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04 avril 2009

Radical et ses dérivés : radicalité, radicaliser, radicalisation


 

 

Ce mot, adjectif et nom, est attesté dans la seconde moitié du XVe siècle. Il est emprunté de l’adjectif du latin tardif radicalis, lequel n’est pas dans le Dictionnaire latin français de M. Gaffiot (Hachette, 1937). En fait, il appartient au latin d’église, étant employé pour la première par Blaise (Saint Blaise, évêque martyr) au sens de « premier, fondamental », cet adjectif étant dérivé du nom radix, -icis, qui a pour sens « racine, origine première ». Depuis le XVe siècle, radical est en usage dans les sciences et, comme cela est écrit dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), dans « le dogmatique » (c’est-à-dire tout ce qui a rapport aux sciences et à la religion : « il n’a guère d’usage que dans le dogmatique ») : 1465, « profond, intense, total, absolu » ; 1516, « qui a rapport au principe d’une chose » ; humide radical, « fluide imaginaire regardé comme le principe de la vie dans le corps humain » ; 1587 humeur radicale ; 1660 en grammaire, lettre radicale ; 1690 mot radical (in Dictionnaire universel de Furetière) ; 1762, en mathématique signe radical, quantité radicale ; 1754, en médecine, cure radicale ; 1773 guérison radicale ; 1765, en chimie, vinaigre radical ). Ces emplois sont enregistrés dans les dictionnaires, parfois longtemps après la première attestation. Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1694),  le sens du dogmatique est « qui est source, principe de quelque chose, où qui est par sa nature attaché à son sujet ». Sont relevés aussi humide radical (« humeur qui fait le principe de la vie ») ; lumière radicale (« lumière d’un corps qui est lumineux par lui-même ») ; mot radical (« mot primitif qui est comme la racine des autres qui en sont dérivés ») ; dans L’Encyclopédie (1751-64) de d’Alembert et Diderot : lettres radicales (« lettres qui se trouvent dans le mot primitif et qui se conservent dans le mot dérivé » ou, dans l’art de l’écriture, « lettres qui servent à former les autres » ; signe radical, en algèbre (le symbole de la racine) ; vinaigre radical (acide acétique) ; humide radical (en médecine, « matière balsamique, onctueuse, qui, selon eux, donne la flexibilité, la souplesse, à toutes les parties solides des corps animés, et sert à alimenter le feu de la vie, la chaleur naturelle qui y subsiste avec elle, et à empêcher le desséchement des fibres »). Dans la quatrième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1762), radical est supposé n’avoir d’usage « que dans le style didactique, et en parlant de ce qui est regardé comme ayant en soi-même le principe de quelque faculté, de quelque vertu physique » (humide radical, lettres radicales, signe radical, « signe composé d’un trait perpendiculaire et d’un trait oblique, qui se joint au premier par son extrémité inférieure et qui se met devant les quantités dont on veut extraire la racine », quantité radicale). Selon Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788), l’emploi de radical est restreint « à la médecine (humide radical) et à l’algèbre (signe radical, quantité radicale) », bien que « quelques-uns l’emploient en grammaire » (lettres radicales) et que radical s’emploie comme un nom en arithmétique. Dans la cinquième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1798), aux emplois relevés en 1762, s’en ajoutent de nouveaux, propres à la médecine (vice radical, « vice qui en produit d’autres » ; guérison radicale, « guérison qui a détruit le mal dans sa racine »), ou à la grammaire (terme radical, « mot qui est la racine de plusieurs autres ») ; et dans la sixième édition (1832-35), les sciences déjà citées sont complétées par la botanique (feuilles radicules, pédoncules radicaux, « feuilles, pédoncules, qui naissent du collet de la racine ») et la jurisprudence (nullité radicale, « nullité qui vicie un acte de manière qu’il ne puisse jamais être valide »), tandis que les emplois nominaux de cet adjectif se multiplient en grammaire (un radical, des radicaux ; quel est le radical de cette famille de mots ?), où « le radical d’un mot désigne la partie invariable d’un mot, par opposition aux différentes terminaisons ou désinences que ce mot est susceptible de recevoir » (ainsi chant est le radical du verbe chanter), et en chimie (« corps qui, unis à l’oxygène, forment les oxydes et le plus grand nombre des acides » : le carbone, le soufre et le phosphore sont les radicaux de l'acide carbonique, de l'acide sulfurique et de l'acide phosphorique ; le potassium est le radical de la potasse).

