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22 mars 2009

Effectif

 

 

Emprunté de l’adjectif latin effectivus, traduit dans le Dictionnaire latin français par « actif », « qui produit », « pratique » (à propos d’un art), « qui exprime un effet » (à propos d’une conjonction), effectif est attesté dans la seconde moitié du XVe siècle au sens de « qui a ou qui peut avoir un effet » et, deux siècles plus tard, en 1641, au sens de « réel ». Il est employé comme nom à partir de 1792, d’abord et longtemps seulement dans le vocabulaire militaire.

Dans les dictionnaires anciens, il est relevé avec le sens, relativement récent, par rapport à la première attestation en 1641, de « réel » ; Dictionnaire universel (Furetière, 1690) et L’Encyclopédie (1751-64) : « réel et positif » ; Dictionnaire de l’Académie française (1694, 1762, 1798, 1832-35, 1932-35) : « qui est réellement et de fait » ; Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) : « en parlant des choses, qui est réellement et de fait ; en parlant des personnes, qui fait ce qu’il dit, qui ne promet rien qu’il ne fasse » ; Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) : « qui existe effectivement, réellement ; réel, positif ». Les exemples éclairent cette définition, quelque peu obscure à dire vrai : « Une armée de 30000 hommes effectifs ; il a dix mille pistoles effectives dans son coffre ; il a payé en deniers effectifs ; On dit qu’un homme est effectif, que sa parole est effective pour dire que c’est un homme qui fait ce qu’il dit, qui ne promet rien qu’il ne le fasse » (Académie, 1694, 1762, 1798, 1832-35) ; « Dans le commerce, un payement effectif est celui qui se fait véritablement et en deniers comptants, ou effets équivalents » (L’Encyclopédie) ; « Une armée de trente mille hommes effectifs » ; « les plus grands rois ont eu rarement trois cent mille combattants effectifs » ; « un homme effectif, homme qui ne promet rien qu’il ne donne » (Littré, 1863-77) ; « Il a apporté dans cette affaire un capital non pas nominal, mais effectif ; son intervention est effective » (Académie, 1932-35).

Dans le Trésor de la langue française (1971-94) et dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française (en cours de publication), les deux sens « qui produit un effet réel » et « qui est réellement disponible », comme dans « les deux bataillons formant ensemble treize cents hommes effectif », sont tenus pour vieillis, alors que le sens usuel continue le sens classique de « réel » : « en parlant d’un inanimé abstrait), dont on peut vérifier la réalité, dont la réalité est incontestable » ; concours, fonctionnement effectif ; direction, durée, participation effective ; il est effectif que, il est conforme à la réalité, il est certain que » (Trésor de la langue française) et « qui existe réellement, tangible ; il nous a apporté un concours effectif, une aide effective ; sa participation a été effective dès le lendemain de son engagement ; il dispose d'une autorité effective, qui n'est pas seulement morale ; valeurs effectives, espèces et autres biens meubles par opposition à valeurs fiduciaires » (Dictionnaire de l’Académie française, en cours).

Littré, qui était positiviste et agnostique, note pourtant le sens théologique de cet adjectif, ce que les académiciens, qui étaient, pour la plupart d’entre eux, de bons croyants, ne font pas ou omettent de faire : « terme de théologie », effectif signifie « qui produit des effets », comme dans cet exemple éclairant : « l’amour effectif, celui qui fait pratiquer la loi, par opposition à l’amour affectif qui ne produit que des sentiments » (Dictionnaire de la langue française, 1863-77), sens que les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94) glosent ainsi : « (en théologie), amour effectif, amour de Dieu qui se traduit par des actes » (antonyme : amour affectif). Ils font suivre la définition de cette remarque acide, qui résonne comme un reproche, « ce sens est attesté dans la plupart des dictionnaires généraux du XIXe et du XXe siècle, sauf dans celui de l’Académie », reproche dont les académiciens se dédouanent, en insérant enfin le sens théologique dans l’article effectif : « théologie, amour effectif, amour qu’on porte à Dieu et qui se traduit par des actes », tout en levant l’ambiguïté sémantique de la construction « amour de Dieu » en précisant « amour qu’on porte ». Il serait sans doute difficile de prouver que l’amour de Dieu pour ses créatures se vérifie dans des actes.

L’emploi d’effectif comme nom commun est attesté en 1792, au moment où la France, en guerre contre l’Europe tout entière, a besoin de soldats pour mener à terme ses conquêtes, incursions, campagnes. Ce sens entre dans la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1832-35) : « Effectif s'emploie aussi comme substantif masculin, en termes d’administration militaire, pour désigner le nombre réel des soldats d’une armée, d’une troupe, par opposition au nombre que les règlements, etc., lui assignent, ou qu’on lui suppose » (L’effectif de son armée n’était que de vingt mille hommes ; l’effectif d’une compagnie). Deux des mamelles de la modernité sont nommées dans ce joyau sémantique : administration et militaire. Quand un pays fait dans la bureaucratie et qu’il déterre sans cesse la hache de guerre, il lui faut de la chair à canon, réelle et positive : c’est l’effectif, défini ainsi par Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) : « nombre réel des soldats d’une armée, d’une troupe, par opposition à celui qu’assignent les règlements ou à celui qu’on annonce publiquement » et « terme de comptabilité militaire, relevé des contrôles annuels ». La modernité se pourvoit de nouvelles mamelles : comptabilité, contrôle, relevé. Dans la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1932-35), le nom effectif reste confiné derrière les murs des casernes, d’où il ne sort que dans la seconde moitié du XXe siècle, comme l’attestent la définition du Trésor de la langue française (« nombre des individus appartenant à un ensemble ou sous-ensemble fini ») et la migration du mot vers l’administration scolaire (l’effectif global des instituteurs remplaçants ; la progression des effectifs scolaires), et la définition du Dictionnaire de l’Académie française (neuvième édition) : « par analogie, nombre d’individus qui composent une collectivité, un groupe » (L’effectif d'une classe de lycéens, d’un service ministériel ; réduire, grossir, gonfler les effectifs). Gonfler les effectifs, voilà qui résume la modernité.


Commentaires

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Écrit par : AA médée | 22 mars 2009

effectif
- quadrature du cercle ,le mot est donc parvenu
à désigner le nombre de membres

essentiellement pour les structures

INeffectives ( enseignement , armée etc.. )
publiques .

avec des gens PEU effectifs !

Écrit par : AA médée | 22 mars 2009

Excellent travail, j'apprécie votre style. Auriez-vous des forums ou blogs à me recommander ?

Écrit par : pronostique | 19 mars 2010

Les commentaires sont fermés.