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10 juin 2009

Rémission

En latin, remissio a plusieurs sens : « action de renvoyer ; action de détendre (remissio animi, remissio laboris), de relâcher, affaiblissement d’un mal ; abandon, remise d’une peine, d’un impôt (poenae remissio, remissio tributi) » et, chez Ambroise, dans le latin d’église, remissio peccatorum, « pardon, rémission des péchés ».

Le premier sens attesté en français, dès le début du XIIe siècle, est le sens chrétien : « action de remettre (les péchés) » (remissiun des pecchiez). Les auteurs de dictionnaires relèvent tous, sauf Richelet (Dictionnaire français des mots et des choses, 1680), en premier le sens chrétien ; Furetière (Dictionnaire universel, 1690) : « Pardon d’une offense » (« on obtient à confesse la rémission de ses péchés ») ; les académiciens (1694, 1718, 1740, 1762, 1798 : « Pardon ; la rémission des péchés ; obtenir de Dieu la rémission de ses péchés »). Dans la sixième, la septième, la huitième éditions (1832-35, 1878-79, 1932-35), il semble que ce premier sens perde de sa force et qu’il ne s’étende pas au-delà des contextes religieux : « il n’est usité, dans le sens de « pardon », qu’en termes de théologie ». Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) place cette définition restreinte, « en termes de théologie, pardon », en troisième position après « indulgence, miséricorde d’une personne envers une autre » et « grâce faite à un coupable de la peine qui a été prononcée contre lui », définition qu’il illustre de ces extraits : « Jean était dans le désert, baptisant et prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés » (Saci) ; « Personne ne niera le fait public, que les pélagiens trouvèrent toute l’Église en possession de baptiser les petits enfants en la rémission des péchés » (Bossuet) ; « La pénitence obtient la rémission des péchés » (Massillon).

Il est une autre façon d’affaiblir ce sens religieux : c’est de le relativiser, en l’incluant dans une série de sens profanes, tous présents dans la Bible, comme le font les auteurs de L’Encyclopédie (1751-65), où rémission (critique sacrée) a, « dans l’Ecriture », les sens de « remise, relâchement, cession de dettes, de droits, d’impôts, élargissement, pardon » : « on sait que les Israélites à l’année du jubilé étaient par la loi affranchis de la servitude de leurs dettes et rentraient tous dans la possession de leurs biens » (Lévitique) ; « rémission se prend pour vacation des affaires, temps où l’on ne plaide point ; tels étaient les premiers du mois, les jours de fêtes et de sabbat » ; « ce terme est employé pour exemption de charges, d’impôts er de contributions » (Macchabées) et « pour élargissement, liberté de servitude » ; « rémission désigne encore, dans l’ancienne loi, l’abolition de la faute, ou de l’impureté cérémonielle, qui s’obtenait par des purifications, des offrandes, des sacrifices » ; « enfin rémission dans l’Evangile se prend pour celle du péché qui s’acquiert par un changement de vie ».

Il est vrai qu’au XIIIe siècle, est attesté le sens juridique (poenae remissio en latin), à savoir « remise de peine accordée à un coupable », tandis que le sens de « relâche » et le sens médical apparaissent au XVIe siècle. Furetière (Dictionnaire universel, 1690) relève ces sens : « rémission se dit aussi des lettres de grâce (…) que le Roi accorde à ceux qui ont fait quelque meurtre ou autre crime (…) ; elles sont scellées en cire verte en lacs de soie et sont adressées à tous présents et advenir » ; « il signifie aussi relâche, modération » (« ce médecin trouve quelque rémission à sa fièvre »), comme les académiciens en 1694, 1718, 1762, 1798, 1832-35, 1878-79, 1932-35) ou les auteurs de L’Encyclopédie, qui relèvent, outre le sens médical et le sens juridique, un sens proprement scientifique : « en physique, il signifie la diminution de la puissance ou de l’efficacité de quelque qualité, par opposition à son augmentation, qu’on nomme intension », que Littré relève aussi : « terme de physique, affaiblissement, diminution d’intensité », tandis que les académiciens en 1879 (DAF, septième édition) notent que, dans le sens juridique, rémission « est moins usité que grâce ». Le roi accordait une rémission de peines, comme Dieu ; le président de la République, une grâce, comme Dieu aussi. Les mots ont changé, mais la référence ultime, même si elle n’est jamais dite, reste la même.

