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20 janvier 2011

Sécessions

 

Soudan et Côte d'Ivoire

 

 

Il n’est nul besoin d’être devin pour affirmer que, de toute évidence, Ouattara a remporté l'élection présidentielle. Il suffit de faire un peu d’arithmétique. En Côte d'Ivoire, le vote est et a été ethnique; autrement dit, les électeurs ont accordé leur suffrage à celui des candidats qui représentait leur ethnie ou leur "race". Au premier tour, trois groupes ethniques ont obtenu plus de 10% des suffrages : celui du Sud (Bétés, Krus et autres lagunaires) 37%; celui du Nord (Dioulas, Malinkés, Sénoufos, Lobis) 32 %; celui du centre (Baoulés et Agnis) 25 %. Les deux derniers groupes ethniques, Nord et Centre, étant alliés contre celui du Sud, arithmétiquement le candidat de l'alliance dioulas-malinkés-sénoufous-baoulés dépassait, en capital de voix potentielles, la majorité absolue : de fait, il a obtenu 54 ou 55 % des voix et 100 % des voix dans de nombreux bureaux de vote du Nord.

L'arithmétique a donc désigné Ouattara comme président de la République de Côte d'Ivoire, mais l'arithmétique ne fait pas la démocratie. Pour qu’il y ait démocratie, il faut qu’il y ait un « démos », c’est-à-dire un peuple. Or, en Côte d’Ivoire, il y a au moins trois peuples. Même si Ouattara accède au pouvoir, il n’administrera que son peuple…

Ouattara est un nom célèbre dans l'histoire, non pas de la Côte d'Ivoire, mais des peuples dioulas ou malinkés et de leurs alliés de Haute-Volta et du Nord de la Côte d'Ivoire. Le candidat actuel descend d'une dynastie qui a établi un empire autour de la ville de Kong située dans le nord de la Côte d'Ivoire actuelle, connu sous le nom d'Empire Kong ou d'Empire Ouattara. Cet empire religieux fanatique, qui a duré jusqu'à la fin du XIXe siècle, avait pour ressources principales, entre autres, l'esclavage et le commerce des esclaves. En effet, pendant plus de trois siècles, les Ouattaras du Nord ont razzié dans la région forestière du Sud de la Côte d'Ivoire un grand nombre d'esclaves, qu'ils ont fait travailler à leur service ou qu'ils ont vendus aux marchands arabes venus du Nord : entre musulmans, on s'est vendu de la chair de non-musulmans.

Mettez-vous à la place des hommes et des femmes du Sud, dont les ancêtres ont survécu difficilement, et dans la forêt, aux razzias organisées par l'Empire Ouattara et qui seraient obligés soudain un siècle et demi plus tard de revivre le cauchemar de leurs ancêtres, lequel, même atténué, même symbolique, reste à leurs yeux un cauchemar. Bien entendu, aucun des bien pensants qui contrôlent les médias n'a osé expliquer sereinement, sans haine, objectivement, cette situation, préférant faire passer Ouattara pour un "libéral" et Gbagbo pour un nationaliste haineux et raciste.

 

La situation de la Côte d'Ivoire n’est pas différente de celle du Sud Soudan. Pendant le dernier demi-siècle, les habitants de cette région ont dû subir les exactions, les massacres, l'esclavage des gens du Nord, arabes et musulmans. Pour faire cesser ce martyre, la communauté internationale a opté pour un référendum au terme duquel le peuple du Sud Soudan a choisi l'indépendance : pour lui, c'en est fini de la menace que les esclavagistes du Nord ont fait peser sur le Sud du Soudan et sur les pays d’Afrique noire pendant quatorze siècles. Il s'en suivra la partition de ce pays, dont les frontières ont été tracées par les puissances coloniales.

