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15 octobre 2010

Une sociologie insolente est-elle possible ?

 

 

Pendant un siècle, les sociologues se sont donné pour but de porter à la lumière ce qui, dans les pays d’Europe, était pieusement caché, à savoir ce sur quoi reposaient ces pays : en général, un pur rapport de forces ou une injustice ou la relégation de quelques-uns de leurs membres dans les zones grises de non-droit ; en bref, ils ont révélé tout ce que l’idéologie et la morale bien pensante avaient pour raison d’être de dissimuler. Dans De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville, le premier de nos sociologues, révèle que, contrairement à ce qui était généralement admis, la façon dont les hommes vivent dans tel ou tel pays, en Amérique ou en Europe, les mœurs qu’ils ont adoptées, les comportements qu’ils ont faits leurs, les règles qu’ils suivent, ne tiennent pas au climat, encore moins à une nature humaine qui n’a d’existence nulle part, sauf dans l’idéologie, mais à l’état social, à l’égalité ou à l’inégalité des conditions ou des hommes devant la loi, et que les mœurs sont douces et honnêtes quand l’égalité est la règle. Hélas, l’insolence de Tocqueville n’est plus de saison. « Insolent » a signifié « inhabituel » avant de prendre pour sens « offensant » ou « insultant ». Longtemps, les sociologues ont été insolents, au sens où, après avoir soumis les habitudes et les croyances à un examen critique, libre et sans préjugé, ils ont montré que les réalités du monde n’étaient pas conformes à ce que les hommes croyaient qu’elles étaient ou aux représentations qu’ils s’en faisaient.  

 

Il y a un demi siècle, en URSS et dans ses pays satellites, Chine, Vietnam, Cuba, Corée, où le marxisme servait de cache-sexe à des régimes tyranniques et inhumains, plus personne de sensé ne croyait que ce même marxisme, qui mettait les hommes aux fers, pût expliquer quoi que ce soit ou apporter quoi que ce soit à qui que ce soit et où que ce soit, si bien que les intellectuels de ces pays, désabusés ou enfin éclairés, avaient jeté aux orties la défroque marxiste. Ce fut une révolution, car, de tous les hommes, les intellectuels sont ceux qui, par nature ou par tropisme, se complaisent dans l’aveuglement volontaire et se plient aux oukases de l’obscurantisme idéologique le plus archaïque qui soit. C’est alors, à contretemps et malgré le désastre avéré à l’Est, qu’en France, naguère « pays des lumières » et « patrie des droits de l’homme », la sociologie s’est marxisée. Auparavant, elle ne s’alignait sur rien, bien qu’elle fût vaguement libérale, comme l’étaient les philosophes des Lumières ; alors, elle s’est mise au garde-à-vous devant le marxisme et a aliéné son insolence originelle à la folie furieuse du couple diabolique Lénine Trotski. Elle s’est faite marxiste, les doigts sur la couture du pantalon. Elle a prétendu, blague énorme, libérer le monde entier de l’oppression bourgeoise, au moment où les opprimés du marxisme brisaient leurs chaînes et ont cessé de croire au moindre article du dogme qui les jugulait.

Claude Lévi-Strauss, dans Anthropologie structurale (Plon, 1958, p 114), écrit, à propos des représentations sociologiques, au sens de « collectives », des indigènes d’Afrique ou d’Amérique, qu’elles « ne sont pas seulement une partie ou un reflet de leur organisation sociale, mais qu’elles peuvent, comme dans les sociétés plus avancées, la contredire complètement ou en ignorer certains éléments ». Il ne va ainsi des représentations diffusées par les sociologues et que l’on est en droit de qualifier de sociologiques. Elles sont en contradiction avec l’organisation sociale, ou plus exactement, c’est l’image de la société, mais déformée ou renversée. Ce n’est plus de la science, mais de la pure idéologie. En revêtant l’uniforme de l’idéologie, les sciences sociales ont choisi l’archaïsme le plus sot et elles ont perdu, en même temps que l’insolence, toute validité. De fait, leur raison d’être n’est plus que d’illustrer les thèses absurdes d’une idéologie momifiée. Bref, elles maintiennent en vie un cadavre putréfié. L’acharnement thérapeutique est condamné partout, parce qu’il porte atteinte à la dignité de la personne humaine. En France, dans l’ordre de l’épistémologie, il est de règle à l’Université et au CNRS. Le visage que nous offrent les sciences sociales est si hideusement sinistre qu’on se prend à souhaiter que l’euthanasie leur soit prescrite et appliquée. Que le cadavre soit enfoui le plus profondément possible, l’odeur est insupportable.

