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23 novembre 2009

Epidémie





Ce mot, emprunté du latin médiéval epidimia, lui-même emprunté du grec, est attesté à compter de la seconde moitié du XIIIe siècle, sous des formes variées : ypidime, epydimie, epydemie : « pestilence que les physiciens (les médecins) appellent ypidime » ; « Qui veut son corps en santé maintenir / Et résister à mort d'épidémie, / Il doit courroux et tristesse fuir, / Laisser le lieu où est la maladie » ; « supplier (Dieu) qui lui plaise faire cesser la mortalité et épidémie » ; « si se logea en la cité, de lez la ville, pour fuir la pestilence de ipedimie, qui cette année avait couru parmi Arras ».

Furetière (Dictionnaire universel, 1690) est le premier lexicographe à enregistrer le mot, composé d'epi et de démos, populus, peuple, composition que les encyclopédistes (1751-64) analysent ainsi : « le mot grec est formé d'épi, dans ou parmi, et de démos, peuple ». La formation et surtout la présence dans le mot de démos de démocratie ou de démagogie sont expliquées ainsi : « ce nom vient de ce que ces maladies sont communes à toutes sortes de personnes, de quelque sexe, âge et qualité qu'elles soient, provenant d'une cause générale. Les Latins les appellent populaires. Elles sont opposées à celles que les médecins appellent sporadiques, qui sont éparses çà et là, et qui ont des causes particulières ».

Dans les dictionnaires modernes, le mot est défini le plus objectivement possible, froidement, presque scientifiquement. Ainsi dans le Trésor de la langue française (1971-94) : « augmentation inhabituelle et subite du nombre d'individus atteints d'une maladie transmissible existant à l'état endémique dans une région ou une population donnée » ou « apparition d'un nombre plus ou moins élevé de cas d'une maladie transmissible n'existant pas normalement à l'état endémique dans une région donnée », et dans la neuvième édition (en cours de publication) du Dictionnaire de l'Académie française : « apparition et propagation d'une maladie contagieuse qui atteint en même temps, dans une région donnée, un grand nombre d'individus et, par métonymie, cette maladie elle-même ». Les grandes peurs sont passées ; les médecins ont isolé les virus ou les bacilles de ces maladies ; ils y ont trouvé des remèdes ; ces grandes maladies, qui pouvaient en quelques années, faire disparaître la moitié de la population d'un pays ou anéantir des familles entières, sont désormais vaincues. D'ailleurs, les rédacteurs du Trésor de la langue française ne citent pas d'exemple qui fasse peur ou qui transpire la peur, sinon des exemples qui se rapportent au Moyen Age (les épidémies sont un fléau; mais elles ne sont pas les seuls maux dont les vivants soient menacés dans leur chair) ou à des pays lointains : « les centres endémiques du typhus et de la fièvre récurrente correspondent à des foyers permanents de saleté ou de misère. Quant aux grandes épidémies que causent parfois ces maladies, elles éclatent lorsque des perturbations économiques viennent rompre les habitudes d'hygiène qu'a peu à peu créées la civilisation moderne ». Il n'est même pas cité la peste, ni le choléra parmi les exemples d'épidémies. Les académiciens les citent, mais en les situant dans des époques éloignées : « de grandes épidémies de peste, de choléra ont ravagé l'Europe du Moyen Âge ». Il en allait tout autrement dans l'ancienne langue, où le mot épidémie fait peur (cf. ci-dessus des extraits d'auteurs des XIIIe, XIVe, XVe siècles), sans doute parce que les causes du phénomène ne sont pas connues ou sont incompréhensibles et généralement dues à la colère de Dieu, si bien que l'on sacrifiait quelques boucs émissaires dans l'espoir de faire cesser le mal. La peur transpire chez Furetière (1690) : « mal contagieux qui se communique de l'un à l'autre, comme la peste, le scorbut, la vérole. On appelle proprement épidémie la peste, lorsqu'elle vient par la corruption de l'air, qui fait mourir bien du peuple en peu de temps » et l'ignorance chez les académiciens : « (le mot) se dit de toutes sortes de maladies populaires et contagieuses » (1694, 1718, 1740) ; « terme de médecine, attaque générale ou populaire de quelque maladie qui dépend d'une cause commune et accidentelle, comme l'altération de l'air ou des aliments » (1762, 1798).

