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10 novembre 2009

Actualité

 

Si Arouet le Jeune était tenu de choisir un mot dans lequel se cristallise l'esprit de la modernité, il citerait sans doute actualité.

Le mot est relativement ancien. Dérivé du latin actualis, « qui agit, qui met en application », par opposition à dictum (qui est dit), il est attesté au milieu du XIIIe siècle et signifie « état de ce qui est mis en application », comme dans l'exemple suivant : « il ne convient pas que peur soit prouvée tant seulement par vantances ni par menaces, mais par l'actualité du fait ». Le fait est que, pendant trois siècles, du XVIe jusqu'au début du XIXe s, actualité tombe en désuétude : il ne s'en trouve aucune occurrence dans les œuvres écrites pendant cette période, si bien que les auteurs de dictionnaires l'ignorent. Il reste dans la langue savante actuelle quelque chose de ce sens ancien, que relèvent les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) : « en philosophie, qualité de ce qui est actuel ou actualisé, c'est-à-dire en acte et non en puissance » ou les académiciens (Dictionnaire de l'Académie française, neuvième édition, en cours : « en philosophie, qualité de ce qui, de virtuel qu'il était, est devenu actuel, existe en acte ».

C'était un mot de docteur en théologie de la Sorbonne ; c'est devenu à partir du XIXe siècle un mot de journaliste. Dans l'ancienne langue française, en usaient les philosophes, à bon ou à mauvais escient, qu'importe ; dans la NLF ou nouvelle langue française, il est propre aux media et au showbiz. A la question « quelle est votre actualité ? » posée par un animateur de talk show à un des chanteurs de variétés qu'il invite, il est répondu « un nouvel album » ou « un nouveau film ». L'actualité, c'est ce que le showbiz a à vendre. L'actualité, en philosophie ancienne, était le contraire de la virtualité ; dans le monde actuel, elle se confond avec la virtualité de la télé et des variétés.

 

Le mot, bien qu'il soit ancien, n'entre dans le Dictionnaire de l'Académie française qu'à compter de la huitième édition (1932-35), mais avec des sens modernes : « état de ce qui est actuel » et « faits qui se produisent dans le temps présent, dans quelque ordre que ce soit, ou faits très nouveaux, très récents, politiques, littéraires, artistiques, etc. », les académiciens précisant qu'entendu dans ce second sens, actualité « s'emploie indifféremment au singulier et au pluriel », comme dans ces exemples : « le souci de l'actualité est l'essence du journalisme ; un bon journaliste est à l'affût des actualités ; les actualités de la mode, du théâtre, etc. » Ces deux sens sont dans le Dictionnaire de la langue française (1863-77) : « état de ce qui est actuel » ; « chose actuelle », Littré mentionnant ce nom, mais à tort, comme on verra plus bas, comme un « néologisme ». Le premier grand lexicographe à en faire état est Barré, en 1842, dans son Complément au Dictionnaire de l'Académie. Pour lui, comme pour Littré, c'est un néologisme : « état de ce qui est actuel, de ce qui se rapporte directement aux choses dont les esprits sont le plus occupés, dans les circonstances actuelles », comme dans les deux exemples : « c'est une question brûlante, palpitante d'actualité » et « article, ouvrage plein d'actualité », qu'il cite, alors que, selon lui, « on a fort abusé de ces mauvaises locutions ».

Barré ne se doutait pas que l'abus n'a émousserait pas ces mauvaises locutions, mais leur donnerait plus de vigueur encore, comme l'attestent les assez longs articles qui y sont consacrés dans le Trésor de la langue française (1971-94) et dans le Dictionnaire de l'Académie française (neuvième édition, en cours). L'actualité, c'est même « l'intérêt actuel de quelque chose » (le progrès, une blague, la mode, des lettres, un débat, un problème) et, dans un sens collectif, « l'ensemble des faits tout récents et offrant un intérêt pour cette raison » ; au pluriel, ce sont les « informations, nouvelles, généralement brèves, récapitulant les principaux événements du moment (dans la presse, au cinéma, à la télévision, etc.) ». En 1842, Barré expédie la définition d'actualité en une courte phrase ; les académiciens, un siècle et demi plus tard, distinguent quatre sens, outre le sens philosophique ancien, cité ci-dessus : « caractère de ce qui est actuel, de ce qui appartient au moment présent » (l'actualité d'un sujet, d'un problème) ; « caractère de ce qui correspond aux préoccupations du moment » (l'actualité d'un roman ; cette question n'est plus d'actualité ; un sujet d'actualité) ; « ensemble des faits qui retiennent l'attention du public à un moment donné » (l'actualité politique, littéraire, sportive ; il s'intéresse peu à l'actualité) ; « au pluriel, informations données à la radio ou à la télévision » (les actualités régionales) et « spécialement, dans les cinémas, bande projetée en début de séance, qui évoquait en images les évènements les plus marquants de la semaine précédente ». Les définitions et les exemples qui les illustrent représentent assez fidèlement ce qu'est le monde moderne.

