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28 février 2010

Proximité, mot magique

 

 

C'est un des mots magiques de la modernité bien-pensante, mais aussi la panacée, celle qui soigne tous les maux et résout tous les problèmes, réels ou imaginaires. On est donc (presque) tous pour les services publics de proximité (peu importe qu'ils rendent ou non un service), les hôpitaux et maternité de proximité (peu importe que l'on y meure plus souvent qu'ailleurs), les commerces de proximité, les élus de proximité, la police de proximité (peu importe qu'elle passe son temps à jouer au foute avec les délinquants), la gestion de proximité, les transports de proximité, etc.

Le mot, attesté à la fin du XVe siècle, est emprunté du latin proximitas, signifiant « voisinage » au sens propre et « affinité » ou « ressemblance » au sens figuré et qui dérive de proximus (« le plus proche », « très proche »), la forme superlative de l'adjectif propis (propior au comparatif) et de l'adverbe prope. Le fait que ce nom latin dérive d'un superlatif explique peut-être qu'il ait pris le sens figuré de « ressemblance » et « d'affinité ». En français, il est employé d'abord dans le sens de « proche parenté », puis dans celui d'affinité spirituelle (1495, spirituelle proximité), ensuite au milieu du XVIe siècle dans le sens propre ou locatif de « caractère de ce qui est proche de quelque chose (dans l'espace) », enfin, au début du XVIIe siècle, dans le sens figuré de « ressemblance ».

Dans les dictionnaires de l'époque classique, deux sens sont relevés : le sens propre, indiquant la position d'une chose ou d'un être dans l'espace (ou même dans le temps) par rapport à une autre chose ou un autre être et le sens figuré de « parenté ». Il en est ainsi dans le Dictionnaire français des mots et des choses (Richelet, 1680) : « lieu proche, voisinage » (« la proximité du lieu favorisait leur dessein ») et « degré de parenté fort proche », sens illustré par un exemple étrange : « cela marque sa révérence que les hommes doivent à la proximité que le sang établit entre eux » ; dans le Dictionnaire universel (1690, Furetière) : « voisinage, petite distance » (exemples : « il a acheté cette terre qui est à sa bienséance, attendu la  proximité du lieu » ; « ce conseiller ne peut pas être juge, attendu la proximité de l'alliance, de la parenté qu'il a avec ma partie » ; « on n'a pu avoir dispense pour ce mariage, attendu la proximité du degré ») ; dans le Dictionnaire de l'Académie française (1694) : « voisinage d'une chose à l'égard d'une autre » et « consanguinité qui est entre deux personnes » (c'est la proximité du sang plutôt que l'amitié qui les a unis dans un même intérêt ; il y a quelque proximité de sang entre eux).

Ces deux sens sont les seuls à être relevés dans les dictionnaires des XVIIIe et XIXe siècles. Ainsi dans le Dictionnaire de la langue française (Littré, 1863-77) : « 1. Voisinage d'une chose à l'égard d'une autre » et « 2. Parenté », ainsi que dans la huitième édition du Dictionnaire de l'Académie française (1932-35) : « voisinage d'une chose à l'égard d'une autre » et « parenté qui est entre deux personnes ». Pour les Français de la première moitié du XXe siècle, nos grands ou arrière-grands-parents, des notions telles que « police de proximité » ou « services publics de proximité » auraient été, s'ils avaient eu alors une réalité, du chinois, à moins de les tenir pour une police de même sang que les citoyens ou des services dispensés par des fonctionnaires ou des employés de même sang que leurs clients.

Le sens moderne, glosé ainsi dans le Trésor de la langue française (1971-94 : « caractère de rapprochement, d'affinité entre deux choses abstraites, deux entités » ; synonymes contact, contiguïté, rapprochement), apparaît pourtant dans la première moitié du XXe siècle. Victor Klemperer, auteur de LTI, la langue du IIIe Reich, a été le témoin du premier usage politique de la proximité, au sens « d'affinité », comme il le raconte dans le chapitre 8 « dix ans de fascisme », les dix années, de 1922 à 1932, pendant lesquelles le fascisme italien a inventé des formes ou des manières d'être ou des actions qu'ont reprises les nazis - et parmi ces formes, dans la propagande, la proximité : montrer dans les images de cinéma, à la radio, dans les grands meetings, le Duce et le Führer proches du peuple, faire d'eux des leaders ou des élus de proximité, marteler leur affinité avec le peuple... Dix ans de fascisme est aussi le titre d'un film de propagande à la projection duquel Klemperer a été invité à Dresde, la ville où il était professeur,  en 1932 : « film d'une grande qualité artistique », précise-t-il (à vérifier, bien entendu ; nous ne sommes pas obligés de croire Klemperer sur parole), dans lequel alternent les plans de masse et les gros plans sur le visage de Mussolini. Cette technique, qui consiste à rapprocher le plus possible le Chef de ses sujets, a été reprise à satiété par la propagande du Führer, mais aussi par la propagande soviétique et par celle de Vichy, qui a sans cesse célébré, dans les images et à la radio, la proximité, de sang et spirituelle, du Maréchal avec les Français, cette propagande étant conçue par Paul Marion, qui a dirigé la propagande du Parti communiste de 1920 à 1935, puis celle du PPF de Doriot, le communiste admirateur d'Hitler, enfin celle de Vichy.

Cette revendication répétée, insatiable, inextinguible de proximité, toujours plus de proximité, de la proximité de plus en plus proche, jusqu'à se confondre avec soi, qui est devenue l'horizon indépassable des bien-pensants gauchistes et écolos, donne la nausée, et pas seulement à cause de sa proximité avec les totalitarismes imbéciles. Ce à quoi on aspire, c'est à « loin », « le plus loin possible (des élus) », « de la séparation », « des services publics de distance », « une police d'éloignement » (et qui ne se contente pas d'éloigner les délinquants et les criminels) : en bref, vade retro proximitas.

 

 

 

Commentaires

Je me disais bien !

les simulacres annuels du Tartufe CHIRAC pendant plus de vingt ans ,au " salon de l'agriculture "
( ou salon de la destruction du monde paysan viable )
tenaient des techniques fascistes .
( apprises lors de sa jeunesse communiste ?? )

faire semblant d'aimer la bouse des vaches ,semblant de picoler , et tout le tintouin

faire semblant de rire à mort
( le fameux cheese hollywoodien )

faire semblant d'aimer la Creuse
( en n'y foutant quasi jamais les baskets )
n'y allant jamais en vacances
( préférant saloper la planète en avion vers le Soleil levant )

toutes ces écoeurantes ( et efficaces ) manipulations des veaux par le RPR UMPS
étaient la suite des techniques socialistes nationales

c'est pour celà que le micro-napoléon les a aussi mises en oeuvre de façon bien vulgaire , selon son niveau de basse éducation.

Écrit par : Amédée | 28 février 2010

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