Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02 juillet 2010

Simon Epstein

 

Simon Epstein, né à Paris en 1947, docteur en sciences politiques, ayant soutenu une thèse sur les « Institutions israélites françaises de 1919 à 1939 », établi à Jérusalem depuis 1974, où il est Professeur des Universités, a publié de nombreux ouvrages, dont deux livres majeurs, Dreyfusards sous l’Occupation (Bibliothèque histoire, Albin Michel, 2001) et Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration et antisémites dans la Résistance (Albin Michel, Bibliothèque histoire, 2008). En dépit de leur importance, en particulier dans l’établissement d’une vérité, dissimulée sous d’épaisses couches d’idéologie et de bonne conscience replète, ou parce que, justement, Simon Epstein établit les faits, l’intelligentsia, collabo par nature, a eu tôt fait d’imposer l’omerta sur ces livres. Les voilà recouverts d’une chape de béton ou enfermés dans un sarcophage de plomb.

Il ne tient qu’aux Français libres de dire « non » à ces oukases et de lire ces livres.

 

Dreyfusards sous l’Occupation, extrait :

Les dreyfusards, sous l'Occupation, verseront majoritairement dans le pétainisme ou d'autres formes de collaboration, au point qu'on peut dire [...] que la collaboration, pour beaucoup d'entre eux, fut bien plus la continuation du dreyfusisme qu'elle n'en fut la négation. Cette vérité est indicible, elle porterait durement atteinte au message éducatif porté par l'Affaire et elle heurterait de front l'un des acquis les plus sacrés de l'idéologie franco-républicaine. Préserver l'aura du dreyfusisme et la pureté des dreyfusards est d'une simplicité déconcertante : il suffit de ne pas prolonger les biographies au-delà, mettons, de la Première Guerre mondiale. Les années ultérieures se perdent dans un épais brouillard que les historiens, dans leur quasi-totalité, ne chercheront pas à dissiper.

 

Commentaires

Cher Monsieur,
Depuis quand des extraits d'ouvrages valent-ils argumentation ? Et que voulez-vous démontrer exactement ? que le combat dreyfusard était illégitime ? que dreyfusisme rime avec nazisme !? que les antisémites de 1900 furent les résistants de 1940 ? qu'il y eu des antisémites (à commencer par De Gaulle) dans la Résistance ? que Maurras n'a pas déclaré que l'Etat Français était "la revanche de l'Affaire" ? Je crois que vous gagneriez à dire les choses ouvertement et à mettre de l'ordre dans vos idées. Mais cela suppose, encore une fois, argumentation et travail de longue haleine. Je pense que vous en êtes capable.

Écrit par : Marie | 02 juillet 2010

Madame,

Mon intention est de faire lire ces deux livres, admirables de Simon Epstein.

Je suis un lecteur fidèle de Péguy, qui a été le premier défenseur de Dreyfus, et un grand admirateur du capitaine Dreyfus, qui n'avait presque rien en commun avec les dreyfusards. Pendant plus de 10 ans (cf. Notre Jeunesse), Péguy a pris ses distances avec les dreyfusards qui transformaient, par intérêt, une mystique en politique.

Je n'ai non plus rien en commun avec Maurras, ni avec sa pensée, ni avec son "style"; mais je trouve étrange que, plus de soixante ans après sa mort, un idéologue sans grande envergure et un auteur provincial soit encore invoqué comme le grand démon, et toujours dans le même sens, pour discréditer x ou y.

Mon camp "politique", si tant est que j'en aie un, ce sont ceux qui, à compter du 17 juin 1940, et ce, jusqu'au 11 novembre de la même année, ont refusé l'armistice et ont décidé de continuer la guerre, soit aux côtés des Anglais, soit dans la France libre, soit, en France, en aidant les services de renseignements anglais ou ceux de la France libre. Ils ne sont pas très nombreux, mais vous ne pouvez pas imaginer l'air pur que l'on respire quand on côtoie ces hommes et ces femmes, tous âgés ou même très âgés maintenant.

