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05 octobre 2009

Décadence

Décadence, emprunté du latin médiéval decadentia, est attesté au début du XVe siècle. Il se dit alors de l’état d’un bâtiment qui se dégrade : « un moulin qui est chu en décadence et ruine » (1413) ; « un moulin qui était en telle ruine et décadence que ledit moulin ne pouvait faire de blé farine » (1457) ; « le lieu à faire justice était tombé par tempête en décadence (1459) ; « édifices tombés en ruine et décadence (1543). Ce sens est relevé dans les dictionnaires anciens, ceux de Furetière (Dictionnaire universel, 1690 : « chute, ruine imminente ; les bâtiments qui ne sont point habitez tombent bientôt en décadence »), de l’Académie française (1694 : « disposition à la chute et commencement de ruine ; ce palais s’en va en décadence » ; 1718, 1740, 1762, 1798, 1832-35 : « disposition à la chute ; état de ce qui tend à sa ruine, commencement de ruine ; ce palais s’en va en décadence ») ; de Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1787-88 : « état de ce qui tend à sa ruine ; commencement de ruine »). Dans la sixième édition de leur Dictionnaire, les académiciens ajoutent, à la suite de la définition « commencement de dégradation, de ruine, de destruction, état de ce qui tend à sa ruine », la remarque suivante : « il n’est presque plus d’usage au propre », le sens en usage étant le sens figuré. En réalité, dès le XVIIe siècle, quelques grammairiens, dont le père Bouhours, n’acceptent que le sens figuré et ils préfèrent à décadence (d’un palais), exemple cité par les académiciens, ruine (d’un palais). Ils condamnent aussi tomber en décadence qu’ils jugent impropre, l’expression propre étant tomber en ruine. D’Alembert (L’Encyclopédie, 1751-65) essaie de distinguer les deux mots, faisant de l’un la cause de l’autre : « décadence et ruine diffèrent en ce que le premier prépare le second, qui en est ordinairement l’effet ». Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) confirme le point de vue des académiciens en 1832-35 : « état de ce qui commence à choir, à tomber (cette maison tombe en décadence) ; cet emploi, au propre, est maintenant peu usité ». Les académiciens, en 1932-35 (huitième édition) et aujourd’hui (édition en cours), prennent acte de la désuétude de ce sens, qu’ils ne relèvent plus, ne faisant état que du sens figuré, alors que les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) le mentionnent comme vieux et rare (« état de ce qui commence à tomber, à s’écrouler », comme dans cet exemple : « un vieux mur en décadence sépare seul de la mer profonde » (Stendhal, 1838).

Le sens que l’on peut dire « figuré », au sens où il s’applique à des réalités qui ne sont pas matérielles, est attesté en 1468 : « était chose moult piteuse de voir sa haute royale magnificence de jadis être venue à telle décadence et rabaissement ». Les auteurs des anciens dictionnaires exposent ce sens, aussi bien Furetière (Dictionnaire universel, 1690 : « décadence se dit aussi figurément dans les choses morales ; le crédit de cet homme va en décadence pour dire il se ruine ; toutes les choses du monde vont en décadence, c’est-à-dire de mal en pis ; cette famille noble tombe en décadence ; Vigenère a écrit l’Histoire de la décadence de l’Empire d’Orient ») que les académiciens (Dictionnaire de l’Académie française, 1694 : « il signifie aussi figurément l’adversité, le malheur, la ruine des affaires de quelqu’un » ; 1718 : « il se dit figurément de tout ce qui va vers le déclin, de tout état qui devient moins avantageux, moins agréable », la décadence de l’Empire ; la décadence des affaires d’un Etat ; la décadence des lettres ; ses affaires vont en décadence ; sa santé va en décadence ; le commerce était alors fort en décadence ; 1762, 1798, 1832-35 : « il se dit figurément de tout ce qui va vers le déclin, de tout état qui devient moins avantageux, moins agréable ; la décadence de l’Empire ; la décadence des affaires d’un État ; la décadence des lettres ; sa santé, ses affaires vont en décadence ; la décadence du commerce) ou Littré (1863-77 : « figuré, en parlant des choses abstraites », institutions, affaires, églises d’Orient, esprits, forces, Etat ; Décadence se dit quelquefois absolument de l’abaissement des choses littéraires, intellectuelles, scientifiques »).

