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05 décembre 2009

Gabarit




Le mot est emprunté du provençal, langue dans laquelle il a pour sens « modèle de construction d'un vaisseau ». Le mot est sans doute d'origine alémanique ou néerlandaise. Il est attesté en français dès le milieu du XVIIe siècle. Furetière (Dictionnaire universel, 1690) le définit ainsi : « terme de marine, modèle de charpente qu'on fait pour montrer la construction du vaisseau et pour en prendre les mesures, qui représente toute la figure du vaisseau en petit. On le nomme autrement calibre ou modèle », définition que reprend Thomas Corneille (1694, Dictionnaire des arts et des sciences) : « terme de marine, modèle d'un vaisseau, qui avec des pièces de bois fort minces représente la manière dont il doit être construit, tant pour la longueur et la largeur, que pour le calibre de ses membres. On dit qu'un vaisseau est d'un bon gabarit pour dire, qu'il est bien coupé et que la construction en est bonne ». Il entre dans le Dictionnaire de l'Académie française à compter de la quatrième édition (1762) : « terme de marine, modèle de construction sur lequel les charpentiers travaillent, en donnant aux pièces de bois qui doivent entrer dans la composition du vaisseau, la même forme, les mêmes contours et les mêmes proportions en grand, que ces pièces ont en petit dans le modèle » (1762, 1798, 1832-35).

De la marine, le mot s'étend à l'armée de terre. Barré (Complément du DAF, 1842) note cette extension : « (art militaire), mot que l'armée de terre a emprunté à la marine pour l'appliquer à la contenance des caissons de vivres, à leurs dimensions et à leurs formes » ; Littré aussi (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) : « terme militaire, mot qui, passant de la marine à l'armée de terre, désigne la contenance des caissons de vivres, leurs dimensions, leurs formes ». Littré remarque aussi dans le Supplément (1877) que le mot est d'un usage fréquent dans l'industrie naissante : « ce mot, écrit-il, n'est pas seulement un terme de marine ; il s'applique d'une manière générale à toute pièce mince en bois ou en métal découpée ou façonnée suivant un profil qu'on doit reproduire. Ainsi, il y a des gabarits en tôle qui sont employés dans la fabrication des armes. Il y a des gabarits en bois qui servent à construire les gabions. Il y a même des gabarits en bois mince, en carton ou en papier qui servent de guides aux dessinateurs pour tracer des courbes ». L'extension est notée, mais avec prudence, dans le Dictionnaire de l'Académie française (septième édition, 1879) : « il se dit aussi de patrons de fer qui, dans les ateliers d'artillerie, servent pour la construction de diverses pièces, notamment des affûts », et avec plus de justesse dans la huitième édition (1932-35) : « il se dit également d'une dimension réglementaire, spécialement pour les véhicules » (le chargement de ce wagon est conforme au gabarit ; ce camion, cette voiture sont conformes au gabarit réglementaire) ; « il s'emploie enfin, dans beaucoup de métiers ou d'arts, pour désigner des appareils vérificateurs de formes et de dimensions déterminées » ; « il désigne aussi l'arceau sous lequel on essaie les wagons chargés pour s'assurer qu'ils pourront passer sous les tunnels ». L'article qui y est consacré dans le Trésor de la langue française (1971-94) est, si on le compare à celui de Littré, antérieur d'un siècle (terme de marine et terme d'art militaire), un de ces papiers de tournesol qui révèle ce qu'est la modernité - essentiellement de la technique. Le gabarit est « dans de nombreux corps de métiers, un modèle en bois, en métal, ... servant à vérifier les dimensions d'un objet » (gabarit du chaudronnier, du forgeron, gants de caoutchouc découpés d'après des patrons ou gabarits de dimensions un peu plus grandes que la main humaine). C'est aussi un « appareil vérificateur de formes ou de dimensions » et dans les chemins de fer, un « arceau sous lequel on fait passer les wagons chargés pour vérifier si leurs dimensions sont réglementaires ». La chose devient si commune que le mot s'étend aux bureaucraties et désigne, par métonymie, la « dimension réglementaire et imposée, notamment d'un véhicule », et qu'il s'applique aux êtres humains, comme si ceux-ci devaient se conformer à un moule industriel : « familier (en parlant d'une personne), dimension physique, corpulence ».

Le succès du formatage se lit dans les dictionnaires du XXe siècle. En 1762 (quatrième édition du DAF), gabarit n'était qu'un « terme de marine »; aujourd'hui (neuvième édition du DAF, en cours de publication), il se rapporte aux choses de l'industrie, aux règlements administratifs et aux êtres humains (« modèle en grandeur réelle d'une pièce de charpente, servant de patron pour la construction du bâtiment » ; « modèle, forme permettant de reproduire des pièces, des objets ou de vérifier les dimensions de certaines pièces, de contrôler le profil de certains éléments d'un ouvrage » ; « taille, dimension règlementaire d'un véhicule d'une catégorie donnée » ; « familier, taille, corpulence d'une personne » (il a un gabarit imposant ; c'est un grand, un petit gabarit, une personne de grande, de petite taille).

 

Commentaires

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y-a-t'il un lien avec les
GABARES ou GABARRES
de la Loire ou autres fleuves , bateaux à fond plat
( beau musée à Cosne-Cours-sur-Loire 58 , belle gabare ) ?

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dans ce cas sur internet ( wiki ) je vois notée une origine grecque
KARABOS ??
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d'autres gabares ( pas de fond plat ) ont permis la découverte de l 'australie et le voyage de Dumont d'Urville
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ne pas confondre
GABARIT et GARABIT ( beau viaduc Eiffel )
ni : glisser dans la piscine ...
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ACABIT
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Écrit par : @@ | 06 décembre 2009

Les dictionnaires indiquent : "emprunt à l'aancien provençal gabarra, guabarra « bateau plat à voiles et à rames » (1379-82, Livre de Vie de Bergerac), lui-même probablement emprunté, comme l'espagnol gabarra (XVe s.), au basque Kabarra, issu avec métathèse du latin tardif "carabus", qui désigne une « barque recouverte de peaux » (cf. caravelle)"

Écrit par : Arouet le Jeune | 06 décembre 2009

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