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03 mai 2010

Imam

 

 

Imam est un nom arabe, dérivé d'un verbe qui signifie « marcher en tête, présider ». Il est attesté en français dans la seconde moitié du XVIe siècle sous la forme iman pour désigner un « ministre » de la « religion mahométane », comme on disait alors. C'est d'Herbelot (1697) qui corrige la forme iman en imam, ce dont Littré se fait l'écho (Dictionnaire de la langue française, 1863-77 : « les orientalistes reprochent à l'Académie d'écrire iman et veulent qu'on écrive imam, iman étant un mot arabe d'un tout autre sens ; c'est pour cela qu'ils disent imamat et non imanat »), correction qui n'est adoptée par les académiciens que dans la neuvième édition de leur dictionnaire (en cours de publication) : « le m final se fait entendre », alors que, de la quatrième édition, en 1762, où il est enregistré pour la première fois, à la huitième édition, en 1935, il figure sous la forme ancienne iman : « ministre de la religion mahométane ; iman signifie dans son acception primitive celui qui préside, qui a autorité ; un iman est une espèce de curé de mosquée » (1762 et 1798) ; « ministre de la religion mahométane, un iman est une espèce de curé de mosquée » (1835) ; « ministre de la religion mahométane attaché au service d'une mosquée » (1879, 1932-35, l'exemple délicieusement ethnocentriste du « curé de mosquée » disparait dans ces éditions) ; « titre donné à différents dignitaires de la religion musulmane ; Mahomet fut le premier imam ; le rôle essentiel de l'imam est de présider à la prière ; (on a dit aussi iman) » (édition en cours). D'une édition à l'autre, la définition ne change guère, sauf dans la dernière (la neuvième, en cours de publication), où l'exemple « présider la prière » indique la fonction essentielle de l'imam.

Littré (op. cit.), au sens de « ministre de la religion mahométane », ajoute celui-ci, qui fleure bon l'anticléricalisme des Lumières : « figuré et par dénigrement, tout ministre d'une religion », comme dans cet extrait de d'Alembert (1771, « les imans et les muphtis de toutes les sectes me paraissent plus faits qu'on ne croit pour s'entendre ; leur but commun est de subjuguer, par la superstition, la pauvre espèce humaine »), et cet autre : « titre que portent les chefs de plusieurs États indépendants de l'Yémen (l'iman de Mascate) ». Dans le Trésor de la langue française (1971-94), l'article est le condensé d'une encyclopédie, puisqu'il y est fait allusion à des distinctions propres à la religion de Mahomet et à la civilisation que celle-ci a établie, distinctions qu'il faudrait expliquer ou commenter : « titre donné en Islam sunnite au calife choisi non forcément parmi les descendants du Prophète, mais parmi les membres de sa tribu, alors qu'en Islam chiite la lignée des Imams ne peut être que celle des descendants d'Ali » ; « musulman capable de diriger la prière communautaire dans une mosquée » (« l'iman n'est point un prêtre, c'est simplement le plus savant et le plus vénéré taleb de l'assistance ; tout homme lettré peut servir d'iman : il doit simplement réciter la prière », Barrès, 1907) ; et « par extension, chef d'une secte musulmane ».

Dans L'Encyclopédie (1751-64) de d'Alembert et Diderot, l'article « imam ou iman » est relativement long et savant : « histoire moderne) ministres de la religion mahométane, qui répond à un curé parmi nous... ; les musulmans le disent en particulier de celui qui a le soin, l'intendance d'une mosquée, qui s'y trouve toujours le premier, et qui fait la prière au peuple, qui la répète après lui... Iman se dit aussi absolument par excellence des chefs, des instituteurs ou des fondateurs des quatre principales sectes de la religion mahométane, qui sont permises... Les mahométans ne sont point d'accord entre eux sur l'imanat ou dignité d'iman. Quelques-uns la croient de droit divin, et attachée à une seule famille, comme le pontificat d'Aaron ; les autres soutiennent d'un côté qu'elle est de droit divin, mais de l'autre, ils ne la croient pas tellement attachée à une famille qu'elle ne puisse passer dans une autre... Quoi qu'il en soit de cette question, il est constant qu'un iman ayant été reconnu pour tel par les musulmans, celui qui nie que son autorité vient immédiatement de Dieu, est un impie ; celui qui ne lui obéit pas, un rebelle, et celui qui s'ingère de le contredire, un ignorant : c'est partout de même... Leur principale fonction, outre la prière, est la prédication, qui roule ordinairement sur la vie de Mahomet, sa prétendue mission, ses miracles et les fables dont fourmille la tradition musulmane. Ils tâchent au reste de s'attirer la vénération de leurs auditeurs par la longueur de leurs manches et de leurs barbes, la largeur de leurs turbans et leur démarche grave & composée... ». Barré, en 1842, dans le Complément du DAF, tente de résumer le savoir accumulé par les orientalistes de son temps : « (histoire et religion ottomane) nom des docteurs et des pères de la religion mahométane. Tous les imams, qui sont en grand nombre, sont rangés en sept classes distinctes... Imam est aussi le titre que porte le sultan, en qualité de chef suprême et canonique du peuple mahométan. Les souverains musulmans portent trois titres consacrés par la loi aux divers caractères de leur souveraineté : celui d'émir, synonyme de melik et de sultan, indique l'autorité temporelle ; celui d'imam, l'autorité spirituelle, et celui de khaliphe, la réunion des deux pouvoirs... Aujourd'hui, imam des musulmans est le plus beau titre dont se décorent les monarques ottomans. Imam, titre que portent les chefs de plusieurs États indépendants de l'Yémen ».

Depuis le XVIe siècle, le mot arabe imam est tenu pour propre à l'histoire ottomane ou à l'aire mahométane de civilisation. Aux académiciens, l'exemple de "curé de mosquée" est vite apparu incongru et faux. Ce qu'il y a d'inouï, c'est que l'on puisse entendre parler dans les médias actuels de l'imam de La Courneuve (ou des imams de La Courneuve), de l'imam (ou des imams) de Drancy, Bondy, Mantes la Jolie, Saint-Denis, Toulouse, Roubaix, Marseille, du XIXe arrondissement, du XVIIIe arrondissement, de la rue Myrha, de la rue Poulet, du boulevard Barbès, etc; etc. etc. Bientôt, il n'y aura plus un seul immeuble de France qui n'ait pas son ou ses imam(s).

 

Commentaires

MOTS DU 2 MOIS MARIAL

http://decadence-europa.over-blog.com/article-mots-mai-2010-49638370.html

Écrit par : @@ | 02 mai 2010

sultan

sultanat

calife ( on a déjà Iznogoud is not good depuis 2007 ! )

califat

http://decadence-europa.over-blog.com/article-sultanat-49638354.html

notre langue n'arrête pas de s'enrichir !

Écrit par : @@ | 02 mai 2010

LYNCHAGE
( comme pour Lynch )

épouser ( après viol )

meurtier présumé

LIBAN LIBANAIS

http://qc.news.yahoo.com/s/afp/100430/monde/liban_egypte_meurtre

belle foule !

Écrit par : @@ | 02 mai 2010

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