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07 avril 2010

Sensible

 

 

Quand sensible s'applique à une personne - un enfant sensible par exemple -, il signifie « qui est doué de sensibilité ». Le sens est actif : la sensibilité est dans la personne, elle la fait agir ou réagir. La qualification est positive, au sens où la sensibilité atteste, chez ceux qui en ont, de la compassion, du cœur, de l'intérêt pour autrui, de l'altruisme. Dans réalité sensible ou dans signes sensibles à l'oreille, il signifie « qui peut être perçu par la sensibilité ». Le sens est passif : la sensibilité n'est pas dans la réalité ou dans les signes qualifiés de sensibles, mais dans le fait qu'ils peuvent être perçus par la vue ou l'ouïe. Dans le premier cas, la sensibilité est intérieure à celui ou à ce dont on parle ; dans le second cas, elle y est extérieure ou elle vient d'ailleurs.

Les citoyens savent que, quand il qualifie des cités ou des quartiers, l'adjectif sensible cache un interdit. Il est illicite ou haram de désigner ces quartiers par les mots appropriés. Ce sont des repaires de voyous ou, s'ils sont soumis à la loi de l'islam, des quartiers islamiques ou islamisés. Comme il faut les désigner, ils sont qualifiés par euphémisme de sensibles. En ce sens, ils ne sont pas « doués de sensibilité ». Dès que sont évoqués ces lieux qui, contrairement à ce que pourrait laisser supposer sensibles (mais personne n'est dupe), ne font pas pleurer, sinon de rage, les malheureux Français qui y habitent encore, une prudence extrême, dont la forme achevée est le silence, est requise. Attention danger ou, comme il était dit dans les trains d'autrefois, « ne pas se pencher au-dehors » ou, en italien, « è pericoloso sporghersi », que l'on pourrait traduire librement par « ne pas parler au dehors » ou par « il y a péril en la parole ». Le risque encouru est de sauter sur les mines déposées là par les dogues du parler bien pensant.

Les auteurs du Trésor de la Langue française ne relèvent pas ce sens-là de sensibles, qui est trop périlleux et inouï, à la fois récent et contraire à la justesse qui a longtemps régi la langue française, mais ils nous mettent sur la voie de la bonne interprétation. Au sens de « qui est doué de sensibilité », en parlant d'une chose, sensible signifie par métaphore « qui est susceptible de réaction », comme dans papier, pellicule, plaque, surface sensible ou dans réactif sensible, et en parlant d'un mécanisme ou d'un appareil « dont le fonctionnement peut être troublé ou perturbé par des parasites ». Il en va ainsi des affaires judiciaires et politiques quand elles sont dites sensibles : il faut s'entourer d'un luxe de précautions avant de tenter, non pas de les régler, mais d'ouvrir le dossier. Il en est de même des quartiers sensibles. Au moindre incident, par exemple dès que retentit la sirène d'une ambulance ou d'un camion de pompiers, les habitants de ces quartiers, que ce soit les voyous ou les agitateurs de l'islam politique, réagissent plus ou moins violemment : ou ils agressent les pompiers venus porter secours à un malheureux en les lapidant, ou ils jettent des cocktails Molotov sur la façade d'une école pour la réduire en cendres, sauf si l'école est coranique : auquel cas, le feu purificateur lui est épargné. Les bandes, les individus asociaux ou les voyous qui mettent ces quartiers en coupe réglée « se paient sur la bête », comme on disait naguère quand on parlait sans euphémisme. Le tabou a pour raison d'être de cacher la réalité. Voilà pourquoi ces quartiers et ces cités sont dits sensibles. Il serait sans doute inutilement insolent d'écrire sans cibles : les cibles, telles que les écoles, les autobus, les bibliothèques, les abribus, les maisons de la culture, les gymnases, n'y manquent pas. Ils sont sensibles certes, mais, hélas, ils renferment d'innombrables cibles à brûler ou à vandaliser.

 

 

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