 

Tout n’est pas désespéré. La sociologie peut éviter que la putréfaction se poursuive, si elle renoue avec son insolence passée, quand elle révélait ce que l’idéologie dominante cachait. Cela ne peut se faire qu’à condition 1° qu’elle rompe tout rapport, lien, relation, cousinage, copinage, etc. avec le marxisme et ses succédanés maoïstes, trotskistes, léninistes, 2° qu’elle opère une nouvelle coupure épistémologie, analogue à celle qui l’a fondée au XIXe siècle,  3° qu’elle jette aux orties son froc de « savoir » ancillaire de l’idéologie dominante, 4° qu’elle renverse toutes les hypothèses éculées, les thèses surannées, les idées sclérosées dont elle se fait le héraut mal embouché depuis un demi siècle.

 

Ces conditions ne sont pas près d’être remplies. En attendant, il est possible de tracer les chemins de la liberté à propos de « faits de société » ayant trait aux populations étrangères ou d’origine étrangère vivant en France. Dans leur catéchisme, les sociologues en font les messies d’un ordre nouveau, juste et parfait, de sorte que, si ces immigrés n’assument pas le rôle éminent qui leur est assigné arbitrairement, c’est qu’ils en sont empêchés par des méchants, des salauds, des sous-hommes infects. Pour que le catéchisme ne soit pas invalidé par les faits, il faut donc qu’ils soient des victimes, qu’il soit prouvé qu’ils subissent d’immondes discriminations et qu’ils vivent sous le même joug raciste que les esclaves de « La Case de l’oncle Tom », autrement dit que l’exploitation de l’homme par l’homme se soit muée en exploitation éhontée de l’immigré (variantes, l’étranger ou le musulman) par le Français (variantes, l’Européen, l’Occidental, le Chrétien, le Laïque, etc.) et que cette exploitation justifie l’urgente nécessité, non plus de la lutte des classes, mais d’une lutte des races, celle de tous contre tous, qui donnera enfin aux immigrés (variantes, aux musulmans, aux Africains, aux étrangers) la place éminente qui leur revient ou dont la sociologie nous assure qu’elle leur échoit « naturellement ».

En fait, tout cela n’est qu’idéologie. La sociologie a beau se dire « science » (sociale), à l’instar du marxisme qui était baptisé « science des sciences » ou « science totale », elle ne démontre rien. Elle ne conclut qu’à ce qu’elle présuppose. Et si les conclusions auxquelles elle parvient sont conformes au iota près aux hypothèses de départ, c’est que la méthode n’a pas d’autre fonction que d’illustrer l’idéologie. Elle consiste à comparer les revenus et, en conséquence, le niveau de vie moyen des immigrés aux revenus et au niveau de vie moyen des Français. Bien entendu, comme les familles françaises disposent d’un petit patrimoine, accumulé pendant des siècles, que ce patrimoine cache l’appauvrissement croissant de la France et de ses habitants, comme, en plus, la sociologie n’intègre pas dans ses calculs les revenus occultes que ces immigrés tirent du trafic de drogues et excitants illicites, du vol, du recel, etc., et qu’il n’est jamais tenu compte du patrimoine immobilier, souvent considérable, accumulé dans les pays d’origine et dont ils tirent des revenus importants, il est aisé, après avoir ainsi tordu la réalité, de conclure superbement que le revenu moyen des Français et, en conséquence leur niveau de vie, est supérieur à celui des immigrés. Cette science est composée de la même farine mensongère que les enquêtes que publiaient les sociologues d’URSS pour prouver que les Soviétiques et les colonisés des pays frères jouissaient d’un niveau de vie supérieur à celui de tous les Occidentaux, qu’ils soient américains ou français. En URSS, seuls les fous ou les dérangés mentaux accordaient du crédit à ces conclusions. C’est aussi de la même science que les enquêtes et travaux savants par lesquels les maoïstes français s’évertuaient à prouver que l’immonde joug tyrannique chinois rendait plus heureux les hommes que la démocratie de l’Occident.

 

Pourtant, des faits que cachent nos pieux sociologues, tout confits de dévotion, démentent que les immigrés soient plus mal traités en France que les Français et qu’ils subiraient des discriminations, sources d’un racisme débridé. Mais le racisme de qui ? Celui des étrangers ? Cela n’est jamais précisé. Le racisme est imputé aux seuls autochtones, et sans preuve.