L'Encyclopédie (1751-64) de d'Alembert et Diderot, grand dictionnaire des Lumières, n'échappe pas à la peur et à l'ignorance : « (médecine), maladie qui affecte presque en même temps et dans un même lieu un grand nombre de personnes de quelque sexe, âge et qualité qu'elles soient, avec les mêmes symptômes essentiels, dont la cause réside le plus souvent dans les choses desquelles on ne peut pas éviter de faire usage pour les besoins de la vie, et dont le traitement est dirigé par une même méthode » ; et « les différentes causes des épidémies, qui sont dans l'air, dépendent quelquefois du vice de ses qualités sensibles et manifestes, telles que la chaleur, le froid, l'humidité, la sécheresse, etc. D'autres fois l'air, en pénétrant le corps humain (...), y porte avec lui et applique à diverses parties certains miasmes d'une nature inconnue, qui produisent cependant les mêmes effets dans toutes les personnes affectées, comme on le voit dans la peste, dans la petite vérole (...) Les aliments, comme causes communes, sont souvent aussi, par leur nature, la cause des maladies populaires (...) ». Les remèdes sont à l'image des causes supposées : « pour s'en préserver, on doit soigneusement éviter tout ce qui peut contribuer à arrêter l'insensible transpiration, et pour cela ne pas s'exposer à l'air froid du matin ou du soir, ne se livrer à aucun exercice violent, ne vivre que d'aliments de facile digestion, et user des choses propres à fortifier, à entretenir la fluidité des humeurs, favoriser les secrétions et excrétions ».


Les progrès de la médecine ont peu à peu atténué les peurs, si bien que le mot épidémie a été extrait de cet usage médical pour désigner des réalités « morales » ou « intellectuelles » qui ne sont pas des maladies, mais qui se répandent rapidement. Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788) est le premier à noter ce nouvel emploi : « depuis peu on l'emploie au figuré », comme dans cet extrait de l'Année littéraire : « il semble que l'épidémie philosophique commence à gagner les provinces, et que les candidats, qui y briguent les palmes académiques, suivent l'exemple de ceux qui aspirent à celles de la capitale ». Dans les cinquième et sixième, septième, huitième éditions (1798, 1832-35, 1879, 1932-35) du Dictionnaire de l'Académie française, l'emploi figuré est illustré d'un seul exemple : « on dit figurément il y a des épidémies morales » et « il se dit quelquefois figurément, dans le langage ordinaire : l'engouement est général, c'est une épidémie, c'est une véritable épidémie ». Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) s'efforce d'expliciter l'analogie qui suscite le sens figuré : « ce qui s'empare des esprits comme l'épidémie s'empare des corps », citant des extraits de Rousseau (« il est pour ainsi dire des épidémies d'esprit qui gagnent les hommes de proche en proche comme une espèce de contagion »), de Diderot (« cent orateurs fameux sous le seul règne d'Auguste ! quelle épidémie ! »), de Raynal (« l'épidémie des croisades eût entraîné les Français loin de leurs frontières »). Il faut attendre la neuvième édition du DAF (en cours de publication) pour que le sens figuré ne soit pas seulement constaté et soit enfin défini : « extension rapide et fâcheuse d'un phénomène, comme par l'effet d'une contagion » (exemples : une épidémie de suicides, de divorces, et ironiquement, une épidémie de néologismes).

Quant aux rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94), ils distinguent le sens étendu du sens figuré, distinction qui semble spécieuse, comme on peut le constater. Par extension, une épidémie consiste en une « multiplication considérable de cas de toute maladie (transmissible, carentielle ou autre, intoxication) ou de tout autre phénomène biologique ou social (accident, divorce, suicide, etc.) ». Au figuré, « en parlant de tout autre phénomène humain jugé comme un mal collectif », une épidémie est « ce qui touche rapidement et dans un même lieu un grand nombre de personnes en se propageant comme une épidémie ». Les synonymes en sont contagion, engouement, entraînement, mode et les exemples : « se sentir atteint par cette épidémie morale, qui propage dans les peuples la puissante folie des pensées collectives, le souffle de la guerre ! » (Rolland, 1909) ; « l'épidémie de destruction née du siège de Paris » (Zola, 1892).

