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10 mai 2009

Barbarisme et solécisme

Le mot, emprunté du latin barbarismus, « expression vicieuse », lui-même emprunté du grec, est attesté dans la seconde moitié du XIIIe siècle (« écrire sans vice de barbarisme et de solécisme »), dans le sens qui est le sien en français classique et moderne : « Faute qu’on fait contre la pureté de la langue, en se servant de mauvais mots ou de mauvaises phrases » (Dictionnaire de l’Académie française, 1694, 1762). A la différence de la définition de solécisme qu’ils n’illustrent d’aucun exemple, les académiciens, à compter de la cinquième édition (1798) de leur Dictionnaire, multiplient les exemples de barbarisme : « Faute de diction (comprendre « de vocabulaire), 1° en se servant de mots inusités comme un visage rébarbaratif pour rébarbatif ; aigledon, pour édredon, duvet de certains oiseaux du nord ; ils réduirent pour ils réduisirent ; 2° en donnant à des mots un sens contraire au bon usage : il a pour vous des boyaux de père pour des entrailles de père ; il a recouvert la vue pour il a recouvré la vue ; 3° en associant les mots d’une manière choquante et extraordinaire : je suis froid pour j’ai froid » (1798). En 1832-35 (sixième édition), la définition se présente comme suit : « Faute de langage qui consiste, soit à se servir de mots forgés ou altérés, comme un visage rébarbaratif pour rébarbatif; ils réduirent pour ils réduisirent ; soit à donner aux mots un sens différent de celui qu’ils ont reçu de l’usage, comme il a recouvert la vue pour il a recouvré la vue ; soit enfin à se servir de locutions choquantes et extraordinaires, comme je m’en ai douté pour je m’en suis douté ».

César Chesneau Du Marsais, grammairien philosophe de la première moitié du XVIIIe siècle, expose, dans L’Encyclopédie (1751-64), plus clairement que ne le font les académiciens, ce qu’est un barbarisme et en quoi il se distingue d’un solécisme : « (terme de grammaire), le barbarisme est un des principaux vices de l’élocution. Ce mot vient de ce que les Grecs et les Romains appelaient les autres peuples barbares, c’est-à-dire étrangers; par conséquent tout mot étranger mêlé dans la phrase grecque ou latine était appelé barbarisme. Il en est de même de tout idiotisme ou façon de parler et de toute prononciation qui a un air étranger ; par exemple, un Anglais qui dirait à Versailles : est pas le roi allé à la chasse, pour dire le roi n'est-il pas allé à la chasse ? ou je suis sec, pour dire j'ai soif, ferait autant de barbarismes par rapport au français. Il y a aussi une autre espèce de barbarisme ; c’est lorsqu’à la vérité le mot est bien de la langue, mais qu’il est pris dans un sens qui n’est pas autorisé par l’usage de cette langue, en sorte que les naturels du pays sont étonnés de l’emploi que l’étranger fait de ce mot : par exemple, nous nous servons au figuré du mot d’entrailles pour marquer le sentiment tendre que nous avons pour autrui ; ainsi nous disons il a de bonnes entrailles, c’est-à-dire il est compatissant. Un étranger écrivant à M. de Fénelon, archevêque de Cambrai, lui dit : Mgr, vous avez pour moi des boyaux de père. Boyaux ou intestins, pris en ce sens, sont un barbarisme, parce que selon l’usage de notre langue nous ne prenons jamais ces mots dans le sens figuré que nous donnons à entrailles ».

Du Marsais dresse un parallèle entre le barbarisme et le solécisme pour mieux distinguer le premier du second. « Ainsi il ne faut pas confondre le barbarisme avec le solécisme ; le barbarisme est une élocution étrangère, au lieu que le solécisme est une faute contre la régularité de la construction d’une langue, faute que les naturels du pays peuvent faire par ignorance ou par inadvertance, comme quand ils se trompent dans le genre des noms ou qu’ils font quelque autre faute contre la syntaxe de leur langue ». Il conclut l’article en rappelant dans une énumération numérotée les principaux cas de barbarisme et de solécisme : « On fait un barbarisme, 1° en disant un mot qui n’est point du dictionnaire de la langue, 2° en prenant un mot dans un sens différent de celui qu’il a dans l’usage ordinaire, comme quand on se sert d’un adverbe comme d’une préposition (par exemple, il arrive auparavant midi au lieu de dire avant midi), 3° enfin en usant de certaines façons de parler, qui ne sont en usage que dans une autre langue, au lieu que le solécisme regarde les déclinaisons, les conjugaisons et la syntaxe d’une langue : 1° les déclinaisons, par exemple, les émails au lieu de dire les émaux ; 2° les conjugaisons, comme si l’on disait il allit pour il alla ; 3° la syntaxe : par exemple, je n’ai point de l’argent pour je n’ai point d’argent ». Cicéron est cité (ad Herennium) en conclusion : « Il y a deux vices qui empêchent qu’une phrase ne soit latine, le solécisme et le barbarisme ; le solécisme, c’est lorsqu’un mot n’est pas bien construit avec les autres mots de la phrase ; et le barbarisme, c’est quand on trouve dans une phrase un mot qui ne devait pas y paraître selon l’usage reçu ». Ou pour dire les choses encore plus succinctement, le solécisme est une erreur de syntaxe, le barbarisme une erreur de vocabulaire. 

Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) suit assez fidèlement ce qu’a établi Du Marsais : « Le barbarisme consiste dans des mots ou des expressions, composées de plusieurs mots, inconnus et inusités dans la langue ; le solécisme, à construire, contre les règles de la grammaire, les mots connus et usités. La fureur du néologisme a produit beaucoup de barbarismes. L’ignorance de la langue produit beaucoup de solécismes ». Le la est donné. Pourtant, Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) semble y renoncer quand il distingue les barbarismes de mots des barbarismes de phrases, lesquels recouvrent des solécismes : le barbarisme est une « faute contre la partie de la grammaire qui traite des espèces de mots, et, par extension, toute expression, toute locution qui viole la règle ; barbarisme de mots, celui qui tombe sur le mot lui-même en le dénaturant, comme « vous disez » au lieu de « vous dites » ; barbarisme de phrase, celui qui consiste dans l’emploi d’une construction vicieuse, comme « nous repentons notre conduite », au lieu de « nous nous repentons de notre conduite », alors que les académiciens (huitième édition et neuvième édition, 1932-35 et en cours de publication) s’en tiennent à la conception de Du Marsais : « Façon de parler incorrecte et vicieuse ; plus particulièrement, faute de langage qui consiste à se servir de mots forgés ou altérés » ; « faute de langage qui consiste à forger des mots ou des formes qui ne respectent pas les règles morphologiques d’une langue : « nominer pour nommer, citer est un barbarisme ». Pour leur part, les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) étendent le barbarisme au sens : « (grammaire) faute contre le langage soit dans la forme, soit dans le sens du mot (mot créé ou altéré, dévié de son sens, impropre) », alors que le linguiste Jules Marouzeau (Lexique de la terminologie linguistique, 1933) reprend la distinction canonique : « Faute caractéristique d’un étranger (en grec, barbaros), particulièrement celle qui consiste dans l’emploi d’une forme inexistante, par opposition avec le solécisme, qui est l’emploi fautif dans un cas donné d’une forme par ailleurs correcte ».

Ce parallèle entre le barbarisme et le solécisme est conclu de façon quelque peu tranchée, mais sans doute originale et peut-être en partie juste, du moins pour l’importance accordée à la syntaxe, par Chateaubriand (in Mémoires d’Outre-Tombe, 1848) : « Une langue (...) ne saurait changer sa syntaxe qu’en changeant son génie. Un barbarisme heureux reste dans une langue sans la défigurer ; des solécismes ne s’y établissent jamais sans la détruire ».

 


Commentaires

FORT DE SOUVILLE

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LION DE SOUVILLE SAINTE-FINE ( n'est pas à Verdun ! )


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CHAPELLE SAINTE-FINE SOUVILLE

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FLEURY-DEVANT-DOUAUMONT Village détruit


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Écrit par : AA++++------- | 10 mai 2009

welcome to Chester

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Écrit par : AA++++------- | 10 mai 2009

ARMISTICE = du 8 Mai 1945 selon l'historien Sarkozy ; ça vaut bien une Bravitude, mais les applaudisseurs de service n'en ont pas eu connaissance ) -------------------------------------------------------------- # CAPITULATION ---------------------------------------------------------------------- ENCENSEUR --------------------------------------------------------Frimer FRIMEUR # FRIMAS-------------------------------------------------------------Lèche-bottes-------------------------------------------------------------MALVEILLANT ------------------------------------------------------NANTISSEMENT ------------------------------------------------------OBJECTEUR --------------------------------------------------------Raoût ------------------------------------------------------YES MAN ( voir = Elysée ) ( voir lèche-bottes) --------------------------------------------------------------------- évanescent = mot peu connu à mon avis , même des """""" Bac+5""""""VANISHING ENGLAND http://www.gutenberg.org/files/14742/14742-h/14742-h.htm ------------------------------------------------------ Vicariant , vicariance = idem , très peu connu ----------------------------------------------------------------

Écrit par : AA++++------- | 11 mai 2009

BEAUMONT-EN-VERDUNOIS

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichelieu.php?idLang=fr&idLieu=2851

Écrit par : AA++++------- | 11 mai 2009

Le vicomte a parfaitement raison, et comme disait Paul Watzlawick (un homme de Palo Alto): "la déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés".

Monsieur Amédée, qui est de plus en plus nostalgique et prisonnier d'une niche du continuum espace-temps, aussi.

P. H. Ditchfield itou. Mais lui, il annonce la couleur: "This book is intended not to raise fears but to record facts" et c'est encore la meilleure façon d'engendrer l'hystérie collective que de dire qu'on ne veut effrayer personne; un truc de marketing à l'usage des Verts.

Écrit par : P.A.R. | 11 mai 2009

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