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31 août 2010

Salir, saleté, salissure, souillure, tache, flétrissure, honte, etc.

 

 

 

 

Ces grands mots fleurissent dans les discours des politiciens, journaleux, (socio) cultureux, associateux, etc. – ces dominants qui ont seuls « la liberté de communiquer leurs opinions ou leurs pensées », liberté garantie pourtant depuis 1789 à tous les citoyens. On entendait jadis, il y a plus d’un demi-siècle, ces mêmes réprobations vertueuses dans les prônes des dévots ; aujourd’hui, elles se bousculent dans les bouches politiciennes, médieuses, cultureuses, etc. Elles étaient propres au clergé catholique ; elles sont propres au clergé cathodique. Le L est devenu D. Seule une lettre a changé, mais elle n’est pas écarlate. Ces mots qui dénotent la bonne conscience replète appartiennent à ce vocabulaire moralisateur que l’on croyait incompatible avec la démocratie. Ce sont, entre autres mots, salir, saleté, salissure, souillure, honte, tache, etc. Sarkozy, clame Mme Aubry, « salit la République » (faut-il écrire République ou république ?) ; Sarkozy a couvert d’une tache le drapeau français ; Mme Aubry a vécu un été de honte à cause de Sarkozy ; la France a été salie, etc. Ah bon ?

Examinons cela.

M. Sarkozy a le courage de se porter candidat à des mandats électifs ; M. de Villepin n’a jamais manifesté ce courage. De M. Sarkozy, on peut penser ce que l’on veut, mais il est difficile de lui reprocher de bouder l’exercice de la démocratie. M. de Villepin s’est toujours défié de l’exercice de la démocratie. M. Sarkozy a été ministre après avoir été élu à plusieurs reprises maire et député. M. de Villepin été Ministre des affaires étrangères et Premier ministre sans avoir été élu. Si l’un des deux souille le drapeau tricolore, ce n’est pas Sarkozy, c’est Villepin, pris la main dans le pot de confitures de manipulations de listes bancaires.

Pendant quatorze ans, la France a eu pour chef de l’Etat un ancien pétainiste, collabo convaincu et résolu, antisémite, complice de criminels contre l’humanité, héraut des guerres coloniales, grand coupeur de têtes pendant quinze mois entre 1956 et 1957, inventeur de la procédure mort-née de « flagrant crime ». Chaque jour, de mai 1981 à mai 1995, il a souillé, sali, flétri la République, le drapeau tricolore, la France. Non seulement Mme Aubry n’a jamais été incommodée par les odeurs pestilentielles que dégageait alors l’Elysée, ni gênée par la saleté, l’ordure, les flétrissures, dont son père profitait. Sans ce chef de l’Etat, elle n’aurait jamais été ni député, ni maire, ni ministre.  

M. Sarkozy n’est sans doute pas un grand homme politique, mais il est relativement propre. S’il est le Mal en personne, Satan, le Diable, le Démon, c’est qu’il est fils d’immigré et qu’il a, comme Léon Blum, des ancêtres juifs. En 1936, Léon Blum était déjà accusé de salir la France. Nihil novi sub sole.

 

 

 

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