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01 septembre 2009

Projet

 

 

C’est la rentrée. Les enfants de deux ou trois ans rentrent au nido infantile. Les socialistes et autres groupuscules en istes font de même. Eux aussi, ils rentrent. Ce n’est pas la rentrée des classes, mais la rentrée de la lutte des classes et, comme il y a une forte concurrence entre ismes et istes, la lutte de la rentrée des classes.

La lutte de cette rentrée se fait, comme tous les ans, au projet : précisons, le projet politique ou, mieux encore, le projet de société. Tous veulent, exigent, réclament, revendiquent un projet qui soit blindé, encore plus iste ou plus isme que celui des concurrents. Il suffit de taper « projet de société » dans la fenêtre « recherche » de Google et plus de 17 millions de pages s’affichent en quelques secondes. Qui n’a pas son projet de société ? Les radicaux – comprendre les radicaux radicaux, qui sont rouges à l’intérieur et à l’extérieur, et non pas les radicaux socialistes, qui sont comme les radis, rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur – ont un projet révolutionnaire (tiens donc !) pour changer de société, et non pas changer la société, ce qui ferait trop Mitterrand, cru 81, mais aussi les écolos, le modem, les bobos, les fachos (évidemment). Les Palestiniens eux aussi ont leur projet de société, à l’explosif bien entendu ; même les Corses – eh oui, les Corses aussi - ne veulent pas rester à la traîne des mafias de Sicile, de Campanie, de Sardaigne, de Lucanie, du Basilicate, etc. dont le projet a une réalité depuis au moins un siècle : c’est cosa nostra.

Toutes ces belles choses rendent urgente une étude du mot projet, lequel n’a jamais eu dans l’histoire de la langue ce sens sinistre qu’il a pris depuis quelques décennies, depuis que les Français sont persuadés qu’ils peuvent faire briller le soleil à minuit : non factis sed verbis.

 

Le mot, dérivé du verbe projeter, est attesté à la fin du XVe siècle. Alors, il a un sens modeste. Les Français de cette époque n’étaient pas encore atteints du mal d’hubris. Ils ne voulaient pas sauver le monde, seulement leur pauvre âme. Un projet est alors une « idée qu’on met en avant » et un « plan pour réaliser cette idée ». Au début du XVIe siècle, il désigne aussi un « dessin qui représente (…) un bâtiment à exécuter conformément aux intentions de celui qui fait bâtir » et, un siècle plus tard, la « première ébauche d’un ouvrage, la première rédaction destinée à être amendée ». Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1694), deux sens sont relevés : « dessein qu’on a formé de faire quelque chose » et « première pensée de quelque chose mise par écrit ». Dans les éditions suivantes (1718, 1740, 1762), les académiciens répètent ces définitions, oubliant le sens du mot en architecture (« représentation d’un bâtiment à construire »), attesté dès le XVIe siècle ; Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) les fait siennes, en dépit de l’adjectif critique dont il qualifie de façon hardie son dictionnaire.

C’est en 1792, en pleine tourmente révolutionnaire, chez Robespierre, évidemment, qu’apparaît l’emploi moderne. Ce n’est pas tout à fait projet de société, ni projet politique, mais ça en a sinon les contours, du moins l’odeur âcre de sang versé. Le coupeur de têtes fait suivre le nom projet du complément de loi – la loi, en l’occurrence, étant la nouvelle Table destinée à faire advenir le monde parfait. En 1792, les projets de loi de Robespierre ont tout du projet de papier avant de devenir l’alpha et l’oméga de l’avenir radieux. Bien que projet de loi soit attesté dès 1792, les académiciens ne le relèvent pas, ni dans la cinquième édition (1798), ni dans la sixième édition (1832-35) de leur Dictionnaire, se contentant de répéter les deux sens établis dès 1694 : « dessein, entreprise, arrangement des moyens pour exécuter ce qu’on médite » et « première pensée, première rédaction de quelque acte, de quelque écrit », même s’ils illustrent le premier sens d’exemples qui dévoilent les dangers des projets de papier : De vains projets ; des projets inutiles, illusoires, romanesques ; ce projet n’est qu’une menace.