Ce qui est nouveau et comme inouï dans la langue moderne, c’est l’extension de décadence à de nouvelles réalités : l’économie, les mœurs, les lettres, les arts, les hommes. Naguère, c’était un Empire ou les empires lointains qui tombaient ou étaient tombés en décadence. Aujourd’hui, la décadence s’est rapprochée et nous menace, non seulement dans nos vies, mais dans notre être même. Certains s’en réjouissent comme Cocteau, sans doute par esprit de provocation : La décadence est la grande minute où une civilisation devient exquise (Maalesh, 1949). La conscience de la décadence devient très vive après la première guerre mondiale, comme chez Valéry : « On nous a assez dit que nous étions un peuple en décadence, qui ne fait plus d’enfants, qui n’a plus de foi en soi-même, qui se décompose assez voluptueusement sur le territoire admirable dont il jouit depuis trop de siècles » (Variété IV, 1938), la France et l’Europe étant entrées « en décadence », comme lors des derniers siècles de l’Empire romain. Montesquieu a écrit des Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734). Il est probable que, dans trois ou quatre siècles, un auteur, nommé peut-être Mohammed ou Mamadou, écrira le même livre, dont les héros ne seront pas les Romains, mais les Français.

Commentaires

DANCING AT THE EDGE OF THE PRECIPICE




http://www.theoildrum.com/node/5808











http://www.theoildrum.com/node/5808

Écrit par : Amédée | 05 octobre 2009

J'adore les sectes millénaristes, c'est d'un décadent hyper gothique et hyper tendance; vous reprendrez bien un gallon de Brent, cher Amédée.

Cela dit, au mot décadent, je préfère celui de déliquescent, tel que l'emploie Paul Watzlawick dans sa formule: "La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés".

Pour expliquer comment bien décadencer, on trouve tous les livres de recettes en self-service: cela va de l'entropie de Teilhard à la morale des faibles de Nietzsche. Et le marketing politique s'emploie à créer des mix, des remix, de nouvelles niches et des créneaux rémunérateurs.

Tout est dans tout et tout est bizness.

Écrit par : P.A.R. | 06 octobre 2009

En parlant de culture décadente, la culture québécoise est un bel exemple.

Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!

CENTRE-VILLE DE MONTREAL

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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.
Et comme Paul Watzlawick dit bien dans sa formule: "La déliquescence des cultures précède la disparition des sociétés".

Allez constater sur ce site:
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html

Écrit par : gilles thompson | 06 octobre 2009

Oui, nous en avons déjà parlé. Personnellement, j'interprète ça comme une une soupape qui lâche chez des anglophones sous pression depuis trop longtemps. Je suis passé il y a 25 ans dans les Cantons de l'Est (Eastern Townships) et j'ai été révolté de constater lesdites pressions exercées sur les anglophones du coin. C'est certainement plus une question dogmatique que linguistique; la même situation se retrouve en Belgique et ça confine à l'absurde.

Écrit par : P.A.R. | 06 octobre 2009

de la Nouvelle-France au Québec

http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=465

Écrit par : Amédée | 06 octobre 2009

Col de Prayé

ne pas confondre avec Prayer , Ugh

http://fr.wikipedia.org/wiki/Col_de_Pray%C3%A9

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Écrit par : Amédée | 06 octobre 2009

Ah Watzlawick

qu'est-ce qu'il m'a fait chi...

celui là !

bon on nan parle plus beaucoup

comme le Dieu Ivan ILLICH
et le Dieu Lacan

Écrit par : Amédée | 06 octobre 2009

bon monsieur FILS de Thomp

au moins le progrès nous
zapporte le binge drinking

je peux suggérer
bourrage de gueule ( mon premier fût à Lindenfels Odenwald
à 17 balais en colo ) les brocks allemands d'un litre au mètre !!


aussi biture
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/la-france-a-l-heure-du-binge-drinking.html

Écrit par : Amédée | 06 octobre 2009

En bas de pages de beaux panoramas du Storckensohn

http://www.vincent-ganaye.com/article-36064555.html


http://www.vincent-ganaye.com/article-36064555.html

Écrit par : Amédée | 06 octobre 2009

C'est pas plutôt Storchensohn (fils de la cigogne) ?

