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07 décembre 2011

Confrérie

 

 

            Les organisations politiques – surtout les Frères musulmans – sur lesquelles se portent partout dans les pays arabes les suffrages des musulmans sont dites, quand, dans les médias français, il est question d’elles, et cela se fait de plus en plus souvent, des « confréries ».

Ce mot est attesté depuis la fin du XIIe siècle sous la forme confrairie ou sous celle de confrérie. C’est une association de personnes qui se proposent « un but charitable ou de piété » : une « compagnie de personnes associées pour quelques exercices de piété » (Dictionnaire de l’Académie française, 1762, 1798, 1835) ou « association formée par des laïques en vue d’une œuvre de piété, de charité, de dévotion » (Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863-77). Les confréries n’ont pas d’autre but que religieux, que ce soit celle du Saint Sacrement, du Rosaire ou de saint Joseph – plus exactement de dévotion ou de piété collective. Richelet (1680, Dictionnaire français des mots et des choses) décrit assez précisément ce qu’est une confrérie : « gens qui ont une dévotion à quelque saint, à quelque mystère ou à quelque autre chose que la religion révère, et qui moyennant quelque peu de chose qu’ils donnent se font écrire sur le registre où sont tous les noms des confrères. Ce registre se garde à la paroisse ou au lieu auquel on honore particulièrement le saint ou la chose sainte. Et à de certains jours de l’année les confrères vont visiter ce lieu ou cette paroisse et y faire leurs dévotions ».

Le mot a toujours ce même sens dans les dictionnaires actuels, que ce soit dans le Trésor de la langue française (1971-94 : « association de laïques fondée sur des principes religieux dans un but charitable ou de piété ») ou dans la neuvième édition du DAF (en cours de publication) : « association de laïcs unis par des liens de dévotion, de charité ».

Certes, dans la vieille langue française, le mot désignait aussi des associations professionnelles ou marchandes. Lacurne de Sainte-Palaye, dans le dictionnaire de l’ancien français qu’il a commencé à rédiger dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, note que confrérie a vu son sens se restreindre à compter de la fin du XVe siècle : « ce mot, dont nous avons presque restreint la signification aux associations de piété, était autrefois d’un usage bien plus étendu » ; il était en usage pour désigner l’association des chevaliers de l’ordre de la Jarretière ou encore la corporation des drapiers. Furetière (Dictionnaire universel, 1690) rappelle ces anciens usages dont il ne dit pas qu’ils sont désuets : « dans tous les corps d’artisans il y a des maîtres de confrérie qui s’élisent, comme les jurés ».

Or, il a suffi que l’islam et les choses de l’islam, même les plus étrangères à la civilisation européenne, investissent l’espace public en France pour que les belles âmes, les mêmes que celles qui béaient à l’Allemagne nouvelle entre 1940 et 1945, changent le sens de confrérie et utilisent ce vieux et noble mot, propre à la religion catholique, pour désigner des réalités toutes contraires à cette religion et à la civilisation qu’elle a fondée, avalisant de fait la main mise de la politique islamique sur la religion des Arabes ou celle de la religion islamique sur la politique arabe. Le mot confrérie était un beau mot ; il n’est pas sûr qu’il garde sa noblesse après avoir été souillé au contact des Frères musulmans et autres organisations idéologico-politiques qui régissent désormais les pays du Sud de la Méditerranée et les colonies issues de ces pays et établies en France.   

 

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