Ainsi, la revue de l’Institut National des Etudes Démographiques a publié, il y a quelques années, une étude sur l’espérance moyenne de vie des Marocains résidant en France. Bien entendu, cette espérance est largement supérieure à celle qui prévaut au Maroc, et elle est supérieure à celle de Français de souche, appartenant aux mêmes catégories sociales, ouvriers, ouvriers agricoles, petits employés, que ces Marocains. A l’intérieur de ce groupe que forment les Marocains de France, la règle est l’inégalité, dont les Français, de toute évidence, sont totalement innocents. En effet, dans ce groupe social et ethnique, les hommes, contrairement à ce que l’on observe partout ailleurs, vivent plus longtemps que leurs épouses ou leurs filles - ce qui signifie que celles-ci ne bénéficient pas des soins et des facilités de vie que les mâles se réservent, sans doute au nom de la supériorité islamique du mâle sur ses femelles. A quels gogos la sociologie espère-t-elle faire accroire que ces mâles sont victimes de discriminations ? Et quelles discriminations ? A elle-même ? Aux étudiants qu’elle déforme ? Aux journalistes qui se font les petits télégraphistes des fabricants de mensonges ? Bien entendu, personne ne s’illusionne sur la déontologie de la sociologie. Elle est marxiste, avant d’être autre chose, c’est-à-dire qu’elle n’est rien. Un jour, une enquête au petit pied prouvera que si, dans ce groupe des Marocains de France, les hommes vivent plus longtemps que les femmes, la faute en incombe aux seuls Français. La sociologie se contente de prouver les erreurs dont elle se nourrit. Partant de a) elle aboutit à a) et elle démontre savamment que a) est bien conforme à a). Ce n’est même pas de la tautologie, c’est du psittacisme. Couper des arbres pour fabriquer le papier sur lequel sont imprimées ces balivernes est un double crime : contre la nature et contre l’esprit.   

 

En revanche, sur ce sujet, elle pourrait renouer avec son insolence perdue qu’elle a aliénée au marxisme. Elle pourrait révéler ce qu’elle cache, si elle comparait les revenus, le niveau de vie, le taux de chômage de ces populations immigrées ou d’origine étrangère aux revenus, au niveau de vie, au taux de chômage de ces mêmes populations, quand elles vivent dans leur pays. Un Marocain, chômeur en France, a un niveau de vie et des revenus supérieurs à un Marocain, même fonctionnaire, qui n’a pas émigré. Un Marocain qui perçoit le seul RMI jouit d’un niveau de vie supérieur à celui de ses congénères qui travaillent dur au pays pour un salaire inférieur de moitié à un RMI. De fait, en France, ces populations jouissent d’une situation enviable et qui, à bien des égards, peut être considérée comme privilégiée. Si les sociologues abusent les Français qui, par masochisme ou imbécillité, acceptent de se laisser berner, ils ne trompent pas les Marocains qui aspirent au paradis sur terre qu’ils trouvent chez les infidèles. Tous savent qu’il vaut mieux percevoir des allocations en France sans travailler plutôt que de suer sang et eau au Maroc sous la schlague cruelle de coreligionnaires sans pitié. Ce qui est vrai du Maroc et des Marocains l’est aussi de l’Algérie et des Algériens, du Mali et des Maliens, de la Guinée et des Guinéens, des Comores et des Comoriens, de l’Iran et des Iraniens, etc. Le scandale le plus effrayant est celui de l’Algérie. Au Maroc, il est toujours possible, pour expliquer la condition des opprimés, d’invoquer la pauvreté du pays, lequel, bien entendu, est moins pauvre que ne le disent les sociologues de France, surtout s’ils sont d’origine étrangère. Pour ce qui est de l’Algérie, il serait obscène d’exciper de la pauvreté : l’Algérie est l’un des pays les plus riches au monde par les ressources de son sous-sol (pétrole, gaz, minerais divers) et par la fertilité de ses terres. Que, dans ces conditions, le chômage frappe 50% de la population est inconcevable, du moins pour un esprit ouvert et dénué de préventions ! Bien entendu, jamais les sociologues ne s’interrogent sur cette réalité. Ils ne la remarquent même pas. C’est que, s’ils la constataient, ils devraient l’expliquer et, pour cela, mettre en cause le pouvoir mafieux du FLN chéri qui détourne à son seul profit et à celui des clans ou familles alliés les richesses nationales et qui impose aux Algériens des discriminations qui relèvent du racisme. Or, quand on est sociologue marxiste, on ne s’en prend qu’à ses ennemis de classe, pas aux potes, encore moins aux camarades. Le pouvoir du FLN est tabou, sacré, haram. On n’y touche pas.

