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13 décembre 2009

Stupéfier, stupéfiant, stupéfait

 

Emprunté au latin stupefacere, verbe dont le sens est « étourdir, paralyser », et francisé en stupéfier, ce verbe est attesté, comme terme de médecine à la fin du XVe siècle, dans un sens qui est celui du latin : « terme dogmatique, engourdir » (Dictionnaire de l'Académie française, 1694 : exemple, cette fluxion lui a stupéfié le bras), le sens figuré, « étonner », étant attesté à la fin du XVIIe siècle, ce que notent les académiciens : « engourdir, étonner, rendre immobile » (1762, avec cette remarque qui est sans doute inappropriée : « il n'est que du discours familier » ; et 1798 : « engourdir, étonner, rendre immobile », avec cet exemple qui préfigure les emplois futurs du participe présent : le propre de l'opium est de stupéfier). En 1798 (cinquième édition), les académiciens ajoutent : « il se dit figurément pour causer une grande surprise » (cette nouvelle l'a stupéfié ; ce discours stupéfia toute la compagnie). Malgré les siècles, ce verbe est resté d'une étonnante stabilité sémantique, les auteurs de dictionnaires continuant à y distinguer deux acceptions, comme Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) : « terme de médecine, diminuer, suspendre le sentiment ; le propre de l'opium est de stupéfier » et « figuré, causer une grande surprise ; ce discours stupéfia toute la compagnie » ou comme les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) : « médecine, pharmacie, plonger dans l'engourdissement, l'hébétude par une action sur les centres nerveux » et « remplir d'un étonnement extrême, provoquer une grande surprise ».

Ce qui justifie sa présence dans ce dictionnaire de la NLF, ce sont les emplois des adjectifs stupéfait et stupéfiant.

Stupéfiant est attesté à la fin du XVIe siècle comme terme de médecine, défini ainsi dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie française (1694) : « terme dogmatique, qui stupéfie », id est « qui engourdit » (exemples : remède stupéfiant ; eau stupéfiante) et dans la sixième édition (1835) : « terme de médecine, qui stupéfie » (qui engourdit), illustré par le même emploi remède stupéfiant, les académiciens ajoutant qu'il « s'emploie aussi substantivement » (tous les narcotiques sont des stupéfiants). Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) est le premier à noter le sens figuré, qu'il ne glose pas : « figuré, c'est stupéfiant », que les rédacteurs de la huitième édition du Dictionnaire de l'Académie française (1932-35) glosent ainsi : « il signifie, dans le langage courant, qui cause une grande surprise » (une nouvelle stupéfiante). Le sens moderne, attesté à compter de 1913, est exposé ainsi dans le Trésor de la langue française (1971-94) : « substance toxique qui agit sur le système nerveux en provoquant un effet analgésique, narcotique ou euphorisant dont l'usage répété entraîne une accoutumance et une dépendance » et « généralement au pluriel, domaine administratif et juridique, produit naturel ou synthétique dont l'usage est sévèrement réglementé tant dans sa prescription médicale que dans son emploi, afin de contrôler et d'interdire le trafic de ces produits et leur usage conduisant à la toxicomanie ».

Quant à stupéfait, attesté en 1655, il est tenu ou bien pour un adjectif, emprunté au latin stupefactus, ayant le sens de « que l'étonnement, la surprise met dans l'impossibilité de réagir immédiatement » ou de « qui marque la stupéfaction, la surprise », ou bien, comme en jugent les rédacteurs du Trésor de la langue française (op. Cit.), pour le participe passé d'un verbe qui serait stupéfaire et qui ne serait usité qu'aux temps composés et au passif, comme dans ces extraits de Colette : « la plupart de ces petites filles de paysans avides ou d'ouvrières adroites ont d'ailleurs le don de l'arithmétique à un point qui m'a souvent stupéfaite » (1900) ou de Flaubert : « il fut stupéfait par leur exécrable langage, leurs petitesses, leurs rancunes, leur mauvaise foi » (1869), formes que la plupart des grammairiens tiennent pour des emplois fautifs du verbe stupéfier.

 

 

Commentaires

1 des mots

2 ce que je ne comprend pas
qui peut déboucher ma cervelle arriérée
serf , esclavage ( a - des noirs b des blancs )

http://decadence-europa.over-blog.com/article-mots-41070143.html

Écrit par : @@ | 13 décembre 2009

en médecine , le terme ne reste utilisé ( que très peu ) , uniquement en psychiatrie

la Stupeur ( mélancolie etc.. ) ou en médecine de catastrophe ( stupeur post choc ... )

plus du tout en médecine des organes

Écrit par : @@ | 13 décembre 2009

Mon amical message à Marie-Jeanne. Vous transmettrez.

Écrit par : P.A.R. | 14 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.