Depuis que j'ai été englouti par les vallées du Sichuan, j'oublie un peu celles des Vosges. Regrets éternels.

En allant en Chine, j'ai fait une escale aéroplanante à l'aéroport de Franfkurt-am-Main. Devant un alignement impressionnant de fûts, j'ai fouillé toutes mes poches pour trouver quelques misérables Euros destinés à étancher ma soif. Nada. Que du CHF et le Reichsmark n'a plus cours. A peine arrivé à Beijing, 9 heures plus tard, je me suis vengé pour quelques Yuans de plus.

Écrit par : P.A.R. | 07 octobre 2009

Cela dit, je tombe sur une citation de votre ami Drieu La Rochelle "Où aimerais-je aller ? Nulle part. Le monde entier est en décadence", qui tombe à pic. C'est vrai que son monde à lui était plutôt moribond. Personne n'aurait placé ses économies dans le triangle Berlin-Rome-Madrid à l'époque.
Tandis que maintenant, les horizons de Monsieur Amédée sont infinis. Du pont de Kehl jusqu'à Malo-les-Bains, ce n'est qu'un vaste terrain de manoeuvres livré à sa fantaisie. Certainement autre chose que de prendre le train direct San Francisco-Pékin tel un pendulaire de l'aventure, comme un certain Piet de Reiziger, mais son approche est celle d'un arpenteur, cheminant d'un champ d'orge à une houblonnière, tout en ramassant les casques à pointe trouvés dans les taillis.

Écrit par : P.A.R. | 08 octobre 2009

La consommation d'énergies fossiles
et la pollution sont ainsi plus faibles .

les points extrêmes du pendule sont allés des aéroports de Montréal & Halifax , en route pour Saint-Pierre-et-Miquelon ( à l'Ouest )

jusqu'à Massada et la Mer Morte à l'Est .
( toujours uniquement à but professionnel ).

Écrit par : Amédée | 08 octobre 2009

Ah ! les aéroports, Monsieur Amédée, ce parfum de kérosène qui fait monter l'adrénaline.
L'envol du Concorde à Dakar, la foudre sur Orlando, la tôle ondulée des boutiques de Bamako, les cabanes en bois à Prague en 66, machines à sous à toutes les sorties pour Las Vegas, etc, etc.
"Cabin crew, put the yellow door selector upright position". Et enfin: "Cabin crew, door may be open". Le parfum de la terre et l'humidité qui vous sautent dessus à la sortie de l'avion. Chaque pays a son odeur, vous l'aurez remarqué.
Alors, Monsieur Amédée, definitively: qu'importent les fossiles et la pollution pourvu qu'on ait l'ivresse...

Écrit par : P.A.R. | 08 octobre 2009

Chacun ses valeurs ( ou absence de valeurs ) .

Les "" riches"" ( qui sont des faux riches , d'une fausse richesse ) consomment , détruisent et méprisent notre Terre ( et les pauvres )
C'est vrai que j'aurai pu , que je pourrai me payer plusieurs centaines de vols
c'est vraiment que dans ma vie j'aurai pu massacrer
autant que les 20 000 générations précédentes .

c'est vrai que j'aurai pu ne rien laisser et tout brûler
( en présentant celà sous le mot Amour )

Ce ne sont pas mes valeurs , et de moins en moins.
j'y ai faiblement participé , bien en deçà de mes possibilités

Par contre , j'ai fait des milliers de km à pied , en imprégnation totale de la nature , c'est vrai , quasi comme un indien , je n'avais plus besoin de cartes IGN ni de guides Didier-Richard .

Cultive ton Jardin , ton pré carré.