 

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a publié en 2002 un rapport « sur le développement humain dans le monde arabe » qu’ont rédigé, non pas des sociologues français (on frémit à l’idée des sornettes qu’ils auraient pu écrire), mais des experts arabes. De toute évidence, ces experts n’ont été formés ni à Paris VIII ni à Nanterre. Les bienheureux sont trop insolents pour avoir suivi un cursus de sociologie en France. Ils établissent que, dans les pays arabes (280 millions d’habitants répartis dans 22 pays, et dans vingt ans, 500 millions d’habitants), plus de 50% des femmes sont analphabètes. La proportion est moindre chez les hommes, mais elle est supérieure à ce que l’on observe dans les autres pays du monde. La production de biens et de services y est quasiment nulle. 330 livres seulement y ont été traduits en un an, soit trois fois qu’en Grèce. En mille ans, les Arabes auraient traduit moins de livres que les Espagnols en une seule année. Or, ces analphabètes fiers de leur ignorance volontaire, qui s’enferment de leur plein gré dans un mutisme culturel suicidaire, sûrs d’eux et arrogants, exigent, à peine débarqués à Roissy ou à Londres, qu’on leur prodigue des responsabilités, des emplois, des revenus supérieurs à ceux d’hommes et de femmes qui ont fait l’effort de lire des livres autres que Le Coran, de connaître le monde, de s’ouvrir aux autres, d’apprendre des rudiments de savoir, qui savent faire quelque chose de leurs dix doigts et pas seulement se prosterner devant une idole cinq fois par jour !

 

Puisque le robinet a été ouvert, que l’insolence coule à flots. Bien entendu, le parallèle ne saurait s’arrêter à ces broutilles. Ce que montre la sociologie, en répétant ce que tous les imbéciles disent, c’est que les Français sont racistes et que la France se blinde derrière des décisions, mesures, lois, etc. afin d’empêcher les immigrés ou les populations d’origine étrangère d’accomplir leur mission prophétique de sauveurs et de régénérateurs de la France. Examinons cette accusation. Toute imputation raciste, quelle qu’elle soit, n’est recevable que prouvée. Les hommes éclairés, les honnêtes gens, les philosophes, les vrais intellectuels se fondent sur les faits, les textes, les lois, les réalités pour établir le racisme. Ils n’ont pas d’autre horizon que ce qui est attesté, vérifiable et mesurable. Les faits, les textes, les lois, les réalités, les chiffres existent. Il suffit de les chercher où ils sont consignés, de lire les textes, d’additionner les chiffres, de consulter les lois et les règlements, de saisir les réalités, de prendre connaissance des statistiques, des journaux officiels, des constitutions, de les sortir de l’ombre, de les porter à la lumière, de les communiquer à autrui. Ces faits n’ont même pas besoin d’être interprétés, ils parlent d’eux-mêmes. C’est l’éloquence pure, qu’aucun parasite ne brouille. L’arithmétique n’est ni hâbleuse ni verbeuse. Elle élude les ruses, les détours, les ornements de la rhétorique.

Appelons « indicateurs » ces faits. Il y en a plusieurs. Il n’est pas utile de les énumérer tous. Laissons l’obsession de la nomenclature aux maîtres bourdivins. Les citoyens sont en mesure, avec un peu de patience et à condition qu’ils soient honnêtes, de compléter la brève liste que voici. Il est aisé d’isoler deux indicateurs. C’est à la portée du premier venu. Il est inutile d’avoir suivi des formations diplomantes. Etre Bac + 8 en sociologie de l’EHESS n’est pas nécessaire, le niveau CM 2 suffit. Si on sait compter, on pose les chiffres à la craie sur une ardoise d’écolier, on additionne, on n’oublie pas les retenues, on divise. Si on a vraiment le niveau CM2, on fait la règle de 3 et on confirme ses calculs en recourant à la preuve par 9. L’arithmétique d’école primaire est à l’opposé des aristocratiques Bac + 8 en sociologie. Elle est égalitaire, ouverte à tous, populaire. Elle est la démocratie en acte. Si l’on dispose d’une calculette, on n’a pas besoin de poser les chiffres. On est sûr de ne pas se tromper. Ce sont a) le nombre d'étrangers vivant dans un pays donné et b) le pourcentage de ces étrangers dans la population du pays. Autrement dit, ce sont des chiffres, absolus ou relatifs.