Pourquoi ce qui est bon pour le Soudan ne le serait-il pas pour la Côte d'Ivoire ? Que vaut-il mieux ? Un Etat issu de la colonisation qui rassemble des peuples que tout oppose ou que rien ne réunit et qui va ou peut sombrer dans une guerre sans fin ou dans une ruine totale ou être livré à l'anarchie ? Ou bien deux Etats aux frontières reconnues internationalement et dont les peuples vivent chacun leur destin, indépendamment l'un de l'autre ? Ce n'est sans doute pas l'idéal, mais c'est préférable à l'apocalypse qui se prépare et dont les prodromes ont déjà fait des milliers de morts.

 

Commentaires

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1 ALSACE versus ALLEMAGNE
1a incompténce
2 " Acquis" de base mal acquis ?

2 LAPSUS

3 ATTRIBUER On m'attribue ( Alliot-Marie )

4 babouche

5 katiba

6

Mitterrand retire Louis-Ferdinand Céline des célébrations nationales 2011
Louis-Ferdinand Céline avait une nouvelle fois créé remous et polémiques mais le nom de cet écrivain, antisémite notoire, a été retiré vendredi soir du calendrier des célébrations nationales de 2011 sur décision du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.
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photo : AFP "Après mûre réflexion, et non sous le coup de l'émotion, j'ai décidé de ne pas faire figurer Céline dans les célébrations nationales", a annoncé M. Mitterrand vendredi soir lors d'un point de presse. "Ce n'est en aucun cas un désaveu à l'égard du Haut comité (chargé d'établir la liste des personnalités célébrées) mais une inflexion que j'assume pleinement", a-t-il ajouté.

Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), s'est réjoui de cette décision qu'il avait réclamée. "J'adresse mes félicitations à Frédéric Mitterrand d'avoir eu le courage de désavouer ceux qui, dans son ministère, ont laissé passer cette bourde", a-t-il dit à l'AFP.

M. Mitterrand avait pourtant signé l'avant-propos du recueil des célébrations qui doit désormais être remanié, sans Céline.

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littérature
Décès de l'académicien Jean Dutourd, réactionnaire assumé et féroce critique de l'air du temps
Immense écrivain, et l'un des plus traduits, Céline, mort il y a 50 ans et marqué du sceau de la collaboration et de l'antisémitisme, était inscrit dans ce recueil des célébrations officielles au côté de Blaise Cendrars, Franz Liszt, André Leroi-Gourhan ou encore Georges Pompidou.

Auteur du "Voyage au bout de la nuit" ou encore de "Mort à crédit", Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) a rédigé de nombreux pamphlets violemment antisémites avant et pendant l'Occupation.

"Ce n'est pas à la République de commémorer un homme comme Céline. On ne peut pas faire abstraction du côté négatif du personnage", a poursuivi M. Klarsfeld. Plus tôt dans la semaine, il avait annoncé qu'il en appellerait au président de la République si Céline n'était pas retiré des célébrations.

Le ministre de la Culture a assuré en marge de la conférence de presse "qu'aucune controverse ni aucune pression n'avaient eu de prise sur lui". Mais, a-t-il ajouté, "en mon âme et conscience et au contact de l'émoi de certains, j'ai pensé qu'il était de mon devoir de prendre cette décision".

Henri Godard, grand spécialiste de Céline, qui avait rédigé la notice sur l'écrivain dans le recueil des célébrations, a déclaré à l'AFP se sentir "intégralement piégé par ce recul" du ministre de la Culture dont il n'avait pas été informé : "Je tombe des nues, personne ne m'a contacté", a-t-il lancé.

Pour lui, il s'agit aussi "d'un désaveu du Haut Comité" présidé par l'historien Jean Favier.

"Je pensais que la valeur de la création littéraire de Céline méritait d'être mise en valeur", a ajouté M. Godard, qui a dirigé l'édition de textes de l'écrivain dans la prestigieuse collection de la Pléiade de Gallimard et fut condisciple de Serge Klarsfeld pendant leurs années de lycée.
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Écrit par : @@ | 21 janvier 2011

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