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31 mai 2009

Obédience



 

Emprunté du latin oboedientia, « obéissance, soumission » (chez Cicéron et Pline), ce nom est défini dans le Dictionnaire de l’Académie française (toutes les éditions publiées) par le synonyme et doublet obéissance et la définition est suivie de la remarque : « il ne se dit que dans les matières ecclésiastiques » (1694), « il ne se dit ordinairement qu’en parlant des religieux » (de 1740 à 1935) et « religion catholique » (neuvième édition, en cours de publication). Tout confirme que, dans la langue française, obédience est le terme chrétien ou catholique qui équivaut dans la langue profane ou « laïque » à obéissance, bien que des auteurs aient employé, au XVIe siècle, obédience à la place d’obéissance : « Par la chronique précédente, on a connu évidemment l’obédience extrême de la fille au père » ; « Je dois au roi foi, obédience » ; « O bien heureuse république en laquelle le prince trouve obédience aux peuples et en laquelle les peuples trouvent amour aux princes » ; « par cette obédience que l’enfant doit à la mère, je te prie et commande ne passer outre » ; « les ambassadeurs polonais vinrent en France pour annoncer à notre roi Henry son élection du royaume de Pologne, et lui en rendre l’hommage et l’obédience ».

Il est attesté au milieu du XIIe siècle au sens « d’obéissance au supérieur en parlant des religieux ». Tous les auteurs de dictionnaires limitent obédience à la religion. Richelet (Dictionnaire français des mots et des choses, 1680) en fait un « terme de religieux et de religieuse », dont les sens sont « vœu solennel qu’on fait d’observer les trois vœux de la vie religieuse » (« la vie religieuse consiste en trois parties essentielles, pauvreté, obédience, chasteté ») ; « permission par écrit d’un supérieur de couvent qui envoie un de ses religieux » ; « il se dit parmi de certaines religieuses et signifie ce qui est enjoint de faire tous les jours ». Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788), après avoir précisé qu’obédience « s’est dit autrefois pour obéissance » (ce qui est confirmé ; cf. ci-dessus), remarque qu’il « n’est resté que chez les religieux pour signifier l’ordre ou le congé que donne un supérieur pour passer d’un couvent à l’autre ». A ces emplois, les académiciens ajoutent ambassadeur d’obédience (« ambassadeur envoyé par le roi vers le pape pour l’assurer de son obéissance filiale ») et pays d’obédience (« pays où le pape donne les bénéfices et où il exerce une juridiction plus étendue que dans les autres » (exemples : l’Allemagne est un pays d'obédience ; la Bretagne est un pays d'obédience). Dans L’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, est relevé l’emploi qui était fait d’obédience au moment du « schisme d’Avignon » : « pendant le grand schisme d’Avignon, on se servait du terme obédience pour désigner le territoire dans lequel chacun des deux papes était reconnu comme légitimement élu. Presque toutes les villes de Toscane et de Lombardie, toute l’Allemagne, la Bohème, la Hongrie, la Pologne, la Prusse, le Danemark, la Suède, la Norvège, l’Angleterre étaient de l’obédience de Clément VII, qui s’était retiré à Avignon ; la France, la Lorraine, l’Ecosse, la Savoie et le royaume de Naples se rangèrent sous l’obédience d’Urbain ; l'Espagne prit d’abord le même parti, ensuite elle se mit sous l’obédience de Clément VII ». De toute évidence, l’exposé est erroné. On voit mal pourquoi la France, qui a imposé que les papes soient établis à Avignon, aurait refusé l’obédience au pape d’Avignon. Barré, dans le Complément du Dictionnaire de l’Académie française (1842), rectifie l’erreur, impardonnable de la part d’encyclopédistes, mais compréhensible quand on sait que ces encyclopédistes se moquaient des histoires de papes comme de l’an quarante : « Obédience d'Urbain VI (histoire), union qui comprenait presque toutes les villes de Toscane et de Lombardie ; l’Allemagne, la Bohème, la Hongrie, la Pologne, la Prusse, le Danemark, la Suède, la Norvège et l’Angleterre. Obédience de Clément VII, union qui comprenait la France, la Lorraine, l’Écosse, la Savoie et Naples. L’Espagne, rangée d’abord sous l’obédience d’Urbain, passa ensuite sous celle de Clément ».

