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16 octobre 2011

Essor

 

 

 

Ce nom, dérivé du verbe essorer, est attesté dans la seconde moitié du XIIe siècle pour désigner l’air libre (cf. Furetière, Dictionnaire universel, 1690 « Air découvert et libre qui cause de la sécheresse. Mettre du linge à l’essor ») ; puis il s’applique aux oiseaux : « Action de l’oiseau qui s’élève librement dans l’étendue de l’air ; il se dit particulièrement des oiseaux de proie, qui prennent l’essor, quand ils volent fort haut ». C’est la définition du Dictionnaire de l’Académie française de 1694, « vol qu’un oiseau de proie prend en montant fort haut en l’air et s’abandonnant au vent », à aujourd’hui, « élan, mouvement d’un oiseau qui part librement pour s’élever dans les airs » (DAF, neuvième édition).

Ce qui fait l’intérêt de ce mot, ce sont les emplois figurés, d’abord ceux de la langue classique : « il se dit figurément en choses spirituelles et morales, quand son génie prend l’essor, il fait la plus belle poésie du monde » (Furetière) ou : « il se dit figurément d’un jeune homme qui tout d’un coup se tire de la sujétion de ses parents pour être en liberté » et « on dit aussi figurément donner l'essor à son esprit, à sa plume, pour dire parler ou écrire avec quelque sorte d’élévation et de liberté » (DAF, 1694).

C’est à compter du début du XIXe siècle que la métaphore idéaliste de l’essor s’étend à des réalités matérielles, qui, grâce à cette onction, sont guindées au niveau des activités de l’esprit humain : « il se dit figurément de l’action de débuter en quelque chose avec énergie, avec hardiesse et liberté ; les arts, l'industrie, prirent bientôt leur essor » (DAF, 1835). Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) relève aussi cet emploi : « développement qui a quelque chose de rapide comme le vol de l’oiseau ; essor des sciences, des arts, de l’industrie ». Avec la « révolution industrielle », la science économique se forge un vocabulaire valorisant, ce qu’elle fait en recourant cyniquement aux métaphores idéalistes. Dès lors, le succès du sens métaphorique d’essor est assuré, comme en témoigne l’entrée essor du Trésor de la langue française (1971-94) : « mouvement par lequel quelque chose se développe rapidement et progresse de façon soutenue ; l’essor démographique, économique, industriel, du commerce et des techniques, d’une ville, d’un pays », ou comme en témoignent ces citations, la première de J-B Say, le fondateur de la science économique moderne (« les entraves compriment l’essor de la production ; le défaut de sûreté la supprime tout à fait », Économie politique, 1832), la seconde d’un spécialiste de l’histoire économique (« l’essor du capitalisme libéral et l’énorme accroissement du volume du commerce international au XIXe siècle coïncident avec la stabilité de la monnaie », 1968). Cette trompeuse génération sémantique entre idéalisme et matérialisme est dévoilée par les auteurs du Trésor de la langue française qui exposent le sens d’essor dans la langue de l’économie après avoir exposé le premier sens qui se rapporte au développement personnel : « en parlant d’une chose ou d’une personne envisagée dans son développement, son évolution, de l’homme, de ses facultés, de ses idées, etc., fait de se donner libre cours, de commencer à donner sa mesure et de s’acheminer vers un épanouissement ». Il n’est pas certain que ces deux sens soient aussi étroitement liés que cela n’est dit, sauf à se référer à une conception toute matérielle du monde et de l’homme. Les académiciens (DAF, neuvième édition, en cours de publication), eux, prennent soin de distinguer le sens idéaliste (« figuré, favoriser l’essor d’un talent ; donner libre essor à son imagination, à sa fantaisie ») du sens étendu de l’économie : « par extension, progrès, développement, expansion, l’essor d’une entreprise, u ne industrie en plein essor, l’essor de la recherche médicale, l’essor démographique d’un pays).

 

Commentaires

Et l'on se fait ensuite
essorer , passer à l'essoreuse

Essorage
Assort assortir assortiment

Ceci est intéressant , car les oiseaux
( à qui s'assimilait l'industrie en essor ,
ou en essorage du prolétariat et en essorage des ressources énergétiques )
après l'envol REDESCENDENT et se posent, tel l'albatros , vaste géant des mers
Les arbres ne poussent pas jusqu'au ciel !
Mots

http://decadence-europa.over-blog.com/article-mots-86637259.html

Écrit par : Amédée | 17 octobre 2011

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