Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20 décembre 2009

Apothicaire

 

En latin, ăpŏthēca (emprunté du grec apotheke, « magasin ») est une pièce où sont rangées des provisions, un cellier, une cave et celui qui était chargé de gérer ces provisions, le magasinier, était l'ăpŏthēcārĭus. Au Moyen Age, ce nom latin désigne celui qui prépare les médicaments. Au milieu du XIIIe siècle, apothicaire, qui en est emprunté, est attesté au sens de « celui qui prépare et vend les drogues ». C'est ainsi qu'il est défini dans le Dictionnaire de l'Académie française dès la première édition (1694) : « celui dont la profession est de préparer les drogues pour la guérison des malades » (1718, 1740, 1762, 1798, 1832-35 ; Féraud, Dictionnaire critique de la langue française, 1788). Le mot est employé dans de nombreuses expressions figurées, qui sont toutes sorties de l'usage actuel : « on dit proverbialement un apothicaire sans sucre, pour dire un homme qui n'est pas fourni des choses qui regardent sa profession ; des parties d'apothicaire, pour dire des parties sur lesquelles il y a beaucoup à rabattre ; et faire de son corps une boutique d'apothicaire, pour dire prendre trop de remèdes ».

Dans la sixième édition du Dictionnaire de l'Académie française (1832-35), la définition d'apothicaire est suivie de cette remarque : « le mot de pharmacien est aujourd'hui plus usité ». C'est donc au début du XIXe siècle que les apothicaires ont cessé d'être appelés ainsi et se sont nommés pharmaciens : « pharmacien est présentement plus usité », écrit Littré dans son Dictionnaire de la langue française (1863-72), alors que les académiciens (huitième édition, 1932-35) définissent le mot à l'imparfait : « celui qui préparait et vendait des médicaments » et notent qu'il n'est plus employé que péjorativement : « il ne s'emploie plus que par dénigrement et il a été remplacé dans l'usage ordinaire par pharmacien », ce que confirment les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) : « péjorativement ou ironiquement, préparateur et vendeur de produits pharmaceutiques » (Homais, ce prince de la Bêtise de Madame Bovary, n'est pas pharmacien, mais apothicaire). Dans la neuvième édition (en cours de publication) du Dictionnaire de l'Académie française, la péjoration n'est pas mentionnée ; seule la désuétude l'est : « anciennement, celui qui préparait et vendait des médicaments ».

Dans le Dictionnaire Larousse du XIXe siècle, on peut lire cette explication-ci au lent discrédit de ce mot : « l'apothicaire faisant commerce de substances dont le vulgaire ignore complètement la nature et le prix, le mot apothicaire devint, pour le peuple, synonyme de trompeur ; de là l'emploi de ce mot en mauvaise part, et le plus souvent d'une manière ironique ». Il est sans doute une autre raison, de fond celle-ci. Dans L'Encyclopédie, dont d'Alembert et Diderot ont été les éditeurs (1751-64), un long article est consacré à l'organisation de cette profession dans le système de jurandes, maîtrises et corporations de l'Ancien Régime : « les apothicaires de Paris ne font avec les marchands épiciers, qu'un seul et même corps de communauté, le second des six corps des marchands. On conçoit aisément qu'une bonne police a dû veiller à ce que cette branche de la médecine, qui consiste à composer les remèdes, ne fût confiée qu'à des gens de la capacité et de la probité desquels on s'assurât par des examens, des expériences, des chefs d'œuvre, des visites et les autres moyens que la prudence humaine peut suggérer ». Et d'énumérer les règles qui régissent la profession : quatre ans d'apprentissage, six ans d'expérience auprès d'un maître apothicaire, examen des herbes à passer, préparations et mélanges devant un jury, examen des simples, métaux, minéraux et autres sortes de remèdes qui entrent dans le corps humain, être reçu maître et prononcer le serment, ne jamais utiliser des marchandises éventées, inspection par des « gardes » (apothicaires d'expérience) au moins trois fois par an, défense d'administrer aux malades des médicaments « sans l'ordonnance d'un médecin de la Faculté ou de quelqu'un qui en soit approuvé ». La Modernité commence avec le déterrement des cadavres du cimetière des Innocents et leur enfouissement dans les catacombes, avec l'église dédiée à sainte Géneviève transformée en Panthéon, avec la fin des corporations et surtout avec le triomphe de la Science, avec un grand S. Le XIXe siècle est le siècle de la science en gloire, de la science en majesté, de l'apothéose de la science. La « racine » grecque d'apothicaire a pour sens « magasin » ou « boutique » ; celle de pharmacien, « remède », « médicament ». Le premier mot fait boutiquier, le second fait sinon savant, du moins sérieux, et convient beaucoup mieux à la nouvelle profession, nouvelle parce que la loi Le Chapelier l'a libérée de l'organisation des métiers d'Ancien Régime, et que, désormais, les pharmaciens se forment à la Faculté, comme les médecins, dont ils deviennent les égaux, une fois le baccalauréat obtenu.

 

 

 

 

Commentaires

OSSUAIRE
p'tite photo d' vers chez moué
Kemmelberg et Catsberg

parc Yourcenar


http://www.flickr.com/photos/ href="mailto:21252309@N06">21252309@N06/4127846511/sizes/l/

évolution
-----------------

autodidacte
-----------------
déversoir
------------------
défouloir
-----------------------
engueulade
----------------------
forcing ( de Sarkozy ) pour "" refroidir la planète Terre
( de 2° = superprécis )
-------------------------
pagaille
--------------------
répondant ( un )
----------------------------
bévue
-------------------------
aviseur ( fisc)
------------------------
aviso
------------------------
aviser
----------------------------------

Écrit par : @ | 20 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.