La modernité de radical ne tient pas aux emplois en dogmatique (la théologie) ou dans les sciences, mais à la politique. Dans son sens politique, il est emprunté de l’anglais (Oxford Advanced Learner’s Dictionary of Current English, 1974 : « favouring fundamental reforms », « advanced in opinions and policies »), dont la définition contient les mots magiques de réformes (au pluriel), fondamental, opinions progressistes, politiques qui font avancer les choses. En 1786, cet adjectif anglais, emprunté comme l’adjectif français du latin radicalis, qualifie le nom reform et, employé comme un nom, il désigne les partisans de réformes extrêmes. Comme terme politique, il entre dans la langue française au cours de la Révolution en 1792-93 dans le syntagme parti des novateurs radicaux. Il est employé comme un nom pour désigner, en 1820, en Angleterre, les partisans de changements profonds et les extrémistes, et dix ans plus tard, en 1830, en France, les mêmes partisans des mêmes changements et les mêmes extrémistes. En 1831, Lamartine englobe dans le parti radical tous ceux qui veulent faire une nouvelle révolution.

C’est Littré qui, le premier, dans le Dictionnaire de la langue française, 1863-77, en plus de l’emploi dans les sciences du XIXe siècle (botanique, médecine, jurisprudence, grammaire, algèbre, chimie), définit l’emploi moderne et politique de ce mot : « qui travaille à la réformation complète, absolue, de l’ordre politique dans le sens démocratique » (exemples : « le parti radical » et « substantivement, les radicaux, un radical »), définition dont les académiciens, dans la huitième édition de leur Dictionnaire (1932-35), atténuent la violence (« en termes de politique, le mot se dit de ceux qui préconisent l’application intégrale des principes de la démocratie » ; le parti radical, républicain radical, un radical : autrement dit, les radicaux sont favorables à l’extension à toute la France des principes démocratiques), sans doute pour adapter le sens aux réalités de l’époque : en 1932, les radicaux qui exercent le pouvoir affrontent de plus extrémistes qu’eux, faisant ainsi figure de modérés ou de mous. Ils ne sont plus des radicaux, mais des radis : rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur.

La politique et son appendice la société ont fait le succès de radical, dont les définitions occupent trois colonnes du Trésor de la langue française (1971-94). Celle qui est en usage en philosophie, mixte du vieux sens du dogmatique et du sens moderne de la politique, explique les emplois modernes de radical et de ses dérivés, radicalité, radicaliser, radicalisation, pour désigner l’extrémisme en matière d’idéologie et d’agit-prop. C’est « qui va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial » ; ce à quoi Arouet ajoute ironiquement, même si le choix initial est faux et les conséquences aberrantes ; et « complet, total, absolu ; sans exception ou atténuation ». Cet adjectif qualifie parfaitement les sectaires, les sectateurs, les sectionnaires et les sectionneurs de têtes, que ces têtes soient réelles ou symboliques : coupez, coupez, il en restera toujours quelque chose. Les rédacteurs de ce Trésor, comme les académiciens en 1932-35, se contentent de désigner par cet adjectif et nom les seuls partisans du radicalisme ou du Parti radical, lequel, en 1971, disposait encore d’un petit vivier d’électeurs soumis et pouvait contrôler en partie le Sénat de la République, alors qu’aujourd’hui, il n’est qu’un fantôme. Autrement dit, ce sens plan-plan ou pantouflard (en charentaise, évidemment) n’est que l’ombre de ce qu’il fut dans les années 1820-30, où radical était un équivalent « d’extrémiste » ou « de révolutionnaire ». Il est fort éloigné des emplois modernissimes de radical pour désigner les épaves du maoïsme comme Badiou et ses disciples de Normale Sup ou les poseurs de bombes ici ou là (islamistes radicaux vs islamistes modérés) ou les saboteurs de caténaires : en bref, tous ceux qui ont pour moteur la radicalité (« fait ou caractéristique de ne pas admettre d’exception ou d’atténuation ») et qui ont pour objectif de radicaliser (« rendre intransigeant ») les masses, comme dans Sartre (« les marxistes purs comptent sur les militants, c’est-à-dire sur une action consciente et concertée, pour radicaliser les masses et susciter en elles cette conscience de classe », 1949), ou de les inciter à se porter aux extrêmes, comme si la radicalisation des masses, des étudiants, des immigrés, des jeunes, des musulmans, des homos, etc. allait faire advenir enfin la Vraie Révolution et la Der des Ders, celle qui coupe non pas quelques têtes, mais toutes les têtes, sans exception, ni atténuation, guerre de tous contre tous à laquelle les radicaux aspirent depuis deux siècles.