Dans la NLF, ce que l’on constate, c’est le lent affaiblissement du sens chrétien, limité à la seule théologie catholique, et du sens juridique, lequel appartient, selon les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94), au « droit ancien » : « grâce faite à un coupable de la peine à laquelle il a été condamné », bien que le phénomène désigné, à savoir la dispense ou la réduction de peine, soit bien plus répandu dans le Modernistan qu’il ne l’était dans l’ancienne France. De fait, les sens de rémission qui survivent sont le sens médical (« atténuation temporaire des symptômes d’une maladie ou d’une manifestation pathologique », TLF) et le sens physique (« interruption temporaire, d’une durée variable, d’un phénomène quelconque », TLF). Tout se passe comme si M. Homais avait fait triompher, non seulement ses idées reçues, mais aussi sa propre langue.

 


Commentaires

Ah , Madame Bovary !!!

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IMPLOSION

SOLIDARITE

PRECEDENCE ( des parents )

BUTOIR ( de la pensée )

parenté

Écrit par : Ama | 10 juin 2009

Monsieur 阿梅蒂 (Amédée),

Regardez cette même phrase en 3 langues. Laquelle, selon vous, arrive au meilleur résultat par un moindre effort et deviendra la langue du futur ?

Qui me amat, amat et canem meum = 爱屋及乌 = wie houdt van mij, houdt van mijn hond

P.-S.: et qu'est-ce que Carla Bovary-Skruzni vient faire dans votre liste ?

Écrit par : P.A.R. | 10 juin 2009

1 Déraper

2 " whites"

http://fr.news.yahoo.com/69/20090610/tpl-manuel-valls-aimerait-plus-de-blancs-86098b9.html


pour l'espagnol-socialo valls
suicide ???

APPEL à intégration chez nicolas S ???

Écrit par : AMA | 10 juin 2009

HOMAIS

oh mais alors , mr pAR !!!

relire le texte de mr junior , qui cite mr Homais
homais = Bovary !!!
1+ 1=2

exemple
http://www.etudes-litteraires.com/madame-bovary-homais.php

carla Bovary-Skruzni
pas mal
quand viendra le psychanalyste du couple
B-S ??

Bon cha pleut chu ch'terri

Écrit par : AMA | 10 juin 2009

Et comme disait François 1er, qui connaissait bien le couple: "Souvent Bovary, bien fol est qui s'y fie."

Je préfère être le seul blanc sur la ligne A du métro de Beijing, que dans le bus n°3 à Genève.

Méfiez-vous des éboulements de terril quand il pleut: aucun chien ne voudra vous chercher là-dessous, c'est trop salissant pour le poil.

Écrit par : P.A.R. | 11 juin 2009

1 beijing : je comprend , moi aussi

2 bon , demain , je tente le coup , en pays ennemi : j'exit à la gare du Nord de Al Paris, pour la journée , puis Porte de la Villette ! retour le soir.

2 les terrils ne s'éboulent pas , mais EXPLOSENT
( gaz ) , les miens ont déjà tué et détruit des corons .

Écrit par : AMA | 11 juin 2009

vidéos

gérard l'alsacien

http://www.youtube.com/watch?v=5Y1X5m57mxA&feature=related

Écrit par : am | 11 juin 2009

Vous avez tout intérêt à sortir de chez vous par la porte de service: depuis l'aube, une foule venue du neuf-trois vocifère et gesticule sous vos fenêtres en scandant: "Amédée, rémission !", "Amédée, rémission !", etc.

A Beijing, j'ai mangé une fondue pékinoise (agneau) par 33°; alors pourquoi pas une choucroute royale à Riquewihr dans les mêmes conditions ? ça m'est déjà arrivé, puisque les étés alsaciens sont torrides. Après, je conseille la sieste sous un sapin, avant d'aller déguster une tarte aux mirabelles ou un Munster à Saint-Alexis. Plus j'en parle et plus ça me tente, d'autant plus que mon batave de fiston vient me rendre visite en juillet. Ieh... doch, hopla mannala !

Écrit par : P.A.R. | 12 juin 2009

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