 

Commentaires

Part one: Arouet
Ma première épouse avait deux mots en horreur qui lui faisaient sortir les griffes: "intellectuel" et "moderne". Avec la distance que met le temps à toute chose, il faut reconnaître qu'elle n'était pas si mal que ça.

Part two: @@@
Ah ! les actualités au cinéma, Monsieur Amédée, suivies des pub Jean Mineur, "La Pie qui chante", etc. Toute une époque.

Écrit par : P.A.R. | 10 novembre 2009

c'est pour celà que j'aime souvent me réferer à l'anglais
( pour ses mots anglo-normands )
qui ont souvent ( par isolat ) gardé un sens plus ancien

ACTUALLY = éffectivement , réellement
--------------
CUCHON

REBEYNE ( grande )

Dévoirant

BISTANCLAQUE

AUBAINE ( droit d'... )

CATON

CLAPOTON

Mâchon

POTRON-MINET

Écrit par : @@@ | 10 novembre 2009

J'ai un bouquin intitulé "Dictionary of words origin" et , en le parcourant, il me laisse le sentiment que 50% du vocabulaire est d'origine françoise et que le reste se partage en patois néerlandophones et celtes.
Me trompé-je ?

Écrit par : P.A.R. | 10 novembre 2009

Absolument exact

pour comprendre le françAis
il faut comprendre l'AnglOis
( enfin , son étymologie : passionnant
il faut comprendre l ' HISTOIRE )
de même , j'apprend beaucoup sur internet

comprendre l' AnglOis permet de comprendre le FrançOis
( avec aussi latin et italien )

la deuxième grande origine est celle des cousins germains

Tiens , zum beispiel :
VAUXHALL lieu de Londinium
j'avais jamais fait le rapprochement

= VAUX Hall
la Halle de VAUX !!!!!!!!!!!!!!!!
( pas le pays de Vaux , qui vient de VALDO ( lyon ))

la place de mr DE VAUX noble normand éxécuté

les tours de la Tour de Londres

tour DEVEREUX
La mairie de Douvres = La Maison-Dieu
encore appelée ainsi en 2009

il en reste beaucoup , des Maison-Dieu en franchouillerie républicaine ???

Écrit par : @@@ | 11 novembre 2009

Voici un site absolument formidable

ETYM ON LINE étymologie de l'anglais

tout l'historique des mots analysés

les racines latines et germaniques
Quelle qualité


http://www.etymonline.com/


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Écrit par : @@@ | 11 novembre 2009

Comme ACTUALLY

il y a aussi le " faux-ami" EVENTUALLY
en anglOis = FINALEMENT
et non éventuellement
--------------------------------
Actualité
-------------------------------------
ACTUALISER
-
ACTUALISATION
----------------------------
éventualité
éventuellement

---------------------
conventuellement
------------------------
CARTEL ( parlementaire , acier etc.... )
------------------------------------
APATRIDE
-------------------------------------
ROSAIRE mot bien disparu quotidiennement
-------------------------------


Et pour les actualités ,
que penser des
FAUX SOUVENIRS

a ) d'un Chie rac ( préféré des veaux en 2009 ????????? mon oeil )
ses mémoires écrites tiennent beaucoup du Gâtisme de l'ALzheimer ???
Beaucoup d'oubli sur sa face noire
- mort suicide dans 30 cm d'eau du ministre Boulin
- corruptionS avec 100 sssss
etc...

b ) inversement NABOT léon se souvient d'événements fAUX

il AURAIT été sur le mur de Berlin la nuit même de son ouverture ????
EN PSYCHIATRIE PSYCHOLOGIE IL Y A DES MOTS pour désigner ces faux souvenirs

en général , il y a une grosse pathologie sous-jacente .

Écrit par : @@@ | 11 novembre 2009

Et puis, les descendants anglais de Guillaume au Court-Nez, qui sont passés du Courtenay français au Courtney british. Il y en a encore tout plein comme ça.
A l'époque féodale, l'Europe dirigeante n'était qu'une grande famille issue de Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens, tous parents à un degré ou un autre. S'ils ne se mariaient pas entre eux, ils se faisaient la guerre pour des conflits d'héritage de droits seigneuriaux.

Écrit par : P.A.R. | 11 novembre 2009

Vous avez parfaitement raison. La chute du Mur signifiait à tort pour moi l'effondrement, la fin du système socialo-communiste. Il n'en est rien: on juste démoli une construction en béton armé et le totalitarisme est toujours plus présent dans notre société.

Écrit par : P.A.R. | 12 novembre 2009

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