’hygiène ; elle est affaire d’énergie. Ce qui était destiné aux hommes ou aux êtres vivants s’est étendu aux machines, aux moteurs, aux usines, comme si, entre les uns et les autres, il n’y avait plus de différence.

 


Commentaires

Sans omettre ce juridicide consistant à transformer l'amour paternel en pension alimentaire.

Écrit par : P.A.R. | 09 mars 2009

mr PAR va certainement détecter que le texte de l'article
ORIENTATION n'est pas lisible
ou """ VISUALISABLE ""


ce que je détecte , ce jour , de la province de Faucigny .

Dire que ma à mère y fut pensionnaire en orphelinat
religieux de ans , avec sa soeur qui devint religieuse !

Écrit par : AAAA | 10 mars 2009

Vous allez encore attaquer Genève ? Chez les sires de Faucigny et les comtes de Savoie, c'était un rituel annuel, comme l'ascension de la Roche de Solutré pour d'autres excursionnistes.

Je peux toujours essayer de vous ouvrir une poterne ou plastiquer un mur d'enceinte; mais entre nous, Sire Amédée, la ville n'en vaut pas la peine: sa dette est colossale et on n'y trouve plus d'autre Européen de souche que moi.

Quant aux manipulation cyber-éthiques de François Marie, je n'y fais plus attention; mais, méfiance ! un jour il va faire tomber le réseau d'EDF ou contaminer le site de l'Elysée; je ne veux pas y être mêlé, j'ai suffisamment d'ennuis en deçà de nos frontières pour devoir aller me réfugier en Chine (malgré ce qu'ils ont fait à Augustin Vogel, le cousin de ma grand-mère).

Vous serez demain au Fort d'Ivry pour le souvenir du lieutenant-colonel Bastien-Thiry ?

Écrit par : P.A.R. | 10 mars 2009

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