Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12 décembre 2009

Drogue

 

 

L'origine de ce mot n'est pas établie. Les grammairiens du XVIIe siècle le tenaient pour persan : « Ménage après Saumaise dérive ce mot de droga, qui a été fait du persan droa, signifiant odeur, parce que les drogues aromatiques ont beaucoup d'odeur » (Furetière, Dictionnaire universel, 1690). Selon Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77), « les étymologistes anglais tirent drug de l'anglo-saxon dryge, « sec » ; Frisch et Diez tirent le mot roman du hollandais trook, « sec » (dryge et trook sont le même mot) ; de sorte que la drogue serait la chose séchée, la plante séchée, etc. pour les usages de la pharmacie. On a, dans le celtique, kimry drwg, bas-breton droug, drouk, irlandais droch, qui expriment en général tout ce qui est mauvais, mais qui, rendant compte du sens de chose mauvaise, ne rendent pas compte du sens d'ingrédient. La série des significations paraît être ingrédient, et, comme les ingrédients pharmaceutiques sont souvent fort désagréables, chose mauvaise ». Les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) évoquent d'autres pistes : « parmi de nombreuses hypothèses, les plus vraisemblables le font remonter soit au moyen néerlandais droge vate, « tonneaux secs », d'où, par substantivation, droge étant pris pour la désignation du contenu, « produits séchés ; drogues » ; soit à l'arabe durawa, « balle de blé », cette dernière proposition faisant problème du point de vue phonétique et sémantique ». On ne saurait mieux dire. Laissons les étymologistes à leurs étymologies et venons-en aux faits.

Alors que le dérivé droguerie est attesté au XIVe siècle, le nom drogue ne l'est que dans la seconde moitié du XVe siècle, en 1462 exactement, et au sens « d'ingrédient qui sert à la teinture, aux préparations chimiques et pharmaceutiques ». C'est ce sens qui est relevé par Furetière (op. Cit., 1690) : « terme général de marchandise, d'épiceries de toute sorte de nature, et surtout des pays éloignés, lesquelles servent à la médecine, aux teintures et aux artisans, comme séné, casse, mastic, borax, alun, brésil, sandaraque, etc. », ce à quoi il ajoute : « les apothicaires doivent avoir dans leur boutique toute sorte de drogues ». Au XVIe siècle (1568), le mot prend le sens, souvent péjoratif, de « remède, produit pharmaceutique » - sens qui relève Richelet, dans le Dictionnaire français des mots et des choses (1680) : « tout ce qui sert à purger », droguer signifiant « purger avec des drogues » (exemples : « elle drogue ses enfants ; c'est un homme qui se drogue continuellement »). En 1668, dans L'Avare de Molière, est attesté ce sens-ci : « personne, chose dont on fait peu de cas », que Furetière (1690) glose ainsi : « drogue se dit aussi des choses de peu de valeur qu'on veut mettre en commerce » (« le fonds dont ce marchand se veut défaire n'est que du rebut, ce n'est que de la drogue ; on dit proverbialement qu'un homme sait bien faire valoir sa drogue, pour dire qu'il est charlatan, qu'il sait vendre cher de mauvaise marchandise »). Dans le Dictionnaire de l'Académie française, de la première édition (1694) à la huitième édition (1935), ces deux sens sont exposés : « sorte de marchandises que vendent les épiciers et qui sert principalement à la médecine » (le séné est une drogue qui entre dans la composition de la plupart des remèdes) ; « drogue se dit encore figurément de ce qui est mauvais en son espèce » (j'ai donné de bon argent, et il ne m'a donné que de méchantes drogues), de même que les encyclopédistes (1751-64 : « terme de commerce qui se dit généralement des épices, et autres marchandises qui viennent des pays éloignés, et qui servent à la médecine, à la teinture, et aux arts »), Féraud (Dictionnaire critique de la langue française, 1788 : « nom commun à toute sorte d'épiceries ; sorte de marchandise que vendent les épiciers, et dont le plus grande partie sert à la médecine »), Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77 : « nom générique des ingrédients propres à la teinture et à la chimie » ; « nom générique des matières premières avec lesquelles les pharmaciens préparent les médicaments » ; « ce qui est mauvais en son genre »).