C'est vrai , je ne suis jamais allé enculer des enfants pauvres en Thailande ( garçon ou fillette )

C'est vrai , c'est râpé , je n'ai AUCUNE chance pour devenir ministre du CUL ( ou de la CULture ; je ne sais plus sous ce régime de cooruption-népotisme-incompétence qui massacre la France ).

C'est vrai ,mes connaissances en physique , chimie ey biologie et géologie ne m'ont jamais fait me pâmer devant le Concorde ( encore un faux mot falsifiant la réalité , le Concorde c'était l'absence de concorde environnementale CA ne concordait PAS avec les réalités de la Planète bleue comme une Orange )

C'est vrai , le matin , je peux me regarder dans la glace
( sans rêver d'être un véreux incompétent à l'Elysée )

C'est vrai , définitivement , mes valeurs ,forgées par mes souvenirs d'enfance sont différentes.

c'est vrai, le souvenir d'une promenade sous les sapins , avec mon grand-père pauvre ( très pauvre )
( mais riche , hyperriche , d'une force de caractère et physique , sain , propre sur lui , droit , sans aucune virée aérienne aux putes d'Afrique )
le ramassage des chanterelles , des myrtilles avec le peigne en bois !!
qu'est ce que je paierai pour revivre ce moment !

C'est vrai ma grand-mère , parlant patois , comprenant à peine le Français , mais droite , saine , GAIE .

Bon Dieu , c'est vrai les PLUS grands moments de ma vie
ont été ceux avec ZERO CARBONE ZERO KEROSENE
ZERO RICHARD POLLUEUR VEREUX ET FAUX

c'est vrai , mes 2 traversées du Vercors en ski de fond

c'est vrai mon ascension du Pic Coolidge

c'est vrai la traversée intégrale de la Vanoise

et c'est vrai , loin des écologistes-hélicoptères-avion à la Hulot et Anus-Bernard , c'est vrai que mes connaissances en physique et géologie me confortent jour après jours dans ces valeurs .

Best Regards .
Atla

Écrit par : Amédée | 09 octobre 2009

Alors pourquoi ce ressentiment qui vous détruit moralement ?

Écrit par : P.A.R. | 09 octobre 2009

ressentiment

mon article du 17 Août 2005

plus de 4 ans

http://decadence-europa.over-blog.com/article-685272.html



http://decadence-europa.over-blog.com/article-685272.html

Écrit par : Amédée | 10 octobre 2009

EXCELLENTE EMISSION HIER SOIR
sur la dictature chinoise
crimes
corruption massive
meurtres
arbitraire mépris pauvreté
apparatchiks
lèche-culs rabatteurs du régime barbouzes
prison psychiatrie

http://decadence-europa.over-blog.com/article-arte--37338175.html





http://decadence-europa.over-blog.com/article-arte--37338175.html

Écrit par : Amédée | 11 octobre 2009

«La révolte des esclaves dans la morale commence lorsque le ressentiment lui-même devient créateur et enfante des valeurs : le ressentiment de ces êtres, à qui la vraie réaction, celle de l'action, est interdite et qui ne trouvent de compensation que dans une vengeance imaginaire. Tandis que toute morale aristocratique naît d'une triomphale affirmation d'elle-même, la morale des esclaves oppose dès l'abord un «non» à ce qui ne fait pas partie d'elle-même, à ce qui est «différent» d'elle, à ce qui est son «non-moi» : et ce non est son acte créateur. Ce renversement du coup d'œil appréciateur - ce point de vue nécessairement inspiré du monde extérieur au lieu de reposer sur soi-même - appartient en propre au ressentiment: la morale des esclaves a toujours et avant tout besoin, pour prendre naissance, d'un monde opposé et extérieur: il lui faut, pour parler physiologiquement, des stimulants extérieurs pour agir; son action est foncièrement une réaction.»

Friedrich Nietzsche, in "Généalogie de la Morale".

Écrit par : P.A.R. + Laowai | 12 octobre 2009

Pas de nouvelles: je pense qu'il a dû zigouiller François Marie Arouet et qu'il est en train de lui vider sa cave.

Écrit par : Richard Lenoir | 13 octobre 2009

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