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06 mai 2010

Gastronomie

 

 

 

Ce mot semble aller de soi, tant la chose qu'il désigne nous est familière. Or, il est récent. Attesté pour la première fois en 1800, il entre en 1835 (sixième édition) dans le Dictionnaire de l'Académie française. C'est « l'art de faire bonne chère ». Il est illustré de l'exemple il est très versé dans la gastronomie. Les académiciens le jugent « familier » ; en 1879 (septième édition) aussi.

Cette mention, quelque peu étonnante, n'est pas dans le Dictionnaire de la langue française (Littré, 1863-77) et elle disparaît de la huitième édition : « ensemble des règles qui constituent l'art de faire bonne chère » (traité de gastronomie), les rédacteurs du Trésor de la langue française (1971-94) se contentant d'une définition raccourcie « art de faire bonne chère ». Cette définition est maintenue dans la neuvième édition (en cours de publication), et elle est suivie de ces exemples : Brillat-Savarin traita des principes de la gastronomie (en réalité, de gastronomie transcendante) ; un traité de gastronomie, ainsi que de ce sens étendu : « la cuisine préparée selon ces règles » (la gastronomie lyonnaise, périgourdine).

Le mot est emprunté du grec, langue dans laquelle il est un terme de médecine qui signifie « art de régler l'estomac » et où il est en concurrence avec gastrologia, comme dans l'alternance entre - nomie (astronomie) et - logie (astrologie).

 

Le mot est relativement récent, mais la chose qu'il désigne est fort ancienne, comme l'attestent d'innombrables œuvres de l'Antiquité : Le Banquet, Satiricon ou des personnages comme Lucullus et Trimalchion; ou encore les ouvrages de cuisine de Taillevent, Brillat-Savarin et La Reynière. Au XVIe siècle, Montaigne la nomme science de gueule : « il m'a fait un discours de cette science de gueule, avec une gravité et contenance magistrale, comme s'il m'eût parlé de quelque grand point de théologie » (Essais, I, 51). A la différence de gastronomie, le mot a le mérite d'être immédiatement compris.

 

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