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27 mai 2010

Bon sang ne saurait mentir

 

 

 

Mademoiselle Pingeot, Mazarine pour les intimes ("La Mazarine", aurait-on dit au XVIIe siècle) et célèbre en France pour être la fille à Mitterrand (pas celui qui est ministre, non l'Autre, le Tonton), n'aime pas Alain Finkielkraut, ce qui est son droit, et elle exprime son aversion bruyante dans le Nouvel Observateur, qui est réputé ne pas transiger avec l'antisémitisme. Ce qu'elle reproche à Finkielkraut, ce n'est pas d'être juif (non pas encore, mais ça viendra), c'est de ne pas aimer le rap. Shakespeare aurait dit : "Beaucoup de bruit pour rien". Naguère, on reprochait aux Juifs de trop aimer le piano ou le violon ou l'argent. Aujourd'hui, leur tare a changé : il leur est objecté de ne pas aimer ce qu'une vraie Française comme la fille à Mitterrand, 100 % pur sang, aime; et si une vraie Française comme elle aime le rap, alors ceux qui n'aiment pas le rap ne sont pas de vrais ou de bons Français.

Finkielkraut, ayant l'habitude d'entendre ces insinuations racistes, n'y accorde aucune importance. En cela, il est philosophe - et vrai de vrai, comme on n'en fait plus.

Quant à la fille Mitterrand, elle a de qui tenir. Tel père, telle fille. Jamais le sang ne ment. Dis-moi de qui tu viens, je te dirai qui tu es, etc. etc. etc.

En 1937, Mitterrand participait place de la Sorbonne, et même dans la cour de cette auguste institution, à des rassemblements haineux au cours desquels des orateurs allumés excitaient la foule à protester contre la présence de métèques parmi les professeurs ou assistants de la faculté de droit. Ces métèques étaient juifs. Ils venaient de Roumanie ou de Pologne, dont ils fuyaient les discriminations et les pogroms. En France, ils avaient obtenu un doctorat à La Sorbonne. Certains avaient réussi l'agrégation de droit (romain, public, privé, des affaires, etc.) et à ce titre, ils avaient été élus à l'une des chaires de la prestigieuse faculté. Il n'y a rien de plus "républicain" que ces promotions au mérite. Mais cela déplaisait à Mitterrand jeune. Une photo reproduite par Péan dans son livre atteste la participation de Mitterrand à ces manifestations antisémites.

 

70 ans plus tard, sa fille marche sur ses brisées. Certes, elle ne reproche pas à Finkielkraut d'être juif, car elle connaît la loi qui réprime le racisme et l'antisémitisme. Alors, elle trouve un biais. Comme au billard, on feint de viser les goûts musicaux pour toucher le juif. Le rap est un excellent bouclier, plus solide et plus efficace que le bouclier fiscal. Le rap faisant partie de l'identité française, ne pas l'aimer, c'est s'exclure de la nation.On peut ainsi taper sur un Juif impunément.

Comme le dit le proverbe, le bon sang ne ment jamais, comme la terre.

 

 

 

Commentaires

Je précise d’abord que je ne suis pas d’accord avec ce qu’écrit Madame Pingeot, et que je n’éprouve aucune sympathie pour cette personne, fille de Mitterrand ou non. J’ai écrit quelques commentaires sur les deux billets dont le titre comportait le nom de Finkielkraut. L’un de mes commentaires, nullement raciste, ni injurieux (recopié sur mon blog) a été refusé.
On peut s’interroger sur l’objectif qu’elle visait avec son titre accrocheur : pourquoi « Finkielkraut n’aime pas le rap », si ce n’est pour attirer le lecteur avec un nom qui suscite immédiatement la polémique, mais à aucun moment les propos de Mazarine ne laissent supposer que c'est Finkielkraut le Juif qui lui insupporte.

Ce serait plutôt Finkielkraut le prétendu raciste qu’il lui plaît de dénoncer. Elle écrit : « Et s'il faut assumer des propos presque ouvertement (jamais totalement on le notera chez Finkielkraut sauf quand il fait des interviewes à l'étranger) racistes ». En quoi elle obéit à la règle qui veut que si quelqu’un ose dire ce qu'il est déconsidéré de dire ou ose penser ce qu'il est fortement conseillé de ne pas penser, on commence par le pousser dans la case extrême droite pour le discréditer et on l’emprisonne dans la sous-case raciste.

Dans ces deux billets, Madame Pingeot utilise constamment la méthode suivante : elle dit des généralités qu’elle avance comme des faits incontestables car prouvés par son expérience personnelle, mais devient plus exigeante sur la qualité de fait face au discours qui contrecarre le sien.

Écrit par : allegra | 28 mai 2010

Certes. Mais que signifie "racistes" dans les discours de cette petite dame et de ses contemporains postmodernes ou post-coloniaux ? Ou bien, le mot n'a plus de sens, sauf à exprimer le mépris sans fin de celui qui l'emploie; ou bien, il signifie le contraire de ce qu'il signifiait il y a un siècle chez Rosenberg, V de Lapouge, Gobineau, etc. Non pas "qui se croit d'une race supérieure", mais "qui est d'une race inférieure" ou "à éliminer". Finkielkraut est suspecté d'être "raciste", mais dans le second sens, impensé, nouveau depuis 30 ans environ, tabou aussi, mais solidement établi, de ce terme.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 28 mai 2010

Madame Mazarine Pingeot est nulle, l'affaire est entendue depuis longtemps et il n'est guère besoin d'inventer un antisémitisme fantasmé pour contester ses positions. La ficelle est un peu grosse, Monsieur Arouet, et l'effet de renversement n'opère pas. Si vous êtes libre de vos détestations, vous êtes tenu, me semble-t-il, à une certaine rigueur intellectuelle. Dommage sur ce coup.

Écrit par : Marie | 31 mai 2010

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