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02 avril 2009

Balzac et la Nouvelle langue française


 

Au début des Illusions perdues, roman qu’il publie entre 1837 et 1843, Balzac fait le portrait de Mme de Bargeton, née Marie-Louise Anaïs de Nègrepelisse, qui, en 1805, a épousé M. de Bargeton, de vingt-deux ans son aîné, et qui fera de Lucien Chardon, dit de Rubempré, son amant. A Angoulême, où elle est établie, « elle avait, écrit Balzac, le défaut d’employer de ces immenses phrases bardées de mots emphatiques, si ingénieusement nommées des tartines dans l’argot du journalisme qui tous les matins en taille à ses abonnés de fort peu digérables, et que néanmoins ils avalent. Elle prodiguait démesurément des superlatifs qui chargeaient sa conversation où les moindres choses prenaient des proportions gigantesques. Dès cette époque, elle commençait à tout typiser, individualiser, synthétiser, dramatiser, supérioriser, analyser, poétiser, prosaïser, colossifier, angéliser, néologiser et tragiquer : car il faut violer pour un moment la langue, afin de peindre des travers nouveaux que partagent quelques femmes ».

Ce que note Balzac, c’est un phénomène qui affecte la langue française dans les dernières années du XVIIIe siècle et se poursuit au début du XIXe siècle (il continue jusqu’à nos jours) : la néologie ou le néologisme, la fabrication incessante de mots nouveaux, qui, à peine formés, sont employés dans les conversations, échangés, diffusés, mots qui ont été en partie inventoriés par Louis-Sébastien Mercier, en 1801, dans son ouvrage en deux tomes, intitulé justement Néologie. Les néologismes de Mme Bargeton, qui est, rappelons-le, un personnage et non une personne et qui n’a d’existence que fictive, ou que Balzac attribue à ce personnage, sont, à l’exception de tragiquer, des verbes formés à partir d’adjectifs, se terminant dans la plupart des cas par le suffixe – ique, sauf individuel et supérieur, ou de noms, colosse, analyse et néologie, et auxquels ont été ajoutés le suffixe – iser et, pour l’un d’entre eux, colosse, le suffixe – ifier, lesquels désignent un processus, un changement d’état, un devenir. Or, Mme de Bargeton s’ennuie dans son ménage et dans sa bonne ville d’Angoulême, où elle aimerait que les choses changent ; elle aimerait aussi être prise dans le mouvement de l’histoire ; elle rêve de Paris et de choses nouvelles. Ces désirs, qu’elle exprime souvent en termes vagues, sont clairement inscrits dans les mots qu’elle emploie, tous des verbes, nouveaux ou inouïs, qui expriment des actions et, plus précisément, des actions qui sont elles-mêmes des processus.

A la liste de ces mots, Balzac ajoute, comme pour s’excuser d’avoir introduit des mots nouveaux, certes imprimés en italiques : « car il faut violer pour un moment la langue, afin de peindre des travers nouveaux que partagent quelques femmes ». Il faut comprendre que celui qui « viole la langue » n’est pas Mme de Bargeton, mais celui qui a créé ce personnage, à savoir Balzac. Autrement dit, la première partie de la phrase est faite des mots énoncés (ou supposés l’avoir été) par Mme de Bargeton, et la seconde d’une remarque, de type métalinguistique, de Balzac. De l’une à l’autre, l’énonciateur change : d’abord le personnage, puis le romancier, qui s’applique à justifier l’introduction de ces néologismes, dont la plupart sont ridicules, dans une œuvre littéraire par la volonté de « faire vrai » ou de peindre, dans leur vérité, des travers sociaux, ce qui est aussi, de la part de Balzac, une façon rhétorique et spécieuse de s’exonérer de toute responsabilité dans ces néologismes, dont la répétition et le très grand nombre ont convaincu Nodier, en 1836, qu’avait commencé, à la fin du XVIIIe siècle, une troisième époque dans l’histoire de la langue française, qu’il nomme « la nouvelle langue française ».

 

Commentaires

Sans cet esprit raisonnable dévolu à l'âge, nous aurions été tenté de lire: "Il faut violer un moment quelques femmes, afin de peindre les travers qu'elle partagent avec la nouvelle langue"; mais nous ne le ferons pas. N'est-ce pas, Monsieur Amédée ?

Écrit par : P.A.R. | 02 avril 2009

LES EMULES DE TRISSOTIN

Partout, dans les médias, on voit fleurir des expressions pléonastiques comme "fait divers authentique" ou "dans la vraie vie", irruption inattendue d'une tournure anglaise (in the very life). Le mot "citoyen" est utilisé à tout bout de champ comme un adjectif alors qu'il en existe déjà un avec "civique", sans oublier l'affeux "décrédibiliser" qui non seulement est un barbarisme, mais traduit une ignorance crasse du français, puisqu'il existe déjà le verbe discréditer. Mais le pire n'est pas là : c'est cette tendance à féminiser les termes correspondant à des fonctions occupées par les hommes, en voici un exemple caricatural fourni par le magazine Télérama dans le résumé d'une série policière française : "La procureure Elisabeth Brochène (...) Dans cette mission, la magistrate est assistée d'une jeune lieutenante de police (...)". Et on peut ajouter dans la même veine "auteure", "écrivaine", etc. Etant donné que le mot sentinelle exprime une fonction exercée par un homme, faudra-t-il le mettre au masculin et l'orthographier "sentinel" (comme son homologue anglais, ce qui ferait très tendance aux yeux de nos faux intellos) ? La féminisation de ces termes doit son origine à une certaine Ségolène Royal lors de son passage au ministère de l'Education nationale comme ministre délégué et qui se croyait une femme savante quand elle n'était qu'une précieuse ridicule, émule de Trissotin. Faut-il rappeler ici que la langue française, à la différence de l'allemand ou de l'anglais ne connaît que le genre féminin ou masculin et ne dispose donc pas du genre neutre? Notre Trissotin en jupons a voulu faire du féminisme à deux euros, quitte à dénaturer notre langue, un comble pour un ministre délégué à l'Education nationale! L'ennui, c'est que notre époque est incapable de produire un nouveau Molière pour fustiger les mœurs de nos contemporains qui s'expriment en bas français comme au temps de la Rome décadente, celle de Pétrone, on s'exprimait en bas latin.

