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14 février 2010

Physiologie

 

 

 

 

Le nom latin physiologia, qui désigne les sciences naturelles et la physique de l'époque, est emprunté du nom grec composé de physis, « nature, manière d'être », et de logos, « discours, récit », et qui a pour sens « recherche ou dissertation sur les choses de la nature ». Physiologie est attesté au milieu du XVIe siècle dans une traduction de Vitruve : « la nature des choses, que les Grecs nomment physiologie ». Au début du XVIIe siècle (1611), la physiologie est définie par Cotgrave comme la « partie de la biologie qui a pour objet l'étude des fonctions et des propriétés des organes et des tissus des êtres vivants » (1799, physiologie végétale ; 1808, physiologie comparée ; physiologie générale ; 1833, physiologie humaine ; 1835, physiologie animale). Très vite les auteurs de dictionnaires transforment la physiologie en une science appliquée ou une technique médicale - Furetière (Dictionnaire universel, 1690) : « partie de la médecine, qui apprend à connaître la nature par rapport à la guérison de l'homme » ; Thomas Corneille (1694, Dictionnaire des mots et des choses) : « partie de la médecine qui observe et considère la nature de l'homme par rapport à la guérison de toutes ses maladies » ; les encyclopédistes (1751-64, L'Encyclopédie) : « partie de la médecine qui considère ce en quoi consiste la vie, ce que c'est que la santé et quels en sont les effets » ; les académiciens (DAF, 1762 et 1798) : « partie de la médecine qui traite des parties du corps humain dans l'état de santé » (1762) et « partie de la médecine qui traite des principes de 'économie animale, de l'usage et du jeu des différents organes » (1798).

A partir de 1832-35 (sixième édition du Dictionnaire de l'Académie française), la physiologie redevient une science « qui traite des phénomènes de la vie, des fonctions des organes, soit dans les animaux, soit dans les végétaux » (exemples : physiologie animale, ou simplement, physiologie ; traité, cours de physiologie ; physiologie végétale). Littré adopte la conception nouvelle : « terme didactique ; science qui fait partie de la biologie et qui traite des fonctions des organes dans les êtres vivants, végétaux et animaux » (physiologie animale, physiologie végétale, physiologie comparée). Il distingue même la « physiologie générale » (« qui, sans faire d'application à aucune espèce vivante déterminée, traite d'une manière philosophique et abstraite des phénomènes de la vie ») de la « physiologie spéciale » (« qui, prenant pour sujet d'étude une espèce vivante distincte, décrit le mécanisme de la vie dans cette espèce seule »).

Terme doublement scientifique, par son étymon grec et parce qu'il désigne une science exacte, physiologie connaît un immense succès au XIXe siècle, siècle qui s'est désigné comme celui du triomphe de la science et qui ne fut que scientiste. Comme d'innombrables autres termes scientifiques, il s'étend à tout ce qui est social, pour former le vocabulaire des sciences sociales alors en gestation. A compter de 1825, il commence à désigner l'étude « d'un état moral ou intellectuel, d'une classe sociale ou d'une profession ... considérés comme typiques ». On écrit une Physiologie des passions, une Physiologie du mariage, une Physiologie des mœurs et du langage (des voleurs), une Physiologie de l'employé, une Physiologie du rentier de Paris. Le paupérisme, l'amour, l'argent, le député, l'écolier, le diable, etc. ont chacun sa physiologie. Les académiciens notent, au passé composé, dans la huitième édition (1932-35) de leur dictionnaire cet emploi déjà ancien : « par extension, ce mot s'est employé pour désigner des essais traitant de l'étude physique et morale de divers caractères, de diverses conditions, etc. ». Ce sens, qui fleure bon le scientisme des sciences sociales, à savoir « étude du fonctionnement d'un mécanisme politique, intellectuel, social » (notez les termes qui se rapportent à la mécanique : « fonctionnement », « mécanisme »), est tenu pour « vieilli » par les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94). Il est vrai que l'extrait qui illustre ce sens pue la naphtaline ou le formol, s'il est pris au premier degré : « (Pour le socialisme), l'économie politique, regardée par plusieurs comme la physiologie de la richesse, n'est que la pratique organisée du vol et de la misère », ou est lucidement prémonitoire, s'il est entendu ironiquement, le socialisme ayant montré des aptitudes inégalées dans l'organisation du vol et dans la fabrication de la misère. Dans la neuvième édition (en cours de publication) du Dictionnaire de l'Académie française, l'extension à la société de la physiologie est considérée comme close, étant renvoyée au XIXe siècle : « par analogie, vieilli, type d'étude qui s'attachait à décrire le fonctionnement d'un groupe social, d'un type humain, d'une institution, etc., et qui fut particulièrement en vogue au début du XIXe siècle ».

