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05 juillet 2009

Communauté

Emprunté du latin communitas et attesté dès le XIIe siècle sous les formes communité, comunalte, communetei, communeteit, conmuneté, comuneté, communité, communteit, commugnité, cumenité, kemunité, quemuneté, comonteit, ce mot, dont les sens sont « ensemble de personnes », « biens qui sont la propriété commune des deux époux », « ensemble de religieux vivant ensemble et observant une règle commune », « état, caractère de ce qui est commun », a, dans l’ancienne langue française, des emplois innombrables et variés, qui offrent, quand on les lit, une représentation assez réaliste de ce que fut l’ancienne France, la France féodale, puis d’Ancien Régime. Citons-en quelques-uns : « Et soit entre eux communité // De tous leurs biens en charité » ; « Ai fait communitei au maître et aux frères de la chevalerie du Temple de tout ce que j’ai » (1257) ; « Et je, Valerans, sire de Monjoie et de Marville, ai fait à l’abbesse et aux dames devant dites cette communteit et ces convenances, et les ai priées à tenir fermement » ; « Pour ce se mit le roi en la communeté des gens du royaume de Jérusalem » ; « Comme en riens depuis ne soit amoindri l’état de la couronne de France, ne la richesse de la communité » ; « L'un, ni l'autre prince ne pourrait faire traité, ni alliance avec aucun autre prince, potentat, ou communauté, sans le su, et associement l'un de l'autre » ; « La Cène devait être proposée et distribuée en publique congrégation de l'Eglise pour nous instruire de la communion, par laquelle nous sommes tous conjoints ensemble à Jésus-Christ. Le sacrifice de la Messe rompt et détruit ceste communité » ; etc.  

Dans les anciens dictionnaires, ces sens sont exposés ; dans le Dictionnaire français des mots et des choses (1680, Richelet) : « le corps des habitants de quelque bourg, de quelque village » ; « tout le corps des gens de quelque métier » ; « le corps des Religieux, des Religieuses » ; « communauté de mariage, ce qui est commun entre le mari et la femme » ; « communauté de biens, composée de tout ce qui est mobilier du bien des mariés au temps de leur mariage, et de ce qu’ils acquièrent ensemble à moins que par le contrat de mariage ce que chacun des mariés aura de mobilier n’ait été stipulé propre » ; dans le Dictionnaire universel (1690, Furetière) : « société d’hommes qui habitent en un même lieu » ; « lieux pieux fondés pour entretenir et faire vivre plusieurs personnes sous un certain genre de vie régulière, ou séculière : tels sont les couvents, abbayes, prieurés conventuels, les séminaires, hospices, et toutes sortes de maisons religieuses » ; « ceux qui s’assemblent volontairement pour desservir une cure, ou vaquer aux exercices de piété » ; « hôpitaux, collèges, confréries et autres lieux semblables qui possèdent des biens en commun, pour divers usages utiles au public, soit pour les infirmes, soit pour les pauvres, les étudiants, etc. » ; « société de plusieurs corps établis par lettres patentes ou par autorité de la justice ou de la police, et pour faire observer la règle et la discipline de la profession » ; « le mot se dit encore de quelques particuliers qui ont mis leurs biens ensemble, soit pour négocier, soit pour vivre plus paisiblement, ou bien qui possèdent ou qui ont à partager des biens en commun » ; « la société de biens qui sont communs entre le mari et la femme » ; dans le Dictionnaire de l’Académie française (1694, 1718, 1740, 1762, 1798) : « société de plusieurs personnes qui vivent ensemble ; et en ce sens on peut dire que les villes sont de grandes communautés » ; « il se prend ordinairement et plus particulièrement pour certaines compagnies, soit de séculiers, soit d’ecclésiastiques qui vivent entre eux selon certains statuts, coutumes, usages, règles, etc. » ; « les habitants d’un lieu, d’un bourg, etc. considérés en commun » ; « société de biens, entre deux ou plusieurs personnes »…

La lecture de ces articles et des exemples qui illustrent les différentes acceptions ressuscite tout un monde disparu, comme celui qu’évoque indirectement Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) « Société de plusieurs personnes qui vivent ensemble sous certaines règles ; une communauté de prêtres, de religieux, de religieuses, d’hommes, de filles, etc. entrer dans une communauté, être d’une communauté, vivre en communauté » ; « il se dit de certains corps laïques : la communauté des procureurs, notaires, du corps des habitants des villes, bourgs et villages » ; « société de biens entre deux ou plusieurs personnes ».

