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04 décembre 2010

Immigration

 

 

On connaît le petit air de serinette qu’entonnent chaque jour les gros consciencieux du social et autres compagnons de route : la France pays d’immigration, c’est l’immigration qui a fait la France, sans immigration la France ne serait rien, la population de la France est formée d’immigrés depuis vingt ou trente ou cinquante générations, etc. De dénégations identiques, nous fûmes abreuvés jadis. La France pays d’immigration depuis la nuit des temps, ce slogan est de la même farine sale qu’il n’y a pas de camp de concentration en Union soviétique, Chine, Cuba, Corée, etc. ou que dans les chambres à gaz n’ont été tués que des poux, ou qu’islam signifie paix.

Si la France avait été façonnée par l’immigration, alors les mots immigration, immigrer, immigrés auraient été en usage depuis la nuit des temps. Bien entendu, il n’en est rien. Immigration est attesté dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Selon les lexicographes du Trésor de la langue française (1971-94), il est formé à partir du verbe latin immigrare sur le modèle du nom émigration, attesté antérieurement (en 1752). Il est enregistré un siècle plus tard dans la septième édition du Dictionnaire de l’Académie française, où il est défini ainsi : « Action de venir s’établir dans un pays étranger ». Si l’immigration avait été un phénomène de masse alors, les académiciens auraient sans aucun doute illustré cette définition d’un exemple référant à l’installation de peuples entiers ou de fragments de peuples entiers, Africains du Nord, Russes, Noirs d’Afrique, Turcs, Tamouls, etc. dans tel ou tel département français. Bien entendu, il n’en est rien. Et s’il n’en est rien, c’est que le phénomène n’existait pas ou ne touchait que quelques centaines de personnes. L’exemple qui en 1879 illustre l’immigration, c’est « l’immigration des Européens en Amérique », c’est-à-dire en fait leur émigration : « l’immigration des Européens est une des principales causes de l’accroissement de la population en Amérique ».

Le premier lexicographe qui ait enregistré ce mot est Barré, en 1842, dans le Complément (au Dictionnaire de la l’Académie française) : « Établissement d’étrangers dans un pays », définition qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à toute invasion ou toute colonisation, si bien que, pour éviter ce recouvrement de sens, les académiciens, dans la huitième édition du DAF (1932-35), se contentent d’un prudent « action d’immigrer ». Barré ajoute que c’est « l’opposé d’émigration » et que « le mot a été employé par Destutt de Tracy », célèbre idéologue, mot qu’il a justement inventé en même temps qu’idéologie. Littré ne s’embarrasse pas, il reprend la définition de Barré : « Établissement d’étrangers dans un pays, l’opposé d’émigration » (Dictionnaire de la langue française, 1863-77).

En revanche, dans les dictionnaires publiés dans le dernier tiers du XXe siècle, comme il fallait s’y attendre, non seulement la définition du mot immigration s’amplifie, de toute évidence en relation avec la croissance du phénomène que le mot désigne, mais encore elle se fait plus précise. Ce n’est pas seulement « l’action de venir s’établir dans un pays étranger » ou « l’établissement d’étrangers dans un pays », c’est « l’action de venir s’installer et travailler dans un pays étranger, définitivement ou pour une longue durée » (TLF, op. cit.). Le phénomène prend une telle ampleur que le mot ne désigne pas seulement une « action » ou un phénomène, mais aussi « par métonymie » l’ensemble des immigrés qui se sont établis dans telle ville ou dans tel pays (TLF) ou, selon les académiciens, « la population immigrée » (neuvième édition, en cours de publication depuis 1994), mais sans que ces emplois soient illustrés d’un exemple éloquent. Car, les auteurs de ces dictionnaires sont très prudents. Ils font référence aux Polonais (l’immigration polonaise dans le Nord de la France), aux Chinois (l’immigration chinoise est regroupée dans ce quartier de la ville), aux Irlandais (l’immigration des Irlandais aux États-Unis), aux provinciaux (« l’immigration provinciale », « l’immigration interne ou régionale »), aux populations sibériennes venues de très loin pour s’établir en Mandchourie ou en Mongolie, à la main d’œuvre ou aux travailleurs de force, mais jamais aux villages ou aux bourgs entiers du Rif ou de l’Atlas ou de la brousse sahélienne ou des plateaux d’Anatolie ou des montagnes kurdes qui viennent s’établir en France, avec femmes, enfants, vieillards, moutons, imams, viande et commerces hallal, mosquées, racisme, voiles, niqabs, etc. etc. etc. De cette immigration-là, les dictionnaires, même ceux qui ont été récemment publiés, même les plus savants, même les plus au fait des sciences du social, ne disent mot : c’est motus et bouche cousue. On s’infibule les lèvres. C’est qu’il ne faut pas que l'air de serinette « France terre d’immigration » soit retourné, tant il est faux, en sa vérité « France terre d’invasion ».

Il est dans le Trésor de la langue française quelques perles, non pas dans les définitions, mais dans les exemples, en particulier cet extrait daté de 1970, d’un dénommé Georges, sans doute l’un des innombrables géographes du PCF, extrait censé donner un peu de réalité à l’expression politique d’immigration, au sens de « lois restreignant et contrôlant l’immigration ». Le voici : « La plupart des grands pays d’immigration (…) pratiquent aujourd’hui (en 1970) une politique restrictive (...) et en tout cas sélective, au bénéfice des immigrants pourvus d’une instruction élevée apportant au pays d’accueil le concours d’une compétence professionnelle. Exceptionnellement, les États industriels de l’Europe occidentale font appel, à titre temporaire plus qu’à titre définitif, à des travailleurs de force pour l’exécution des travaux ingrats ou dangereux qui sont délaissés par leurs nationaux (Nord-Africains...). Toutefois les menaces de récession rendent ces pays très prudents dans leur politique d’immigration ». Tout dans cet extrait est écrit à l’encre rouge de l’idéologie : « politique restrictive » (plus de deux cent mille immigrés par an, sans compter les clandestins), « politique sélective » (la plupart des immigrés sont analphabètes ou quasiment analphabètes et n’ont aucune compétence professionnelle), « les travaux ingrats ou dangereux » sont effectués par des machines ou des robots, la récession et le chômage de masse n’ont pas arrêté l’immigration de masse.

La consultation des anciens dictionnaires est source de lumière pour ce qui est de la réalité, purement fantasmatique, de l’immigration. En revanche, le phénomène devenant massif depuis une trentaine d’années, au point de s’apparenter à ce que la Gaule romanisée a subi du Ve au Xe siècle, il n’a plus qu’une réalité ombreuse, conforme à ce que les bien pensants exigent que l’on en sache.  

 

 

 

 

 

Commentaires

"Judéo-chrétien "
historique ?

http://decadence-europa.over-blog.com/article-judeo-chretien-62373984.html

Besoin ( la retraite à chacun selon ses besoins , selon Hamon )


Gambetta curieux ancêtre de français , par sa branche paternelle de Ligurie !

Écrit par : @@ | 05 décembre 2010

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