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16 mars 2011

Nucléaire

 

            Ce mot, qu’il soit employé comme adjectif en botanique ou en physique (énergie, centrale nucléaire) ou comme nom commun (le nucléaire), est récent, bien qu’il soit formé à partir d’une base latine, nucleus « noyau », nucleus étant un diminutif de nux « noix ». Il est attesté pour la première fois en 1840 comme terme de botanique et en 1857 comme terme de biologie : « relatif au noyau de la cellule ». Il est enregistré en 1842 par Barré dans le Complément du DAF : « adjectif des deux genres (botanique), qui a rapport au noyau ou à son contenu », définition que Littré reprend textuellement dans son Dictionnaire de la langue française (1863-77). .

            C’est en 1919 qu’il est employé comme terme de physique et de chimie après les découvertes du radium. Dès lors, les emplois sont en rapport avec les recherches sur l’atome et avec  les applications industrielles qui en sont faites, comme l’atteste l’assez long article du Trésor de la langue française (1971-94) : « relatif au noyau de l’atome » ; « énergie nucléaire, énergie dégagée par la fission du noyau d’atomes lourds ou la fusion de noyaux d’éléments légers » ; « emploi substantif masculin, le nucléaire : l’énergie nucléaire ; l’ensemble de ses utilisations » ; « qui se rapporte à l’énergie nucléaire, à sa production, à son utilisation » ; « qui concerne l’utilisation militaire de l’énergie nucléaire » ; « médecine nucléaire, utilisation de produits radioactifs dans l’exploration du corps humain ».

            Le mot est enregistré dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, en cours de publication depuis 1994. C’est la première fois qu’il apparaît dans ce dictionnaire. L’article est relativement long, ce qui témoigne du succès du mot. Trois acceptions sont distinguées : « (biologie) qui se rapporte au noyau d’une cellule » : « (physique) qui se rapporte au noyau de l’atome » (physique nucléaire, fission nucléaire, fusion nucléaire, énergie nucléaire, le nucléaire civil, le nucléaire stratégique, centrale nucléaire, arme nucléaire, guerre nucléaire, essai nucléaire, puissance nucléaire) ; « (sociologie) famille nucléaire, famille constituée autour du noyau parental et composée des parents et de leurs enfants ».

Qu'un mot aussi récent et la chose qu'il désigne suscitent autant de peurs incontrôlées et irrationnelles (l'extraction du charbon entraîne des milliers de morts chaque année sans que cette activité soit tenue pour diabolique) peut se comprendre, tout au moins chez les personnes qui habitent près des centrales nucléaires. Dans le cas d'individus qui se trouvent à des milliers de kilomètres de toute centrale et qui sont Bac + 5 ou + 15, "instruits", sciencieux "éclairés", diplômés en sociologie, ces peurs sont assez peu compréhensibles, à moins qu'elles ne soient destinées à attiser les angoisses millénaristes et à ressusciter les terreurs de l'an mil. C'est que ces toutes petites "réalités" que sont le noyau, la cellule, l'atome et que l'on ne voit pas à l'oeil nu sont, du moins dans l'esprit des terrifiés de l'an deux mil, les suppôts de Satan ou les inventions du Malin.   

 

            Face à la tragédie qui s’abat sur eux, les Japonais, qui sont conscients depuis toujours de vivre non pas under the volcano, comme dans ce roman surfait de Lowry, mais sur des volcans en activité, et qui s’en sont fait une raison, font preuve collectivement d’une dignité exemplaire. On aimerait qu’il en fût de même en France. Or, quarante-huit heures après le séisme de magnitude 9, alors que l’on apprenait que le raz de marée consécutif à ce séisme avait fait au moins dix mille morts et détruit toutes les villes de la côte Nord Est du pays, et que ce raz de marée avait endommagé les systèmes de refroidissement des réacteurs arrêtés d’une centrale nucléaire, ce qui pourrait entraîner une fusion du combustible, des politiciens français et allemands sans scrupules, les Mamère, Duflot, Cohn-Bendit, Joly (pas jolie la Joly), Lepage, Aubry, Villepin, etc. en ont profité pour faire leur propagande sur le dos des malheureux Japonais. Pourquoi pas un référendum contre les raz de marée ? Et contre les tremblements de la terre ? Ils seraient sûrs d’obtenir des résultats de tyranneaux africains. Pas de compassion, pas de solidarité, on surfe sur la tragédie d’un pays pour engranger le plus de suffrages possible. Il est vrai que ces politiciens sont des professeurs de vertuisme et des prescripteurs de moraline – en bref, de vrais tartuffes. Dans les années 1930, un Juif était-il mêlé à une escroquerie nationale, tous les Juifs étaient montrés du doigt. En 2011, rien n’a changé. Les vautours ont trouvé des charognes à ronger ; ils ont posé leurs dents dessus ; ils ne lâcheront rien, tant qu’ils n’auront pas nettoyé les carcasses.

Commentaires

► « Les vautours ont trouvé des charognes à ronger ; ils ont posé leurs dents dessus ... »

■ l'image est osée, et je ne savais pas que les vautours étaient des dentirostres. Mais je suis d'accord avec vous sur le fond de l'article.

Écrit par : Ricoxy | 11 avril 2011

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