 

Commentaires

apprenant hier que mr Chirac a rendu visite à un
salon du """""

Écrit par : Amédée | 04 avril 2009

CALCUL POLLUTION COUPLE CHIRAC

Je calcule d'après le "" calculateur C02 AIR FRANCE 2008 "

a tenté de se faire passer pour un GRAND démocrate sensible à l'environnement
( dans le bla-bla-bla )

CALCUL DE LA POLLUTION DE TARTUFFE SUPERMENTEUR RPR / UMP

RAPPELS

1 FAIT TIRER 4 BOMBES ATOMIQUES EN 1995- 1996 APRES SON ELECTION
ABERRANT MILITAIREMENT ET ECOLOGIQUEMENT

2 Déclare " La TERRE brûle " à JOHANNESBURG après un voyage polluant .


Je ne fait que calculer les voyages de CHIRAC au JAPON ( personnels pour " LOISIR" )

52 VOYAGES A/ R
EQUIVALENT 104 voyages ALLER

COUPLE CHIRAC ( CHIRAC partait souvent qq jours avant / Rumeurs d'adultère ! )

donc à 2 104 ALLER / RETOUR

208 ALLERS

PARIS / TOKYO = trajet MINIMUM 21 000 km ( A/ R )

52 voyages CHIRAC 21 000 X 52 = 1 092 000 km !!!!
52 voyages BERNADETTE 21 000 X 52 = 1 092 000km !!!

Couple ( officiel ) CHIRAC
1 092 000 X 2 + 2 184 000 Km 2 MILLIONS DE KM pour leurs seules visites au JAPON

je n 'intègre pas SEYCHELLES / MALDIVES / QUEBEC etc ...

JE N INTEGRE PAS

1 les voyages VOITURES trajet aéroport hôtel de luxe visites etc...

2 je prend les distances minimum ( escales minimum par la route la plus directe PAS TOUJOURS EMPRUNTée

POLLUTION

3,8 LITRES DE KEROSENE pour 100 km =
3,8 X 2 184 000 Km / 100 = 82 992 LITRES DE KEROSENE


CO2
93,3 GRAMMES / PASSAGER / KM
186, 6 GRAMMES / KM POUR LE "" couple """

186,6 G X 2 184 000 KM

ajustements

LE CHIFFRE AIR FRANCE EST PROBABLEMENT un minimum " syndical " sous-évalué

LES VOYAGES SUR PLUSIEURS ANNEES N ONT PAS TOUS ETE AVEC DES AVIONS RECENTS
Merci Mr DE LA PALISSE

VOYAGES ANCIENS RAJOUTER 30 % MINIMUM


CERTAINS VOYAGES ONT DU AVOIR DES ESCALES SEYCHELLES ETC ....

MINIMUM
RAJOUTER 30 % DE POLLUTION ET KEROSENE EN PLUS


CECI NE CONCERNE QUE LES TRAJETS LOISIRS """" amour "" du JAPON
( et donc mépris des vacances en FRANCE , mépris des hôteliers français etc... )

Écrit par : Amédée | 04 avril 2009

N'empêche, Monsieur Amédée, que MM. Chirac et Raffarin ont dû être envoyés en Chine pour tenter de recoller les pots cassés (et les contrats perdus). Donc, vous pouvez toujours espérer un retour sur investissement positif de leurs escapades.
Mais ce sont les Allemands vont s'en mettre dans l'immédiat plein les poches, après avoir reçu l'attribution de la liaison rapide Beijing-Shanghaï, passée sous le nez d'Alstom à cause des pitreries que vous savez.
Si les contrôles budgétaires ou les analyses de coûts vous fascinent, essayez plutôt d'imaginer ce que vous ferez un fois que le 75% de vos revenus passeront en impôts.

Écrit par : P.A.R. | 06 avril 2009

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