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25 novembre 2010

Activiste, activisme

 

 

 

Activiste, adjectif et nom, et activisme, tous deux dérivés de l’adjectif actif, sont deux mots récents : le second est attesté en 1906, d’abord en géologie, le premier en 1916. Commençons donc par le plus ancien. L’activisme en géologie est une théorie qui explique l’état actuel des roches par l’activité des molécules chimiques dont elles sont faites. Le mot s’est étendu à la philosophie et à la psychologie, où il désigne « diverses doctrines philosophiques, morales ou spirituelles mettant en relief le rôle primordial de l’action concrète dans la conception de la vérité ou la conduite de la vie » (in Trésor de la langue française, 1971-94) ou une « sorte de pragmatisme donnant la primauté aux exigences de la vie et de l’action » (Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition, en cours de publication). De là, le mot a débordé sur la politique : « Attitude de ceux qui préconisent l’action directe et la violence pour faire aboutir leurs revendications et imposer leurs idées » (DAF) et « Doctrine ou méthode d’action d’un mouvement politique ou syndicaliste préconisant l’action directe » (TLF). Quant à activiste, il a pour sens, quand il est adjectif, « relatif à l’activisme philosophique ou politique » et « partisan de l’activisme », quand il est substantif.

Dans la Nouvelle Langue Française (ou nova gallica lingua), activiste est surtout employé comme un euphémisme : l’activisme en philosophie s’est effacé et en politique, ce n’est plus qu’un mauvais souvenir laissé en Belgique par les flamingants. Ceux qui en font un usage immodéré, ce sont les spécialistes de l’Islam et de l’islam quand, plutôt que de désigner par les mots criminels ou tueurs les auteurs d’attentats, leurs complices, leurs inspirateurs, ils les qualifient d’activistes ou les nomment ainsi. En 1916, les Flamands ou « flamingants » militaient pour que leur langue ne soit plus tenue pour un patois sans intérêt. Il n’y a rien de commun entre un individu généreux qui défend une langue méprisée et un autre, plein de haine, qui pose des bombes dans le métro pour faire le plus de morts possible. Ils sont aussi différents l’un de l’autre et incompatibles que l’eau et le feu, ce qui n’empêche pas certains de les désigner du même nom.     

Dans le Trésor de la Langue française, le nom activiste reçoit trois acceptions. C’est ou un partisan de l’action directe ou le propagandiste d’un mouvement politique ou syndical ou un extrémiste, notamment en parlant de membres d’organisations d’extrême droite. Aucun de ces sens n’est propre à l’islam ou aux musulmans. L’abîme qui sépare l’adhésion à une doctrine politique et des crimes de masse, de guerre ou contre l’humanité a beau être profond, cela ne dissuade pas certains islamologues de le franchir allègrement. Ainsi ils inscrivent les crimes commis par les musulmans dans l’histoire de l’Europe. Il semble qu’ils soient animés de la volonté d’en faire des crimes spécifiquement européens ou occidentaux et d’en exonérer ainsi l’islam. Ces faits de langue sont récurrents (cf. born again, martyr, jeunes occidentalisés, islamiste, intégrisme, fondamentalisme), ils ne peuvent pas être dus au hasard. Ces manipulations de sens n’ont pas d’autre but que de faire porter la responsabilité de crimes de masse sur les victimes.

 

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