Parmi ces études, il y a la très fameuse et célèbre physiologie sociale, terme formé par Saint-Simon (non pas le duc, mais le comte), fondateur de la secte des saint-simoniens. Sainte-Beuve présente ainsi cette physiologie sociale : « espèce de travail minutieux et attentif (...), qui consisterait à chercher, même à travers les moindres rameaux, la circulation souvent insaisissable de chaque idée, à démontrer le cours de ce chyle subtil et nutritif jusqu'à un système de vaisseaux évident (...) » (1833). Les académiciens (DAF, neuvième édition, en cours) dévoilent le pot aux roses : « l'expression « physiologie sociale », créée par Saint-Simon vers 1813, a été reprise par Émile Durkheim pour désigner la sociologie ». Le gros mot est lâché : sociologie. La physiologie sociale est l'ancien nom de la sociologie et cet ancien nom a été en usage pendant le XIXe siècle. Au XIXe siècle, puisque les voleurs, l'argent, l'amour, l'employé, etc. étaient des objets de science, la société l'était aussi. Pourquoi pas ? Quand toutes les bornes sont franchies, il n'y a plus de limite. C'est de ce cloaca maxima qu'est sortie la sociologie, cette science des sciences, celle qui subsume toutes les sciences, la science de tout, la science sociale. Ce pedigree en dit plus sur la sociologie que tout traité savant.

 

 

 

 

Commentaires

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ACHARNEMENT judiciaire thérapeutique

AHURI

AHURISSEMENT


acharné

décharné

KIT

AGITATEUR

PHILOSOPHE nouvelle définition bHL BOTUL

EXECUTION ( criminelle de BASTIEN-THIRY )

in extremis ( et autres expressions latines ) évolution de leur disparition massive de la lingua Franca ( à mon avis ) et de leur ignorance quasi-généralisée

liste des expressions " survivantes "

CORTèGE

PASSABLE PASSABLEMENT

EXTASE

REPUBLICANISME

USURPATION

ARBITRAIRE

pénalité PHRASE EXCELLENTE de Victor HUGO
" Vouloir exagérer la pénalité , c'est le plus sûr moyen de la paralyser " ( une Loi )
dire à Hortecon de ( re)LIRE ???? Hugo

incarné

INCARNATION

DOSSIER

OFFICE ( bons offices anglo-américains )

DEPOSER (un gouvernement ) , une proposition de loi

EXCLUSION ( du PC , de l'UMPS etc.... )

EXCLU

ECLATEMENT ( bulle , etc.... parti )


délitement

disparate


ENGAGEMENT (au PC , d'un combat etc.... )

CASBAH

ACHOPPER

SCISSION

CLIVAGE

Déférence

INSOUMISSION ( " appel des 121" )

SURSITAIRE

AUTO-DETERMINATION

PRONUNCIAMENTO
" Cinq cent mille gaillards munis de transistors "

LEGALISTE

étal

POSITION

EXTINCTION

INDEPENDANCE
IN TER DEPENDANCE
" Indépendance du Maroc dans un cadre d'INTERdépendance avec la France " 06.11.1955
interdépendance ! mon oeil !!

BACHAGA

GLAOUI

ENCOMBRANT

se RAIDIR

SORTILèGE

RECOMPOSER ( parti , famille ... )

HOURRA

VISée

égide ( sous )

désemparé

EXPECTATIVE

SOMMATION

SEMITE Antisémitisme

DJEBEL

MECHTA

DOUAR

Avènement ( des grandes familles ... )

FAMILLE

ALIGNER '" non-aligné " ( mon oeil )

Amitié ( MRAP Mouvement contre le R et l'Amitié ( laquelle ??? ) entre LES ( lesquels ??? ) Peuples ( et dans quel sens ???

DISSIMULATION ( voir Nicolas )

Toqué ( voir Nicolas )

simagrée ( voir Nicolas )

tromperie ( voir Nicolas )

se débiner ( voir Nicolas et son chien BESSON )



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Écrit par : @@ | 14 février 2010

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