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19 juin 2009

Indo-européen

 

Cet adjectif et nom, composé de l’élément indo et de l’adjectif européen, sans doute d’après l’anglais indo-european (1813), est attesté en 1836 dans une lettre adressée à Schlegel sur l’affinité des langues celtiques avec le sanscrit. On le retrouve en allemand sous la forme indoeuropäisch et plus fréquemment sous la forme indogermanisch, ce qu’il y a d’européen dans ces langues se ramenant au germanique. Il est vrai que la catégorie d’indo-européen a été, pour les linguistes germaniques, une façon d’afficher leur fierté ethnique ou nationale, et souvent même le sentiment qui leur faisait tenir leur langue pour supérieure à toutes les autres, prenant ainsi leur revanche sur plusieurs siècles d’abaissement ou de mépris.

Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) définit le seul adjectif comme un terme de géographie en relation avec deux continents ou parties de continents : « qui commence à l’Inde et finit à l’Europe inclusivement ». L’exemple qui illustre ce sens se rapporte aux langues : « langues indo-européennes, langues qui, se ressemblant par une foule de radicaux et par la grammaire, comprennent, en allant de l’orient à l’occident, le sanscrit, avec ses dérivés pracrit, pâli, etc. l’arménien, les langues slaves, les langues germaniques, le grec, le latin et le celtique ». Les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) définissent d’abord le nom, puis l’adjectif. Du nom, ils exposent le sens technique – c’est-à-dire celui qui est en usage chez les meilleurs linguistes : « substantif masculin singulier, idiome restitué qui est à l’origine de la plupart des langues d’Europe et d’Asie » (exemple : l’unité linguistique qu’on appelle indo-européen et qui atteste une certaine unité de civilisation a dû de tout temps comporter des divisions dialectales, 1952 : ce n’est pas l’idiome restitué qui est à l’origine des langues d’Europe et d’Asie, mais un idiome dont on suppose qu’il a été à l’origine de ces langues et qui, pour cela, a été restitué), alors que l’adjectif a pour sens « relatif à cet idiome » (la famille indo-européenne ; les langues indo-européennes présentent dans leur développement certaines tendances communes aboutissant à des transformations analogues). Les académiciens (DAF, neuvième édition, en cours de publication) exposent ces deux sens, à peu près dans les mêmes termes que les rédacteurs du TLF : « adjectif, qui concerne une famille de langues répandues en Europe et en Asie » (le grec, le latin, le sanscrit, les langues romanes, germaniques, slaves, iraniennes sont des langues indo-européennes) et « nom commun, l’indo-européen, la langue mère dont ces langues seraient issues ».

Les rédacteurs de ces deux dictionnaires signalent aussi l’emploi de ce nom et adjectif pour désigner des personnes. Dans le TLF, cet emploi serait propre à l’ethnographie : « adjectif et substantif (parfois avec une majuscule), le plus souvent masculin pluriel, (celui ou ceux) qui a (ont) parlé cette langue » (la langue des Indo-Européens se scinda donc, elle aussi, et il en résulta divers idiomes qui allèrent se différenciant peu à peu), alors que les académiciens ne le restreignent à aucun domaine : « les Indo-Européens, nom donné aux peuples inconnus qu’on suppose avoir parlé cette langue mère, et qui auraient légué aux peuples de l’Antiquité parlant ces langues certains traits de civilisation ». La définition est minimale (« celui qui a parlé l’indo-européen », « idiome restitué », est-il précisé), ou elle est exprimée avec des termes qui trahissent une prudence extrême : « peuples inconnus », « on suppose » (qu’ils ont parlé cette langue) et le conditionnel « auraient légué ». Le terrain, on l’a compris, est miné. Les lexicographes font donc l’autruche. Ils taisent le problème plutôt que de le dire. Le non-dit est préféré à l’expression franche et directe. Pourtant, les rédacteurs du TLF y font référence, mais prudemment, par un détour, se contentant de citer, après avoir exposé la définition ethnographique d’indo-européen, la remarque faite par un lexicographe en 1968 : « au lieu du terme indo-européen, on rencontre fréquemment au XIXe siècle celui d’aryen ». Le tabou est lâché : c’est aryen qu'il ne faut pas dire. En effet, la découverte des langues indo-européennes a suscité les théories raciales sur les aryens, ancêtres supposés des Européens et surtout des peuples germaniques, et elle a alimenté les délires sur la race aryenne, qui serait, d’après ceux qui en étaient, les allemands surtout, évidemment supérieure à toutes les autres. La théorie elle-même est sans doute fausse et l’utilisation qui en a été faite est criminelle, mais cela ne justifie pas que cet aspect-là de la linguistique, à savoir les liens qu’elle a établis entre les races et les langues, soit gommé ou tu.

Quoi qu’il en soit, avant la seconde guerre mondiale (et non, comme il est dit dans la remarque ci-dessus, au XIXe siècle), la chose était dite sans ambages. Le mot indo-européen entre pour la première fois dans le Dictionnaire de l’Académie française en 1932-35, dans la huitième édition, la seule édition publiée au XXe siècle. La voici : « il se dit d’une famille de peuples de race aryenne qui se sont répandus entre l’Inde et l’extrémité de l’Europe » (la race indo-européenne) et « il se dit aussi des langues parlées par cette famille des peuples » (langues indo-européennes). Ce n’est pas parce que la race aryenne, dont il est question dans cette définition, est imaginaire qu’il faut effacer dans les dictionnaires et dans la langue toute trace des imaginations de nos ancêtres, d’autant plus que les Français n’ont pas participé, sauf quelques individus, à la fureur criminelle des socialistes nationaux allemands, ni à celle des socialistes internationaux.

Commentaires

Regardez ce que l'on dit des Tokhariens et des Yuezhi : (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tokhariens)
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Yuezhi)
sur Wiki et vous constaterez que cette ethnie (?) était présente encore bien plus à l'est que vous ne le supposez.
Mais tout ceci est à mettre en cousinage avec les Scythes et les Saces, plus près du berceau de la race.

Écrit par : P.A.R. | 19 juin 2009

mr PAR
petit rappel sur les éparges
qui ne sont pas
sur la " ligne bleue des Vosges ",

mais une crête
de Meuse

Écrit par : RAP | 20 juin 2009

les éparges

Verstanden !!
http://decadence-europa.over-blog.com/article-32873324.html

Écrit par : RAP | 20 juin 2009

Je ne dirai qu'un mot : JAWOHL !

Écrit par : P.A.R | 21 juin 2009

Les commentaires sont fermés.