Quoi qu'il en soit, en un peu moins de trois siècles, ce mot a perdu toute la charge d'angoisses et de craintes dont il était chargé. Jadis, c'était la peste qu'il désignait ; aujourd'hui, ce sont les divorces ou les modes.


 

Commentaires

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emphytéose

emphytéotique
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grand outil pour don définitif du sol français
( sans son accord ) donc dépossession d'un part du sol pour des mosquées
( qui deviennent terre d'islam )


http://fr.wikipedia.org/wiki/Bail_emphyt%C3%A9otique

Écrit par : @@@médée | 23 novembre 2009

1 événement
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2 évènement
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3 prud'hoMMe
4 prud'hoMal
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déchéance
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acabit
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compendium
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pion
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bourrage ( crâne , urnes )
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titulus
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nazillon : ( hurleuse radiophonique )
- des bagarres actuelles en picardie , au collège
sont entre
" des beurs ( certainement victimes agressées ,
sympathiques , agréables en éducation ; le mot ne dit pas s 'ils sont nationaux-socialistes )

et des NAZILLONS
( désignant donc apparemment les autres ,
picards ou immigrés non beurs )

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ceux-ci , qui se défendent en france , sont donc des
" nazillons "
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puisqu'ils ne subissent pas
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le résistant est donc devenu un nazillon
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Jean Moulin était donc un nazillon
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Écrit par : @@@médée | 23 novembre 2009

Devant toute cette agitation, j'aurais tendance à suivre l'attitude de Zhuangzi (Tchouang-Tseu) dans sa réponse à l'Empereur Jaune au sujet de la situation politique: "去你的" (je m'en fous).

Écrit par : P.A.R. | 23 novembre 2009

pas de problème

votre ( comment déjà ? ) Lao-Tseu
m'instruit toujours .


merci de me mettre aussi un peu
d'Almanach du vieux savoyard .

vous êtes bien taiseux à ce sujet
je suis en train d'en ranger l'exemplaire 2006
tiens , expressions

bazotter

brosse à rizette

borter

clair

déguiller

enquiller

niâre

se luger

on pêcheu,na pissa,na pissa, le pêcheu na p'chè
na chûta
on péhi
on p'chu
on péssal
na d'eeuê

Écrit par : @@@médée | 23 novembre 2009

A 80% celles que l'on entend ici: c'est du franco-provençal ou Arpitan parlé en France, en Suisse et en Italie. Si le coeur vous en dit, il existe une wikipedia en Arpitan, où vous pourrez enrichir votre vocabulaire:
http://frp.wikipedia.org/wiki/Re%C3%A7ua

Écrit par : P.A.R. | 23 novembre 2009

Arvâ

va y avouer' un epidemia de vaccination!

Écrit par : @@@médée | 23 novembre 2009

Quand on ne vaccine pas, on vaticine. Ce n'est jamais fini.

Écrit par : P.A.R. | 23 novembre 2009

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POTUS
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déglingue
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braconnage ( culturel pour animation multiculturelle )
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profaner ( pour Islam ou Juifs )

Simplement VANDALISER ( pour lieux chrétiens )
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atrabilaire
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duplicité ( bel exemple Sarkome..... )
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fascisant
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algarade
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spoliation
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SPALLIATION
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garce ( Gars ) / garçonne
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Camelote / Camelot
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espiègle Till EULENSPIEGEL ( Till miroir de chouette ) = Spéculum ( spiegel ) Journal Der Spiegel
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satrape
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argousin
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démotique
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hiératique
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dictatorial
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électorat
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Oumma
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topocinèse
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boum boom
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suffètes
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rentier
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douet
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escourgeon
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avers
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analytique
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analyticien
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gallus
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chinoiserie -- chinoiser
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chiner
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turquerie pas de = turquoiser
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guigne
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insouciance
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1 événement -------
2 évènement ?????????? WHY ???

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PURGE PURGER
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INFERER pas de = infération pourquoi ?????????
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HOURVARI
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PANTALONNADE
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IMPROMPTU ( homeless people formed an impromptu tent city )
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acquêt
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typologie classifiante
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Écrit par : @@@médée | 25 novembre 2009

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