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20 mai 2011

La Conquête n'aura pas pour suite La Quéquette

 

 

 

Les seuls à envier le sort, à dire vrai pitoyable, de Monsieur Strauss-Kahn sont les milliers de malheureux, innocents pour une bonne partie d’entre eux, qu’humilie chaque jour la belle justice de la Patrie des Droits de l’Homme et qui, pour certains d’entre eux, croupissent dans les geôles de la Mère des Arts, des Armes et des Lois, sans que quiconque, même pas Aisselle et les Hesseliens, s’en indigne, sans que les journaleux du monde entier prennent leur défense, sans que les politiciens leur expriment quelque solidarité que ce soit. M. Strauss-Kahn était près d’entrer triomphant et « traînant tous les cœurs après soi » au Capitole ; on l’a retrouvé gisant et à demi mort au pied de la Roche tarpéienne. Il n’y a rien de neuf dans ce bref séjour en prison, ni dans cette inculpation. Tout a été dit sur des millions de destins semblables depuis que l’homme est homme et tout ce qui en est dit n’est que redite, répétition nauséeuse, éternel ressassement, sauf ce qui est caché, à savoir la signification politique et sociale, sur laquelle pèse le couvercle noir et lourd de l’omerta.  

Monsieur Strauss-Kahn est l’un de ces idéologues immensément riches qui ont décidé il y a quinze ans environ que la gauche et le parti socialiste devaient abandonner le peuple français à sa déréliction. En bref, finis les pauvres, les ouvriers, les paysans, les prolétaires, les chômeurs, les exploités, les dominés, etc. (sauf si ces pauvres sont immigrés, noirs, arabes et musulmans, auquel cas ils restèrent des élus) et vivent les riches, les exploiteurs, les nantis, les dominants, la classe moyenne supérieure, les consultants, les communicants, les publicitaires, les manipulateurs de symboles, etc. Il est la nouvelle classe que « privilégie » la gauche : des millions de dollars, d’euros, de yens, de livres, etc., mais plus de francs, sauf s’ils sont suisses ; des appartements luxueux sur tous les continents ; des palais là où il faut en avoir pour être (Marrakech) ; plusieurs passeports ; des voitures de luxe ; des suites dans les palaces à 3000 $ la nuit ; des costumes à vingt ou trente mille dollars pièce ; des cautions de 5.000.000 de $ ou plus ; des dispositifs de protection et de surveillance à 200.000 $ par mois (dispositifs contre lesquels s’indignent habituellement tous les élus socialos, cocos, trotskos, maos, etc.) ; une existence de nabab, de pacha oriental, d’émir pétrolier, de grand financier international. Voilà ce qu’est la « gauche » nouvelle. « Nouvelle » ? Pas tant que ça : elle a près de trente ans.

Ce que s’autorise Monsieur Strauss-Kahn, c’est le droit de cuissage féodal - "droit" qui n’est qu’une fiction et n’a jamais eu d’existence, mais que la mythologie de gauche prêtait aux "seigneurs" du Moyen Age  et que les grands propriétaires latifundiaires d’Amérique et d’Afrique se sont approprié ; et grâce auquel ils s’autorisaient à sauter les femmes et les filles de leurs serfs, paysans, obligés, domestiques, etc. Que Monsieur Strauss-Kahn saute les militantes, les camarades, les filles et les femmes de militants, les femmes ministres, députés, sénateurs, hauts fonctionnaires, les journalistes, les femmes et les filles de ministres, de députés, de sénateurs, etc., cela n’a pas de signification sociale ou politique. Après tout, quand on est député et que l’on a un mari vieux, rabougri, impuissant, mou, il vaut mieux s’envoyer en l’air avec un chaud lapin, un peu brutal, atteint de priapisme et ithyphallique, plutôt que passer de longues nuits blanches à mourir de désirs. Mais dans la suite du Sofitel, un grand seigneur de la finance internationale a sauté, agressé ou violé une femme de ménage, noire qui plus est et d'origine africaine. Pour lui, elle n’était que de la chair fraîche à consommer sans modération. Cette « baisade », comme dirait Flaubert, est une caricature de l’exploitation éhontée et sans scrupule des pauvresses par les millionnaires blancs, arrogants et immoraux, qui croient qu’ils vivent encore aux temps bénis des colonies. La stratégie de défense pour laquelle a opté Monsieur Strauss-Kahn est de la même farine de gauche que les rapports de force et même "de domination", comme on dit en sciences sociales, qui caractérisent le pire des impérialismes. La malheureuse femme de ménage va être livrée en pâture à des armées d’avocats et de détectives, qui vont l’accuser de tous les péchés imaginables pour disculper le millionnaire.

Devant ce mariage du cynisme et de l’argent qui coule à flots, la "gauche", si elle était "de gauche", devrait au mieux se taire, par décence ou par compassion pour son porte-drapeau, au pis exprimer sa solidarité envers la travailleuse africaine, immigrée (sans doute une ex-clandestine et sans papiers), qui fait un métier de pauvre pour élever dignement sa famille et la faire échapper à la misère. Or, ce qu’on entend, ce sont des indignations à s’en étouffer sur la présomption d’innocence bafouée, des lamentations de grenouilles de mosquée sur les menottes, la prison, la rudesse de la police, et même l’effroi devant l’égalitarisme de la justice américaine qui traite les délinquants et les criminels de la même manière, sans ménagement, qu’ils soient pauvres ou millionnaires, "sans distinction de sexe, de race, de statut social".

 

Oui, ce que montre ce fait divers, c’est que la "gauche" ne ressemble en rien au mythe, moral et généreux, qu’elle s’est forgé d’elle-même et qu'elle diffuse partout complaisamment. On peut être sûr que le film La Conquête n’aura pas la suite qu’il mérite et qui aurait eu pour titre La Quéquette.

 

14:10 Publié dans Signes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dsk, 2012, politique

Commentaires

Claude Bartolone du PS a commenté la libération sous caution de Strauss-Kahn : "Humainement, c'est une satisfaction. On sait ce que représente cette prison. Je préfère le savoir à l'extérieur qu'embastillé."

Écrit par : Anesk | 20 mai 2011

Mots 21 de mai


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Écrit par : @@ | 22 mai 2011

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