Une fois ces indicateurs établis, la loi que l’on en tire est un théorème. C’est le (a+b)² = a²+2ab+b² des potaches. La voici : plus le nombre d’étrangers vivant dans un pays donné est élevé, plus leur proportion dans la population est forte, moins le pays est raciste. Inversement, moins il y a d’étrangers dans un pays, plus leur proportion dans la population est faible, plus le pays est raciste. Un pays peut être peuplé d’individus que l’on accuse d’être racistes et ne pas être raciste : l’accusation, dans ce cas, est sans fondement. C’est une insulte, raciste évidemment. Inversement, il peut être habité par des individus qui se disent « purs » et croient appartenir à une race ou à une religion supérieure à toutes les autres et être raciste. Dans l’ordre raciste du monde, il est normal qu’une race supérieure n’accepte pas que vivent à ses côtés des inférieurs.

Eclairée par ces indicateurs, surgit une mappemonde qui redessine le monde. Les pays se répartissent, non pas en cinq ou six continents, mais en deux : les racistes et les autres. C’est binaire certes, mais le tableau a le mérite d’être clair. Les pays racistes sont ceux où il n’y a pas d’étrangers, parfois pas un seul. Les autres, pays normaux, sont ceux où les étrangers sont autorisés à vivre. Le Luxembourg, qui compte 30% d’étrangers dans sa population, n’est pas raciste. L’Algérie, où les étrangers sont menacés de mort et d’où ils ont été quasiment tous chassés, est raciste : c’est même un des centres du continent raciste. La France n’est pas raciste. Les chiffres l’attestent. Le Maroc, qui s’est purifié en trois décennies des trois-quarts des étrangers qui vivaient sur son territoire au début de la décennie 1960, est raciste. La Suisse ne l’est pas, l’Egypte l’est. L’Allemagne n’est plus raciste, la Turquie l’est. La Grande-Bretagne ne l’est pas, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran le sont, etc. L’Algérie, le Maroc, l’Egypte, la Turquie, l’Iran sont cinq pays, où l’islam a force de loi. Qu’ils soient au cœur du continent raciste n’étonne pas les citoyens qui savent comment va le monde.

 

Les autres indicateurs relèvent de la même arithmétique. Les immigrés sont des étrangers qui s’installent dans un pays, qui y cherchent du travail ou qui en ont trouvé, qui exercent une activité libérale, qui acquièrent ou ont acquis des biens, qu’ils peuvent vendre sans contrainte. Parfois, les immigrés cessent d’être des étrangers, quand, à leur demande, ils demandent la nationalité du pays où ils travaillent : de même, les réfugiés ont aussi la possibilité de devenir des naturels. Là encore, pour établir le racisme, il est inutile d’avoir obtenu un doctorat ès sciences sociales sous la direction d’un crétin sublime. Il suffit de s’être assis quelque temps sur les bancs de l’école primaire. On compte, on additionne, on divise ou, si on est fatigué de poser les chiffres, on se contente d’appuyer sur les touches de sa calculette. Plus il y a d’immigrés et plus leur proportion dans la population est forte, moins il est raciste. Inversement, le pays raciste par excellence est celui qui ferme ses frontières, qui interdit l’immigration ou fait tout pour dissuader les immigrés de s’installer sur son territoire, qui refuse d’accueillir des réfugiés. Qui est assez fou pour demander l’asile à l’Algérie, au Maroc, à l’Egypte, à l’Iran ? Ces pays ne comptent pas d’immigrés dans leur population, soit qu’ils les aient chassés comme l’Egypte, le Maroc, l’Iran, l’Algérie, soit qu’ils aient interdit l’accès de leur territoire aux immigrés. Ces pays qui sont dotés de lois racistes et où pullulent les racistes sont les mêmes que ceux où les étrangers sont indésirables, à savoir l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, la Turquie, l’Afghanistan, la Birmanie, l’Iran, etc.