Dans la langue des XIXe et XXe siècles, obédience est un terme de religion. Les différents emplois, tels qu’ils sont établis dans la langue classique, sont décrits par Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77 : « action de celui qui obéit (il ne se dit qu’en parlant des religieux) » ; « congé par écrit du supérieur, permettant à un religieux d’aller en quelque endroit, ordinairement pour changer de couvent » ; « emploi particulier qu’un religieux ou une religieuse a dans son couvent » ; « nom donné à des maisons religieuses inférieures aux maisons principales, dont elles dépendaient, et qui en étaient éloignées » ; « ambassade d’obédience, ambassade qu’un roi ou un corps de fidèles envoie vers le pape, pour l’assurer de son obéissance filiale » ; « pays d’obédience, nom qu’on donnait, en France, aux provinces qui n’étaient pas comprises dans le concordat, telles que la Bretagne, la Lorraine, etc. où, pendant huit mois de l’année, le pape conférait de plein droit les bénéfices vacants ; il se dit aussi de tous les pays où le pape exerce le même droit » ; « dans les temps de schisme, obédience a été le nom donné aux différents pays qui reconnaissaient l’un ou l’autre pape » »), dans les septième, huitième, neuvième éditions du Dictionnaire de l’Académie française (1879, 1935, en cours) et dans le Trésor de la langue française (1971-94).

Aux XIXe et XXe siècles, le christianisme est entré dans la nuit noire de son histoire, si bien que la place qu’il occupait jadis et les fonctions qu’il assumait aussi ont été prises par la nouvelle religion sans transcendance, toute sociale et illuminée, la ROOC (religion officielle de l’Occident contemporain). De fait, son vocabulaire est devenu vacant, vide, sans référent : il ne désigne quasiment plus rien, puisque ce qu’il désignait jadis a disparu. La nature a horreur du vide, la langue aussi. Ce vocabulaire (militant, création, animation, manifestation, prévision, efficacité, énergie, etc.) n’est pas resté longtemps à l’abandon ou encalminé dans le néant. Il a été accaparé par le nouveau clergé, social, occultiste, politique, de la ROOC. Il en est ainsi d’obédience, qui est entré dans la langue de la franc-maçonnerie : « groupement fédéral formé au moins par trois loges » (Trésor de la langue française) et « ensemble des loges qui reconnaissent une même autorité » (DAF, neuvième édition, exemple : le Grand Orient de France et la Grande Loge de France sont les principales obédiences maçonniques françaises) et, bien entendu dans la langue toute socialisante de la société : « fidélité à une doctrine ou à une puissance spirituelle, politique, etc.; soumission à une autorité » (Trésor de la langue française ; exemples : parti d'obédience socialiste, pays d’obédience communiste) et « fidélité, soumission à une autorité spirituelle, idéologique ou politique » (DAF, faire acte d’obédience, les partis d'obédience marxiste).

La France s’est donné pour régime une république laïque. De laïque, la république n’a pas grand-chose, sauf à entendre laïque au sens d’antichrétien. En revanche, elle a toutes les institutions, même les obédiences, d’un Etat confit en dévotion, qui est même pourvu, ce que la France n’a eu que par intermittences jadis, d’une religion officielle.

 

Commentaires

DIVIDENDES
Mr Nicolas S. ( homme " couchant la nuit avec la
Gooooooche de luxe " ET très soumis aux diktats alités) serait devenu hostile aux dividendes

REMISSION ( d'un cancer , d'une crise )

PICANTIN

BILAN / BILANTER ( un malade , une entreprise , un bilan ! )

CLARISSE ( une )

BANCLOQUE

IMPLANT IMPLANTER

IMPLEMENT IMPLEMENTER

OMNIPOTENT , OMNISCIENT
Omniceci, omnicelà
grand préfixe

TRALALA

ITOU

PARISIANISME

OTTOMANISME

Écrit par : Ama Deus | 31 mai 2009

L'ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte (monarchie élective) est placée sous l'obédience de Rome (monarchie élective); alors que la partie protestante de Saint-Jean se trouve sous celle des Hohenzollern, princes de Prusse (monarchie virtuelle ou en vacance).
Qu'en pense la gooooooche, Monsieur Amadeo Gratia ? on s'en tape, on fait notre devoir.

Écrit par : P.A.R. | 06 juin 2009

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