Ces sens-là, « ingrédient naturel (organique ou inorganique) employé en chimie, en pharmacie, en teinturerie, en épicerie, dans l'économie domestique », ont disparu. Dans le Trésor de la langue française (1971-94), ils sont tenus, à l'exception de « remède », pour vieux. Le sens moderne, à savoir « stupéfiant », est attesté pour la première fois en 1913 chez Colette. Il est glosé ainsi dans le Trésor de la langue française (1971-94) : « produit stupéfiant ou hallucinogène, comme la marijuana, la mescaline, le L.S.D., le haschisch, l'héroïne, l'opium, la cocaïne, dont l'usage peut conduire à l'intoxication, l'accoutumance et la toxicomanie », de même que dans la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie française (en cours de publication) : « généralement au singulier : la drogue, nom donné à l'ensemble des substances naturelles ou synthétiques, comme la cocaïne, la morphine, l'héroïne, les dérivés du chanvre indien, les amphétamines, dont certaines sont utilisées en thérapeutique, mais dont l'usage illégal et répété, à la recherche d'une évasion du réel, crée la dépendance et conduit à la toxicomanie ». Exemples : les drogues peuvent avoir des effets hallucinogènes ou stupéfiants ; drogue dure, drogue douce, dont les effets immédiats sont plus ou moins graves ; l'accoutumance aux drogues douces peut conduire à l'usage de drogues dures ; la vente de la drogue est strictement règlementée dans la plupart des pays ; les fabricants, les trafiquants de drogue ; la douane a saisi une cargaison de drogue.

La drogue était un ingrédient d'épicier ou de teinturier ; c'est devenu un poison vendu, et cher, par des trafiquants pour abêtir ou asservir un peuple. C'est du moins ce qu'en pense le grand cinéaste afro-américain, Spike Lee.

 

 

 

Commentaires

---------------------

Biture ( une bonne )
---------------------------

Biturige
----------------
claboter

Écrit par : @@ | 12 décembre 2009

---------

en anglais le mot DRUG
reste utilisé pour le sens de médicament
----------------
le Drugstore = magasin légal
------------------------
nous avions aussi les DROGUERIES
-----
de mon enfance , presque toutes détruites par la
" Grande distribution" ( et leur abandon par la population baby-boomer 68tarde consommatrice des 100 000 produits toxiques nouveaux )
-------------------------------
DRUGSTORE
DROGUERIE
FUMERIE
------------

Grande distribution !!

inconsciemment , aura bien illustré cette phase de
" distribution "
( dis fonction ???? )
détournement de tribut ???
GRANDE ATTRIBUTION ?? ' des zaquis sociaux ???
grande destruction ??
DISTRIBUTION Grande !!

grand détournement ( social , ethnique , religieux .... )

les publicités , slogans , livres , films etc.
inconsciemment expriment souvent très bien une société
------------------------------

Écrit par : @@ | 12 décembre 2009

Apothicaire
apothicairerie
----------

apothicaire
DROGUISTE
C'est tellement plus CHOUETTE que Pharmacien

POTARD

toujours le français en évolution !

j'aime ces langues qui ont conservé leurs mots
APOTEKER
apotheker

Barbier ( barbirrr)

ils faut souvent s'y réferer pour comprendre le fransé

----------------
Carabin
mot en disparition d'usage
----------------

Écrit par : @@ | 12 décembre 2009

Ma vie n'a jamais été le même après le jour où j'ai décidé d' apprendre l'espagnol. Je me suis donné une multitude de possibilités dans la vie qui n'auraient jamais existé si je n'avais pas décidé de tirer le maximum de mon temps et apprendre une nouvelle langue . Pour tous ceux qui sont intéressés à étudier une langue étrangère, ce site offre des informations qui vont beaucoup se révéler utile dans de parler couramment une nouvelle langue : Qu'est-ce langue à apprendre .

Écrit par : ANDRES2 | 26 octobre 2011

Les commentaires sont fermés.