De Gaulle "antisémite" est une fable diffamatoire répandue par un écrivain de 10e rang (ou plus) dans son livre Pauvre De Gaulle. Les faits : en 1920, De Gaulle (dont la famille est dreyfusarde) est attaché militaire à l'Ambassade de France de Varsovie, la Pologne étant depuis 1918 un Etat libre et souverain après plus d'un siècle de sujétion à l'empire tsariste. Dans des lettres qu'il envoie à sa famille, il prend position contre les mouvements juifs polonais, le Bund en particulier, non pas parce qu'ils sont juifs, mais, parce que, se croyant "progressistes", ils appellent à un alignement sur Moscou et à un "internationalisme prolétarien" qui aurait remis de facto la Pologne aux fers - ce qui s'est produit après le Pacte germano-soviétique de 39 et le partage de la Pologne. Pour DG, il était inconcevable que la Pologne, enfin ressuscitée, disparaisse à nouveau.

Que montre Epstein ? Et que prouve l'accusation délirante d'antisémitisme portée contre DG ? Que toute l'histoire du XXe siècle est racontée par des gens, qui la déforment et l'instrumentalisent, sur quelque sujet qu'elle porte : l'URSS, la Chine, les colonies, la Première Guerre, la Seconde Guerre, etc. Pendant des décennies, des historiens ont fait gober à des millions de Français, élèves, étudiants, professeurs, hommes politiques, etc. les blagues les plus sinistres qui soient, comme Mitterrand résistant, pour ne citer que la plus bénigne.

Écrit par : Arouet Le Jeune | 02 juillet 2010

Cher Monsieur,
Il y aurait beaucoup à reprendre. L'attestation de la défiance de DG à l'égard des juifs ne repose pas seulement sur ce point (moins clair que vous ne le pensez, ne serait-ce que dans le vocabulaire employé, allez voir). La "politique arabe" de DG, son hostilité affichée et scandaleuse à l'égard de l'Etat d'Israël devrait être intégrée dans vos analyses.
Vous semblez ignorer l'importance intellectuelle de Maurras et de l'Action Française jusqu'à la seconde GM, c'est dommage car vous passez à côté d'un aspect essentiel de l'histoire intellectuelle et politique de la France. C'est peut-être une façon de tordre l'histoire dans un sens, le vôtre, et je dois vous avouer que je suis un peu déçue car m'attendais à plus de cohérence. Il me semble en outre que, contrairement à ce que vous écrivez, le dreyfusisme n'est pas une "mystique" mais une sensibilité à des principes qui valent aujourd'hui comme hier et que l'on aurait tort d'enfermer dans un "moment" pour mieux leur retirer toute substance et, au final, s'en affranchir. Mais vous avez raison, toute histoire est récit, recomposition, reconstruction. Et vous n'échappez pas à cette contrainte. Au plaisir de vous lire.

Écrit par : Marie | 02 juillet 2010

Je reste malgré tout encore plus favorable à ceux qui n'ont pas pris un avion pour Londinium le 17 juin 40
( leur minable statut ne le permettant pas ) et qui ( après avoir été volontaire pour Narvik )

ont été blessés le 24 juin 40
( il y avait ENCORE des comattants ! )
si des généraux avaient fui à Londres ou Bordeaux .

le casque de mon père ( saisiet revendu par un huissier d'injustice )
portait SUR LE TRANCHANT la déformation d'un éclat d'Obus
2 mm au dessous c'était le cerveau .
Son colonel est mort à son côté

pour moi ma référence c'est un parent lointain Frison-Roche

son livre de référence c'est
LE VERSANT DU SOLEIL
C'est un peu l'histoire de ma famille.

Écrit par : @@ | 04 juillet 2010

Pour rebondir, on peut signaler la thèse de doctorat de Nicolas Roberti de 2005 qui vient d'être publié en format grand public chez L'Harmattan. C'est la première biographie de Raymond Abellio, laquelle dissèque pourquoi un nombre très important de militants de gauche et d'extrême-gauche ont glissé dans la collaboration.

Écrit par : raymond | 26 juin 2011

Les commentaires sont fermés.