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10 septembre 2010

Lumière des livres 31

 

 

Oriana Fallaci, La Rage et l’Orgueil, Plon, 2002, traduit de l’italien.

 

            Dans La Rage et l’Orgueil, Oriana Fallaci amplifie un article assez long qu’elle a écrit dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 et que le grand quotidien italien Corriere della Sera a eu le courage de publier. En France, les thèses d’Oriana Fallaci, journaliste et romancière, effraient les bien pensants. « Cachez ce livre que nous ne saurions voir », s’indignent-ils, « ne le lisez surtout pas ». Il a de quoi, à dire vrai, apeurer ceux que le courage et la vérité ont désertés. La forme est enragée. Oriana Fallaci a choisi d’écrire ce qu’elle nomme un « sermon », qui aurait été soporifique sans son exceptionnel talent d’écrivain grâce auquel elle rend vivante et agréable à lire sa « rage », qu’elle laisse exploser après l’avoir rentrée pendant près de trente ans, depuis que ses activités de journalistes l’ont amenée à côtoyer et à connaître les principaux « acteurs » du monde arabe et islamique : Arafat, Khedafi, Khomeiny, mollahs, imams, militants palestiniens, membres libanais du Hezbollah, etc. Le livre est une adresse aux Italiens, aux Européens et à tous les Occidentaux (désignés par un « tu » singulier), qu’elle juge, non sans raison, menacés dans leur vie, leur être, leur culture, leur identité, leurs valeurs démocratiques. Il tient de la harangue désespérée ou des prédictions catastrophiques de Cassandre que les Grecs refusaient d’écouter. Bien entendu, les cris de vierges effarouchées poussés par les tartufes doivent inciter chacun de nous à lire La Rage et l’Orgueil, à examiner les thèses qui y sont soutenues, éventuellement à en débattre, à comprendre ce qui y donne sens.

            Oriana Fallaci, qui, en 1944, âgée de 14 ans, s’est engagée dans l’armée italienne de Libération, est par sa famille (Florentins et Toscans, authentiques résistants) l’héritière de la résistance libérale au fascisme et au nazisme, qui trouve son inspiration idéologique dans le Risorgimento et les luttes menées par les Carbonieri de Garibaldi pour faire l’unité de l’Italie et en chasser les armées étrangères, dont les Autrichiens, qui occupaient le nord et le sud de la péninsule. Ses héros sont Cavour, Garibaldi, les opposants au fascisme, Churchill, De Gaulle et tous les Italiens qui se sont réfugiés aux Etats-Unis pour ne pas vivre sous la férule de Mussolini. C’est au nom de cette résistance passée qu’elle appelle les Italiens, les Européens, les Occidentaux à résister comme le fait avec courage le peuple américain à la menace que les musulmans font peser sur eux. Son « sermon » repose sur une triple prise de conscience et certitude. 1. L’islam est une religion de haine et de mort. 2. L’islam a déclaré la guerre à la civilisation occidentale. 3. Les musulmans, en émigrant massivement, en Europe mettent en œuvre ce programme.

Oriana Fallaci a été le témoin des principaux événements qui, depuis trente ans, ensanglantent le Proche Orient : guerre du Liban, main mise des mollahs sur l’Iran, délires terroristes des Libyens, des Syriens, des Palestiniens, guerre d’Afghanistan, arrivée massive d’imams en Italie, constitution de « bases » militaires en Italie (al qaida, en arabe, signifie « base » ou « QG »), etc. Elle analyse les discours, elle parle d’expérience des humiliations que subissent les femmes (parfois de leur plein gré) dans les pays arabes et musulmans, elle a connu la haine sans fin de l’islam pour la culture, la liberté, la dignité de l’homme et tient pour une blague le « dialogue » des cultures ou même l’éminente dignité ou égalité des cultures. Dans la culture islamique, dont elle connaît les réalités (les Mille et une nuits, la haine des femmes, l’algèbre et le zéro, que les Arabes se sont appropriés, en les « volant » aux mathématiciens de l’Inde ancienne), elle ne retient quasiment rien de positif qui puisse avoir une valeur universelle ou être admiré par l’humanité.

            En bref, ce livre n’est pas un brûlot haineux. C’est un appel au courage, à la lucidité, à la résistance – la vraie, la seule qui vaille – contre la barbarie.

 

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