Au XIXe siècle, triomphe la nouvelle religion sociale, tout immanente et vaguement occultiste. Elle est toute en projets, elle n’est que projet. Il est donc dans l’ordre des choses que les acceptions de projet prolifèrent. Les académiciens en distinguent deux en 1835 ; trente ans plus tard, Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) en recense sept, dont projet de loi, mais sans référence à Robespierre (au milieu du XIXe siècle, le coupeur de têtes faisait tache) : « ce que l’on a l’intention de faire dans un avenir plus ou moins éloigné » ; « action de projeter » ; « dans le langage de la conversation, manière dont on se propose d’employer une journée » ; « projet sur, projet d’obtenir le cœur, la main d’une femme » ; « la première pensée, la première rédaction de quelque acte, de quelque écrit », (« projet d’acte, la rédaction préparatoire d’un acte sur papier libre, non timbré », « on dit de même projet de loi ») ; « ébauche du plan d’un édifice à construire, avec ses coupes et ses élévations » (« il se dit, dans le même sens, des études qu’on fait pour la construction d’un chemin de fer, d’un canal ») ; « il s’est dit pour sujet, manière, objet ». Les académiciens, en 1932-35, réduisent les sept sens de Littré à cinq et ils restreignent (par prudence ou parce que l’histoire les a échaudés ?) l’emploi de projet de loi (et de résolution) à la langue technique du seul Parlement : « Projet de loi, texte législatif soumis à l’examen du Parlement par le gouvernement, par opposition à proposition de loi, texte législatif présenté au Parlement par un ou plusieurs de ses membres » et « Projet de résolution, projet dont une assemblée est saisie par l’un de ses membres pour prendre une décision sur un sujet déterminé ».

Les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) sont de vrais modernes qui distinguent encore plus d’acceptions que Littré. Ils ne relèvent pourtant pas l’emploi moderne de projet. Ils citent les syntagmes projet de lettre, de livre, de vacances, de mariage, de travail, de voyage, mais pas projet de société, ni de projet politique. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir entendu ou lu ces trois mots, dans lesquels se condensaient alors, dans les années 1960-70, les utopies modernes. En revanche, ils notent que projet est aussi un mot de philosophe, mais pas de n’importe quels philosophes, non, des philosophes de l’existence. « Pour les existentialistes, c’est ce vers quoi l’homme tend et qui constitue son être véritable ». Former des projets est dans la nature de l’homme, comme l’exprime lumineusement Sartre, en 1943 dans L’Etre et le Néant (tiens : il obtenait du papier et une autorisation des Allemands pour publier ses livres) : « l’homme est fondamentalement désir d’être et l’existence de ce désir ne doit pas être établie par une induction empirique ; elle ressort d’une description a priori de l’être du pour-soi, puisque le désir est manque et que le pour-soi est l’être qui est à soi-même son propre manque d’être. Le projet originel qui s’exprime dans chacune de nos tendances empiriquement observables est donc le projet d’être ». On comprend à lire ces somnifères qu’Abetz les ait autorisés (dormez, dormez, braves gens). De fait, l’obsession du projet de société chez les istes et les ismes ne peut plus être source d’étonnements : « le désir est manque et le pour-soi est l’être qui est à soi-même son propre manque d’être ». On est bien heureux que tout cela soit écrit noir sur blanc.

 

 

Commentaires

La clique de la " fausse rupture m'a permis de mieux comprendre pourquoi j'avais détesté
la clique du PS Mitterrand .

En passant par contre à un degré plus élevé de mensonge , tromperie , manipulation ,falsification et déformation de la langue .

j'avais détesté la Mitterandie et sa cohorte de sbire à la mode Jack Lang , Rocard & co

Je hais carrément les années du nain et sa call-girl .
Ils m'écoeurent de A à Z .Je ne peux plus écouter une seconde de discours de cet avocaillon
et de sa ......milliardaire aphone .
Voir leur gueule me fait comprendre le processus de décapitation du Bourbon .
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1 )
CAUTION Rançon
encore une fois mensonge : encore une rançon versée pour la soi-disant "" universitaire""
de 23 ans , Reiss , partie foutre la France et ses finances en danger .
Au lieu d'être punie , voilà l'état encore en train de s'accroupir devant le dictateur et de se ruiner .
et encore une fois mensonge lançé aux citoyens
pas de rançon , pas de versement
puis une """ CAUTION """ (qui ne sera jamais récupérée )
nouveau mensonge de ce minable gouvernement de clown .
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2 ) TAXE ( carbone )
COMPENSATION
ou bien
CON pensation ( i.e = je te PENSE CON ) ??
encore mensonge , tromperie , lâcheté , rouerie

la TAXE sera """""""""""""""""""""""""""compensée""""""""""""""""""""??????????????????

???????????????????????? !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Autant ne pas la mettre !

a ) je te taxe
b ) je te rend ton fric
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on croit jouer à la dinette , avec de fausses petites pièces de plastique .

je te donne des sous en plastique ; tu me vend une salade en plastique
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je te COMPENSE ou je te PENSE CON ???
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A-t-on jamais un politicard nous rendre un impôt ??
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C'est plus du genre à la Rocard = je te fous un impôt TRANSITOIRE
( 2 ans pour la CSG ) puis je te le laisse 30 ans en l'augmentant sans cesse !!
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ROUERIE
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ROUAGE
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Écrit par : A BC | 01 septembre 2009

Les commentaires sont fermés.