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18 janvier 2010

Déraper, dérapage

 

 

Aujourd'hui, dans la France moderne, déraper, c'est blasphémer. Les « dérapages » verbaux (comprendre la libre expression d'une idée), c'est-à-dire les mots et les phrases qui s'écartent d'un millionième de millimètre de la doxa obligatoire, sont désormais des blasphèmes. Tout est donc blasphème. A peine un dérapage est-il dénoncé par un des grands inquisiteurs de la religion socialo-humanitaire que des hordes de journaleux, de médieux, de gros consciencieux du social, de grands manitous d'associations lucratives sans but, etc. clouent au pilori celui à qui est imputé le crime de blasphème - pardon, le délit de dérapage.

Ce verbe et le nom qui en est dérivé sont, on l'a compris, modernes, non seulement parce qu'ils se rapportent à la fièvre inquisitrice qui portent les discours accusatoires à ébullition, mais aussi parce qu'ils sont récents : déraper, terme de marine, est attesté d'abord en provençal dès le début du XIVe siècle et en français à la fin du XVIIe siècle à propos d'une ancre « qui, quoique mouillée, n'est plus fixée au fond et laisse dériver le vaisseau » (Barré, 1842, Complément au Dictionnaire de l'Académie française) ; dérapage, terme de marine, employé en 1832 par Balzac, entre en 1932-35 dans le Dictionnaire de l'Académie française (huitième édition). En provençal, le verbe, dérivé de rapar, « enlever », « saisir », a pour sens « arracher », « déraciner ». En français, il est un terme de marine, défini ainsi par Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) : « Terme de marine ; une ancre dérape quand, bien que mouillée, elle n'est plus fixée au fond et laisse dériver le vaisseau ; se dit aussi d'une ancre au moment où elle est arrachée volontairement du fond de la mer » et par les académiciens (1932-35) : « terme de marine ; en parlant d'une ancre, quitter prise sur le fond et faire dériver le navire ».

C'est à la fin du XIXe siècle (1896 et 1900) que le verbe et le nom s'appliquent par métaphore aux automobiles et aux bicyclettes, les roues étant comparées à une ancre qui dérape, emploi qui est expliqué ainsi dans la huitième édition du Dictionnaire de l'Académie (1932-35) : « il se dit aussi d'un véhicule dont une roue vient à se déplacer latéralement, par suite d'une insuffisance de son adhérence au sol, parce que celui-ci est glissant, ou que, dans un virage, la force centrifuge a exercé une action prépondérante » (la description du phénomène, admirable par sa précision, est de toute évidence l'œuvre d'un académicien qui aime conduire les véhicules à moteur), les académiciens notant que, « par extension », le verbe se dit de personnes : « le sol était glissant : j'ai dérapé ».

Dans la langue du XXe siècle, la métaphore de l'ancre qui, n'étant plus fixée au sol, laisse dériver un navire, s'étend aux véhicules de toute sorte, aux personnes et à d'innombrables réalités : en économie, aux prix et autres phénomènes économiques (Trésor de la langue française, 1971-94 : « échapper au contrôle des autorités, des dirigeants ; amorcer une évolution, un mouvement soudains aux conséquences fâcheuses » : les prix ne dérapent pas encore brutalement en hausse) ; en aéronautique (TLF : « glisser latéralement, notamment en exécutant un virage avec une inclinaison insuffisante » ; glissade sur l'aile, suivie d'un virage) ; dans les sports (TLF : « avancer en faisant glisser les skis transversalement par rapport à leur direction normale de déplacement »), les académiciens (DAF, neuvième édition, en cours de publication) notant les emplois dérapage contrôlé (« glissade latérale déclenchée volontairement par le pilote d'une voiture de course, par un skieur, etc., pour faciliter certaines manœuvres ») et dérapage des prix (« hausse des prix supérieure aux prévisions et incontrôlable »).

A partir du sens exposé dans ce grand dictionnaire progressiste et moderne en diable qu'est le Trésor de la langue française (CNRS, 1971-94), à savoir « échapper au contrôle des autorités, des dirigeants ; amorcer une évolution, un mouvement soudains aux conséquences fâcheuses », s'est développé, au cours des deux ou trois dernières décennies qui ont vu le triomphe des libertaires bobos, l'emploi qui fait de déraper et de dérapage des équivalents modernes de blasphémer et de blasphème. Les lexicographes actuels ne glosent pas cet emploi, sans doute par frilosité ou par peur d'égratigner leur bel univers parfait et sans escarres, se contentant de quelques notules : « (TLF) par métaphore, « le dialogue dérapait » (Toulet, 1920) et « on a beau se donner du mal, on glisse, on dérape, on retombe dans l'alcool qui conserve les vivants et les morts » (Céline, 1932) ; et « DAF (neuvième édition), figuré, le dialogue a dérapé sur un malentendu ». Il faut donc comprendre que les dialogues, débats, discussions, mots, phrases, discours, propos, etc. sont dits dérapages, à partir du moment où ils s'écartent de la vérité édictée par l'humanitairerie socialeuse, médieuse, journaleuse, consciencieuse, pleine de fric, associatieuse et toléranteuse.

 

Commentaires

MOTS ( liste à déchiffrer , merci mr Par POUR VOTRE RETOUR )

http://decadence-europa.over-blog.com/article-mots--41807517.html

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Écrit par : @@ | 19 janvier 2010

( Tabou , Motus et bouche cousue )

Génocide des français à HAITI

les réfugiés français en Louisiane
ayant échappé à l 'extermination totale des français , femmes et enfants inclus

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9fugi%C3%A9s_fran%C3%A7ais_de_Saint-Domingue_en_Am%C3%A9rique




http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9fugi%C3%A9s_fran%C3%A7ais_de_Saint-Domingue_en_Am%C3%A9rique

Écrit par : @@ | 19 janvier 2010

Mr PAR Vous auriez pas vu le vélo de """"l'écologiste """""" Noel Mamère vers Genève ???

http://www.youtube.com/watch?v=_DMwmJ0MXCs

comme il partait des fois en vacances sur les plages des antilles par avion , avec Voynet , ne l'a t _il pas perdu là-bas ???

http://www.youtube.com/watch?v=_DMwmJ0MXCs



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Écrit par : @@ | 19 janvier 2010

Je n'étais pas loin, je prépare mon départ en prévision du Grand Soir qui va nous tomber dessus dans peu de temps. Je le hume jour après jour, la fièvre monte, ça sent la mort. Une sorte de dérapage sociologique comme une éruption cathartique. Quittez l'Europe avant la tragédie !

Écrit par : P.A.R. | 19 janvier 2010

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