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09 avril 2009

Ramdam



Ce mot n’est dans aucune des éditions publiées du Dictionnaire de l’Académie française, ni dans le Dictionnaire de la langue française de Littré (1863-77) et pour cause : il est attesté en 1890 dans l’expression faire du ramdam, au sens de « faire du tapage ».

Les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) le mentionnent comme populaire. C’est, écrivent-ils, une « manifestation bruyante et déplacée », « un grand bruit, un vacarme ». Les synonymes sont barouf, boucan, chambard, potin, raffut. Dans les deux extraits d’écrivains (Le Breton et Queneau), le nom est employé dans l’expression faire du ramdam, qui aurait aussi le sens figuré de « faire du scandale », « rouspéter ». Dans le Grand Dictionnaire des synonymes et des contraires (Larousse, 2004), sont énumérés de ramdam les « synonymes » suivants, distingués par le niveau de langue auquel ils appartiennent ou sont censés appartenir : bruit, charivari, fracas, tapage, tintamarre, tumulte, vacarme (français standard); boucan, chahut, chambard, cirque, foire, raffut, tintouin (familiers); hourvari (littéraire); barouf, bastringue (populaires); bousin, sabbat (vieux).

Le mot est jeune. Dans les années 1970-80, il n’est même pas centenaire. Pourtant, il est relevé dans le Trésor de la langue française deux emplois vieillis : un emploi étendu avec le sens « d’ensemble de faits créant une situation perturbante, désagréable » (synonymes affaire, bazar) et un emploi argotique, aller au ramdam, faire ramdam, au sens de « faire l’amour ».

Ramdam est un de ces assez nombreux mots, désignant des réalités jugées désagréables ou méprisables (séide, matraque, assassin, brêle, etc.), qui sont empruntés de l’arabe. En arabe, le ramadan est le neuvième des douze mois du calendrier lunaire dont usent ou usaient les arabes de la péninsule homonyme, et le seul de ces mois qui soit célèbre, à cause du jeûne diurne qui a été institué par Mahomet lors de ce mois, la nuit étant consacrée à manger, boire, chanter, danser, crier, etc. De fait, pendant le mois de ramadan, dans les pays musulmans et les colonies islamiques établies un peu partout dans le monde, c’est silence le jour et ramdam la nuit. Tout le monde peut constater ce fait, les croyants, parce qu’ils font du ramdam, et les non-croyants à qui ce tapage est infligé.

Voici comment la chose est exposée dans le Trésor de la langue française, temple du progressisme : « emprunt, avec altération de la consonne finale (n devenue m), sans doute par assimilation à distance (la consonne finale s’assimile à la consonne m de la première syllabe), à l’arabe maghrébin, correspondant à l’arabe classique ramadan ». Jusque là, il n’y a rien à redire. Le reste, en revanche, est tout miel : « Le sens du mot en français vient du fait que l’aspect le plus caractéristique du ramadan, aux yeux de nombreux non-musulmans, soit l’intense et bruyante activité nocturne qui suit les journées de jeûne durant ce mois ». Une phrase comme « aux yeux (et aux oreilles) des musulmans, qui, tous, conviennent que les nuits du ramadan sont consacrées aux chants, à la fête, aux promenades dans les rues, aux visites familiales, à la grande bouffe » aurait mieux été plus juste. Il n’y a rien de mal, ni de bien, d’ailleurs, à constater cela que le ramadan est source de tapages nocturnes.


Commentaires

Même topo pour les salamalecs, les chinoiseries et les cris persans.

Écrit par : P.A.R. | 17 avril 2009

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