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15 décembre 2010

Occupation

 

            Les auteurs de dictionnaires latin-français traduisent le mot occupatio (dont occupation est emprunté) par « action de prendre possession, action de s’emparer, prise de possession », « affaire, embarras, soin, préoccupation ». Ce nom est dérivé du verbe occupare, traduit dans ces mêmes dictionnaires par « s’emparer, prendre possession, se saisir de », « occuper (un espace), tenir, remplir », « occuper (l’esprit), employer (le temps), placer (de l’argent) », « prendre le premier, prévenir, devancer, prendre les devants, prendre l'initiative, faire le premier, dire le premier ».

            C’est dans deux de ces sens latins que, à partir du XIIe siècle, le nom occupation est attesté : « ce à quoi on consacre son activité, son temps » (1175) et « action de s’emparer d’un bien » (1360), comme chez Frédéric Godefroy (Dictionnaire de l’ancienne langue française, 1880-1902) : « action d’occuper un lieu, de s’y établir » et « affaire, pratique, emploi qui prend, qui occupe le temps » ou comme chez Furetière (Dictionnaire universel, 1690 : « occupation se dit de l’action de s’emparer, de se saisir de quelques postes avantageux » (« l’occupation des passages, des avenues, des cols de montagnes est une chose très importante à la guerre ») et « il signifie plus ordinaire ce à quoi on s’applique, à quoi on passe, on emploie son temps » (« La plupart des hommes n’ont d’autre occupation que le jeu, le divertissement ; un homme qui s’applique à l’étude ne manque jamais d’occupation ; ce commis a tant d’occupation qu’il n’a pas le loisir de se moucher »). A l’opposé de Furetière, les académiciens ne relèvent qu’un seul sens, non pas le sens militaire, mais le sens civil et paisible : « Emploi, affaire à laquelle on est occupé » (1694, 1718, 1740, 1762, 1798). Ce n’est que dans la sixième édition, celle de 1835, qu’ils y ajoutent le sens militaire, glosé ainsi : « Occupation signifie, en termes de guerre, l’action de s’emparer, de se rendre maître d’un pays, d’une place, d’en prendre possession militairement » et illustré, entre autres emplois, par celui-ci : « armée d’occupation, armée destinée à contenir un pays nouvellement conquis ou envahi ».

            Le la est donné, occupation est un terme de droit (c’est l’action de s’emparer d’un lieu illégalement), mais aussi un terme de guerre. Les lexicographes postérieurs le confirment, Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77 : « 1. Action d’occuper, de s’emparer d’un lieu, d’un bien (exemple : « l’occupation a précédé la propriété »). 2. Terme de guerre. Action de se rendre maître d’un pays, d’une place. Armée d’occupation, armée destinée à contenir un pays vaincu. On nomme aussi armée d’occupation, celle qui, agissant dans l’intérêt d’une puissance amie ou alliée, occupe militairement ses provinces pour les garantir d’une surprise, d’une invasion, d’une insurrection ») ; les académiciens (1932-35 : « Action d’occuper militairement un pays, une région » (armée d’occupation) » ; « il désigne aussi l’action de s’établir, de se saisir de » (l’occupation a précédé la propriété) ; le Trésor de la langue française (1971-94 : « Action d’occuper (un lieu, un espace, une surface) ; résultat de cette action ; action d’occuper (un lieu, un espace) sans autorisation ou par la force ; résultat de cette action » et « dans un contexte militaire, action pour un État belligérant vainqueur d’installer une force armée, souvent une administration sur le territoire d’un État vaincu ; résultat de cette action ; temps que dure cet état de fait ») ; les académiciens (neuvième édition, en cours de publication : « action d’occuper un lieu, de s’y installer » et « action de s’emparer, de se rendre maître d’une ville, d’un territoire, d’un pays, d’en prendre possession militairement », les académiciens et les lexicographes du TLF distinguant avec soin et par l’orthographe l’occupation (avec un o minuscule) dans ce dernier sens (à savoir « action de s’emparer, de se rendre maître d’une ville, d’un territoire, d’un pays, d’en prendre possession militairement ») de l’Occupation, avec un O majuscule, à savoir « la période durant laquelle, de 1940 à 1944, la France fut partiellement, puis entièrement occupée ».

            Les rues qui sont barrées et interdites à toute circulation chaque vendredi à midi dans certaines villes de France, comme cela est de règle en Egypte, en Algérie, au Maroc, etc. en dépit des mosquées construites à la pelle dans ces pays, sont bien au sens propre de ce terme, mais dans le premier sens, juridique, et non pas militaire, une occupation illégale de lieux publics, à savoir une « action d’occuper (un lieu, un espace, une surface) sans autorisation ou par la force » et le « résultat de cette action ». La difficulté n’est pas là, on l’a bien compris, mais dans le saut du premier sens juridique au second, lequel est militaire : terme de droit ou terme de guerre ? Tout dépend de l’analyse qui est faite de l’islam. Est-ce une simple religion ou une religion simple, pour ne pas dire simpliste ? Ou bien une idéologie politico-juridique, totalitaire, haineuse, raciste, qui se répand dans le monde par le djihad, lequel peut être ouvert et violent ou caché et s’attaquant d’abord à des symboles avant de s’en prendre aux personnes ? De toute évidence, les journaleux, les associateux, les politiciens ne sont pas en mesure de trancher.

 

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