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26 octobre 2009

Connecter, déconnecter


Voilà deux verbes modernes, le second, déconnecter, attesté à compter de 1957, l’étant encore plus que le premier, qui est employé pour la première fois dans une lettre que le souverain de Prusse, Frédéric II, grand écrivain français, a adressée à Voltaire : « Je vous enverrai la traduction du Traité de Dieu, de l’âme et du monde par Wolf, dès qu’elle sera achevée ; et je suis sûr que la force de l’évidence vous frappera dans toutes les propositions qui se suivent géométriquement et connectent les unes avec les autres comme les anneaux d’une chaîne », dans laquelle ce verbe, emprunté du latin conectere, « lier ensemble », « relier », se rapporte, non pas comme dans la langue actuelle, à des réalités matérielles, machines, lignes électriques, tuyaux, ordinateurs, serveurs, etc., mais à des réalités conçues par les hommes : idées, propositions, thèses, hypothèses…

Le mot est rare. Sébastien Mercier, dans sa Néologie (1801), le tient pour un néologisme. Barré est le premier lexicographe à l’enregistrer comme un « terme didactique » en 1842 dans son Complément au Dictionnaire de l’Académie française, le définissant en termes vagues : « être en connexion » et l’illustrant d’un fragment de l’extrait de Frédéric II : « Toutes les propositions connectent les unes avec les autres, a dit le grand Frédéric ». Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) le recense aussi, se contentant de répéter la définition de Barré : « terme didactique, mettre en connexion ; se connecter, verbe réfléchi, avoir de la connexité », qu’il illustre de la citation de Frédéric II. Mais les académiciens l’ignorent dans les sixième (1832-35), septième (1879), huitième (1932-35) éditions de leur dictionnaire. C’est à partir de 1929 que le verbe s’emploie dans le vocabulaire de l’électricité. Après avoir eu pendant près de deux siècles un sens figuré (les propositions connectent les unes avec les autres comme les anneaux d’une chaîne), il prend un sens propre, qui est défini ainsi dans le Trésor de la langue française (1971-94) : « électricité, établir une ou plusieurs liaisons entre différents organes ou machines grâce à des conducteurs électriques ». Le premier exemple se rapporte à l’électricité, le second aux ordinateurs : le conjoncteur-disjoncteur connecte automatiquement la batterie aux bornes de la dynamo (1951) ; si par exemple une question est achevée au milieu de la nuit, la machine se connecte automatiquement à un autre problème (1957), mais aucun des deux n’illustre les emplois actuels, ceux d’un ordinateur relié à un autre ordinateur, à un serveur et à un réseau, ou au réseau des réseaux, que tous les « connectés » de la toile connaissent. Même dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, publiée à partir de 1994, le sens actuel, celui de l’informatique et du net, est à peine esquissé : « établir une connexion, un raccordement. Connecter deux lignes électriques, deux conducteurs. Un tuyau connecté à un réservoir ». Un moteur de recherche comme Google recense plus de 45 millions de pages consacrées à connecter, se connecter, connecter à, etc. Les grands dictionnaires du XXe siècle, le TLF et le DAF, ont été publiés il y a trop longtemps, moins de trente ans !, pour enregistrer les emplois modernes ou dernier cri de connecter. C’est dire si la langue évolue vite. Il en va de même pour le verbe déconnecter. Pour les rédacteurs du TLF, la définition en est : « enlever le raccord reliant deux appareils » ; « rompre la liaison électrique entre deux ou plusieurs éléments conducteurs » ; « séparer, désunir, soustraire d’un ensemble environnant, d’un circuit », tandis que les académiciens se contentent de « rompre une connexion » (déconnecter un circuit, un appareil). En moins d’une décennie, internet a favorisé la formation de milliers de mots nouveaux ou celle d’emplois nouveaux de mots anciens : connecter et déconnecter sont de ceux-là.

Commentaires

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Le Mâle bLANC ( beurk , super dégoutant )

( le MAL ???? ABSOLU ???? )

La PDGère du groupe de pollution nucléaire ( et politico-morale ) Areva a déclaré
tout faire pour éviter d'embaucher ( en EX- France )
des mâles blancs !

elle essaie d'avoir autre CHOSE

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Mâle

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mal
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Femelle
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Male / Female
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Écrit par : @@@ | 27 octobre 2009

Il me semble avoir dit hier sur cette antenne que, plus on est connectés (avec des câbles), moins on est en connexion (de pensée). Les parenthèses sont pour Monsieur Amédée; je suis sûr que François Marie aura compris sans elles. Chemin faisant, je me demande si ce même Monsieur Amédée a pu donner un coup de ciseaux dans la fibre optique qui passe par chez lui, ou si mon index a fourché sur la touche ENTER sous l'effet du sauvignon blanc, puisque le commentaire n'est pas passé. Je doute qu'on puisse accuser Monsieur Sarkozy de censure, puisque même les Chinois me laissent dire tout ce que je veux chez eux. Mais en ce monde tout est possible, même l'impensable. Raison pour laquelle il vaut mieux boire ma tasse de cacao et aller me coucher séant. Bonne nuit.

Écrit par : P.A.R | 27 octobre 2009

MINIPAIX


Dans "1984", George Orwell, immense écrivain anglais, décrivait un monde communisé, où le pouvoir s'exerçait grâce au mensonge considéré comme une vertu.

Le ministère de la guerre s'appelait ainsi "Minipaix" (ministère de la paix), et des slogans tels que "La Liberté c'est l'Esclavage", "la Guerre c'est la Paix, ou "Le Mensonge c'est la Vérité" étaient répétés à longueur d'années, dans l'espoir que les gens finissent par y croire.


autre ex :
la dépense ruineuse , c'est l'économie
Naboléon Sarko 1er

la folie des grandeurs , c'est l'équilibre

la corruption , c'est la morale

Écrit par : @@@ | 28 octobre 2009

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