 

Aux chiffres, s’ajoutent les lois, les pratiques, les règlements, qui sont aussi éloquents que les chiffres. En voici quelques-uns. Les immigrés et les réfugiés ont-ils la possibilité, s’ils le désirent, d’obtenir la nationalité du pays où ils vivent, à certaines conditions fixées par la loi et admises par l’ensemble des nations ? Si oui, le pays n’est pas raciste. Il ne se rêve pas comme pur. Il accepte l’Autre ou autrui, il est ouvert, il respecte les différences, etc. Des pays, comme l’Algérie, le Maroc, l’Arabie, réservent la nationalité à ceux qui sont de sang algérien, marocain, saoudien, et qui, bien entendu, professent l’islam. Ils interdisent à leurs ressortissantes d’épouser des infidèles, qui pourraient leur injecter dans le sang - pur, comme il se doit - le sida de l’incroyance. Au regard de ces indicateurs, la France n’est pas raciste. L’Algérie, le Maroc, l’Arabie le sont.

Des droits sont-ils accordés aux étrangers, immigrés ou réfugiés ? Lesquels ? Combien ? Jouissent-ils des mêmes droits que les autochtones ? Leur attribue-t-on des logements sociaux ? Peuvent-ils acheter des terres ? Peuvent-ils posséder des biens, mobiliers ou immobiliers ? Ont-ils le droit d’inscrire leurs enfants dans des écoles publiques ? Dans les pays islamiques, la discrimination est la règle. Elle touche les infidèles ou dhimmis, considérés comme inférieurs et dont les droits sont limités à celui de respirer sans avoir à en demander l’autorisation. En Egypte et au Maroc, les logements sociaux sont réservés aux nationaux. Ici ou là, dans les pays islamiques, les écoles publiques sont interdites aux étrangers ou aux infidèles.

Y a-t-il des juifs et des tziganes ? Combien ? Sinon, y en a-t-il eu ? Quand sont-ils partis ? Sont-ils partis librement ou en ont-ils été chassés ? Quel est leur statut ? Il n’y a pas de juifs dans les pays racistes. En Turquie, en Algérie, en Egypte, au Maroc, en Iran, en Arabie, ou bien ils ont disparu, chassés, pourchassés, persécutés, expulsés, ou bien ils sont interdits de séjour. En l’espace de quelques années, le Maroc a divisé par 10 le nombre de ses juifs. Tous partis, comme les autres immigrés.

L’islam, prétend encore la sociologie, pâtit de l’échange inégal. Examinons cela. L’islam dispose de ressources naturelles, dont la France est dépourvue, en particulier le pétrole et le gaz naturel. Le coût d’exploitation du pétrole est de 3 à 5 $ US le baril, si l’on prend en compte les amortissements, les investissements nécessaires, les taxes, etc. Or, il est vendu de 20 à 50 $ US, à un prix qui est le décuple du coût réel. La France ne vend pas aux pays d’islam le blé, les voitures, la viande de mouton, etc. à un prix dix fois supérieur au prix de revient, même augmenté d’un bénéfice de 30% pour rémunérer les actionnaires. Elle accueille des millions de musulmans, leur offre asile, travail, avantages sociaux, études et libertés. En retour, l’islam n’offre rien. Les musulmans acceptent sur leur sol mille fois moins d’étrangers ou d’infidèles que la France n’accueille de musulmans. Ceux qui résident en terre d’islam n’ont accès à aucun des avantages (loyers HLM, soins gratuits, etc.) prodigués aux musulmans. De ce point de vue, c’est la France qui est victime d’un échange inégal – mais personne ne s’interroge pas sur cette inégalité ni sur ce qu’elle signifie.

 

De cet examen, on peut conclure que la sociologie est bien pensante, dévote, soumise, qu’elle fait ses ablutions rituelles, qu’elle ne pense pas le réel, mais qu’elle le cache et qu’enfin, elle se fait inquisiteur, délateur ou commissaire politique, dès qu’elle parle de racisme. L’accusation raciste dont elle a fait sa spécialité a une réalité, mais elle n’a pas de fondement. Elle est vraie, au sens où elle est énoncée, non pas au sens où elle est juste. Ce que ce mot désigne, à savoir la certitude que nourrissent des hommes d’être d’une race, religion, classe, pays, nation, civilisation supérieurs aux autres, existe aussi, à n’en pas douter, mais pas en France. Il n’a pas de réalité chez les Français. Socrate aurait dit que le nom s’est éloigné de la règle de justesse qui régit le langage. Ce qui est faux dans cette affaire, c’est l’objet sur lequel porte l’accusation, c’est-à-dire ce sur quoi elle porte, entité - la France - ou êtres humains - les Français. Pour que les sociologues retrouvent leur insolence passée (mais en ont-ils le désir ?), il leur faut abandonner le marxisme dont ils se gavent. Cette libération, si elle se produit un jour, n’est pas pour demain.

 

 

14:54 Publié dans Signes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, france, politique

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