A partir de 1789, les communautés ont été pour la plupart d’entre elles abolies ou démantelées, sous le prétexte qu’elles auraient pu s’interposer entre les citoyens et le corps politique qu’ils formaient, la nation, et enrayer ainsi l’ordre nouveau. Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) prend acte de l’existence de ce nouvel ordre politique, négativement en quelque sorte, en renvoyant dans un passé révolu les communautés : « autrefois, corps des habitants d’une ville, d’un bourg, d’un village ; autrefois, corporation ». Ont survécu, mais affaiblies, à ce cataclysme, les communautés religieuses, mais l’on sait ce qu’il advient d’elles dans la France moderne, où elles ne sont plus que des ombres. Les seuls emplois anciens qui soient courants dans la NLF est le sens général : « état de ce qui est commun » (communauté de sentiments, de biens et de maux) et le sens juridique : « il se dit de la société de biens entre conjoints ».

Il est un régime qui a tenté de ressusciter les communautés en en faisant le socle d’un ordre nouveau : c’est l’Etat français, à Vichy, de juillet 1940 à août 1944. L’article 5 de la Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 stipule ceci : « L’Etat reconnaît les droits des communautés spirituelles, familiales, professionnelles et territoriales au sein desquelles l’homme prend le sens de sa responsabilité sociale et trouve appui pour la défense de ses libertés ». On croirait lire un dictionnaire d’ancien français (XIIe-XVe siècles). Très étrangement, ce sont les gauchistes soi-disant libertaires qui ont, moins de trente ans après la Libération, tenté de renouer avec l’esprit de la loi du 10 juillet 1940, en fondant des communautés champêtres ou écolos partout où ils le pouvaient et là où ils trouvaient des gogos pour s’associer à eux, sous le prétexte que la terre, elle, ne ment pas, communautés en Ardèche, en Ariège, dans les Basses et Hautes-Alpes ; communautés de pseudo ouvriers, mais vrais agitateurs établis en usine (chez Renault, Peugeot, Simca, Citroën ou ailleurs) ; communautés sexuelles (individus partageant les mêmes « orientations »  et préférant le Même à l’Autre) ; communautés de profs à la dérive ou de squatters shootés ; etc. Tout cela ne serait que ridules à la surface de la République, s’il n’y avait pas les colonies islamiques établies depuis une trentaine d’années sur le sol de la France et qui, convaincues de leur supériorité raciale et religieuse absolue, constituent, par détestation du pays d’accueil, des communautés, ayant leurs codes, règles et lois propres, à la fois embryons et socles de la future oumma d’Occident qui a vocation à s’agréger à la grande oumma islamique. Pétainisme, gauchisme, islam, c’est ce qui sous-tend depuis un peu plus d’un demi-siècle le nouvel ordre politique de la France. Tout ça ne sent pas très bon, certes, mais les citoyens sont condamnés à s’accommoder de ces bruits et odeurs, à moins de chercher refuge sous des cieux plus cléments. Sans doute faudrait-il, pour les désigner de façon adéquate, ne plus les appeler communautés, car elles n’ont rien en commun, sinon ce nom faux, avec les anciennes communautés qui font fait la France.

Commentaires

Carte postale depuis la terrasse de la Pension des Flots Bleus:

"Le mépris de l'individualiste pour les groupes s'oppose au mépris des groupes pour le non-conformiste, pour l'indépendant, l'irrégulier, pour celui qui vit en marge de son monde. Le mépris des groupes est un mépris grégaire dispensé selon les préjugés, selon ce qu'on croit exigé par l'intérêt ou le bon renom du corps, ou ce qu'on fait semblant de croire tel. Le mépris de groupe est un mépris rancunier, vindicatif, qui ne lâche jamais son homme, car, comme on l'a dit avec justesse, "Les individus pardonnent quelquefois, les groupes jamais". Le mépris de groupe est dicté par l'égoïsme de groupe. On méprise celui qui fait bande à part, se soustrait à l'esprit de corps et ne s'en soucie pas. Le mépris individualiste est désintéressé et dicté seulement par une antipathie intime pour la bassesse et l'hypocrisie; il oublie volontiers l'objet de son mépris et est accompagné de la sensation d'un immense éloignement entre soi et ce qu'on méprise et du désir de s'en tenir le plus éloigné possible".

Georges Palante, "La sensibilité individualiste"

Écrit par : P.A.R. | 05 juillet 2009

Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!

CENTRE-VILLE DE MONTREAL

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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.

Allez constater sur ce site:
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html

Écrit par : gilles thompson | 06 juillet 2009

Oui certes, mais l'anglais, ou moins tout le monde comprend. Il y a 25 ans de cela, il m'est arrivé d'être complètement largué, à Montréal ou plus au sud, face à des gens censés parler français (et ce n'était pas que du joual).

Écrit par : P.A.R. | 06 juillet 2009

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