Écrit par : Patrick Ferner | 03 avril 2009

Oui, Mme Royal, nom qu'il faudrait écrire "Royale", puisqu'il est porté par une femme, a été l'une de ceux ou celles qui font de la propagande pour la féminisation des noms de métier et de fonction; mais elle n'est pas la seule : il y a la ministre(sse) de la culture de l'époque, Mme Trautmann (Trautwoman, devrait-on dire), Mme Jospin, "philosophe", disait-elle d'elle-même (en un mot : philosophesse ou mieux philosofesse) et même des hommes, dont Cerquiglini. La loi sur la féminisation des noms (car il y a une loi) est d'eux - d'elles plus exactement. Ceux ou celles qui écrivent procureure, préfète, écrivaine, auteure, etc. appliquent la loi avec zèle. S'ils avaient été insolents, ils l'auraient tenue pour lettre morte.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 03 avril 2009

- notons que cette pratique est à son summum au
Québeckistan

- disons plutôt , pour Trautmann, madame Trautfrau .
( si mr PAR nous l'autorise )

- excellente idée , mr Ferner
un sentinel
un vigil
un ministr

- que faire des é ???

- dois-je écrire :
un déput ???


Ecr.l'inf



PS - mr Arouet , vous avez oublié l'une de vos horloges
au musée Carpano , à Cluses .

elle y est toujours exposée

viendrez vous la chercher ????
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Écrit par : AA- | 03 avril 2009

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ACCOLADE
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ARéOPAGES ( féminins qui gravitent dans ces sphères ) ( carla/ carlita )

- souvent parlé = aéropage !!!
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ATTRAPE-NIGAUD
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BLUET
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BOBO
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CARCAN ( exploser les... )
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CHAL
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CHOURINEUR
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CORMET
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décollage ( industriel .....)
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démission
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Déterministe ( effet )
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DOUAIRE
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ébullition
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FAYE
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FERRER
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FLAGORNERIE
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FLORIMONTAN
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FORCLAZ ( forcl)
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GRUGER
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IGNOMINIE
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Induction
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Macération
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MARTINGALE
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MAZOT
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MICROCOSME
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MORGENGABE
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NYCKELHARPA

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PANICAUT
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PALETTE ( de sanctions )
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PANOPLIE ( de mesures )
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PARAPHERNAL
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PERROQUETTE
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POSTURE
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protagoniste
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QUIDAM
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RIMAYE
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ROUSSETTE
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SACHETTE
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SAIX
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SARVAN
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SCIALET
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Seuil ( effet ) etc....
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SOLERET
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TAPIS-FRANC
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TAVAILLON
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THEATRALISATION
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THOLLON
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Quérable

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VERMOUTH
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VIVANDIèRE
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ZAZOU
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Écrit par : Felix V | 04 avril 2009

les voyages de Maitre Sarkozy ( de Neuilly à Genève )

y-rencontrait-il mr PAR ????


http://www.rue89.com/2009/04/02/quand-sarkozy-lavocat-ne-meprisait-pas-les-paradis-fiscaux

Écrit par : Félix V | 04 avril 2009

Monsieur Amédée, vous croyez donc à ce que l'on raconte dans les journaux ou sur le net ?
A Genève, on trouve 1165 adresses relatives à des établissements bancaires et 223 concernant des compagnies ou bureaux financiers, sans compter les gérants de fortune indépendants: mais la Banque Financière de la Cité n'existe pas.
Et en tant que familier de la presqu'île, vous savez comme moi qu'il n'y a pas de golf à Saint-Tropez: il y a celui de Sainte-Maxime et un autre à Beauvallon (dont votre amis Bruce Willis est un habitué). Par contre, il y a bien un golfe qui porte ce nom, mais ça, c'est autre chose; et connaissant l'immense culture des gens de presse et leur incommensurable probité intellectuelle, un "e" de plus ou de moins "n'est qu'un détail de l'histoire".
Mais cela, c'est de la toute petite histoire, de l'anecdote dont les Hexagonaux raffolent et qui fait le génie de la démocratie médiatique, avec les grèves hebdomadaires ou les 30 articles de la DUDH release 1948.
Quant au one man show du ci-devant avocat-politicien, le 人民日报 (qui n'en est pas encore au stade où politique, sport et pipole se mélange étroitement) en fait une analyse digne de nos bons docteurs viennois.

Écrit par : P.A.R. | 05 avril 2009

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