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13 décembre 2011

Ecrire l'histoire

 

 

Peut-on encore écrire l'histoire de France ? Un extrait du témoignage de l'historien Reynald Secher, publié dans le site internet du mensuel La NEF.  




En 1986, vous avez publié Le génocide franco-français, la Vendée-Vengé : comment ce livre a-t-il été perçu ?


Je tiens à préciser d’abord que lorsque j’ai commencé ma recherche, je ne pensais le sujet qu’en termes de guerre civile. Ce n’est qu’en découvrant les lois d’extermination et d’anéantissement, les écrits des contemporains républicains et vendéens, que je me suis posé la question de la nature de la répression et que je suis arrivé à la conclusion du génocide. Le contexte à l’époque était très passionnel car la France de Mitterrand se préparait à commémorer le bicentenaire de la Révolution. Cependant, contrairement à ce que certains ont écrit, je n’ai eu aucune difficulté dans le cadre de mes recherches. Bien au contraire, les conservateurs des Archives et les détenteurs privés de documents m’ont ouvert toutes grandes les portes.

Les problèmes ont commencé une semaine avant la soutenance : on a cambriolé mon appartement pour me voler ma thèse, puis le lundi suivant un homme prétendant agir au nom du gouvernement m’a proposé mon silence moyennant 500 000 francs et un poste à l’Université. J’ai refusé. Là encore, contrairement à ce qui a été écrit, j’ai pu soutenir ma thèse sans problème. Ce n’est qu’une année plus tard, suite à sa publication aux PUF et à l’émission de Bernard Pivot, le 11 juillet 1986, que mes problèmes ont commencé. J’ai dû donner ma démission de l’Éducation nationale et ma vie est devenue un véritable calvaire. Je raconte très précisément les choses dans un ouvrage intitulé La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen, édité par Fol’Fer. Quant aux médias, que dire, sinon que dans l’ensemble ils se sont déchaînés en me condamnant. Rares ont été les journalistes d’envergure courageux comme Georges Suffert, Louis Pauwels…


Quelle est la définition du génocide ? Pourquoi ce terme peut-il s’appliquer au massacre des Vendéens ?

Le génocide est l’acte qui consiste à arracher la vie à un groupe de personnes données non pas pour ce qu’elles ont fait, mais pour ce qu’elles sont. Un mot ou l’absence de mot n’est jamais innocent. Il a fallu attendre la Convention de Nuremberg pour qu’enfin ce crime contre l’humanité soit défini. Certains, comme Gracchus Babeuf, au nom des droits fondamentaux de l’homme, avaient en leur temps bien vu que ces crimes étaient anormaux, mais faute de vocabulaire, de référence et de jurisprudence ils n’avaient pas pu aller au-delà de ce constat et de la dénonciation des crimes qu’ils voyaient. Ce n’est que grâce au génie et à l’obstination d’un juriste polonais, Lemkim, qui a créé le néologisme génocide, que le droit international a pu définir ce crime et le sanctionner.

En fait, il y a trois crimes de génocide : la conception, ou/et la réalisation ou/et la complicité tant dans la conception ou/et la réalisation de l’extermination partielle ou totale d’un groupe humain de type politique ou/et ethnique ou/et racial ou/et religieux. Dans le cas de la Vendée, nous avons les crimes de génocide qui s’appliquent. Il y a bien eu conception, de surcroît collective car votée, réalisation collective car tant les politiques que les fonctionnaires, dont les militaires, ont œuvré sur le terrain pour « éradiquer du sol de la liberté cette race impure ». Quant aux sujets concernés, il s’agit bien d’un groupe humain de type politique et religieux. On tue le Vendéen car Vendéen, c’est-à-dire chrétien.

Vous avez beaucoup travaillé sur la question des responsabilités dans ce génocide. Quelle est la thèse officielle et quelle est la vérité ?

Officiellement, la Vendée n’est qu’une guerre civile avec des horreurs commises de part et d’autre. Certains universitaires, de nos jours, vont même jusqu’à dire et écrire que la Vendée avait été justement punie car traître à la nation. D’autres prétendent que, s’il y a eu des massacres, ils ne sont dus qu’à certains généraux, comme Turreau, qui ont agi sans ordres : ils n’hésitent pas à parler de dérapages. Si vous voulez vous faire votre propre opinion sur cette question, lisez les livres scolaires : c’est un véritable scandale qui dépasse l’entendement.

La réalité est tout autre. Ce sont les membres du Comité de Salut public qui ont conçu ce génocide et l’ont fait voter par la Convention. J’ai retrouvé l’écrit original de la loi du 1er octobre 1793 en date du 27 juillet. Ce sont les membres du Comité de Salut public, personnellement, qui décident et mettent en œuvre l’épuration de l’armée qui refuse ce génocide. Ce sont eux qui, sur le terrain, exécutent et font exécuter la loi d’extermination et d’anéantissement. Ce sont eux encore qui nomment Turreau général en chef de l’Armée de l’Ouest avec un programme précis ainsi que les officiers supérieurs. Ils sont si impliqués qu’ils vont même jusqu’à créer un plan, dit de masse, le 11 novembre, afin d’arriver plus rapidement aux objectifs qu’ils se sont fixés. J’ai retrouvé tous les écrits originaux signés par eux-mêmes. Les noms que nous retrouvons le plus souvent sont ceux de Carnot, Barère, Robespierre…

Ces documents se trouvent aux Archives nationales et militaires. J’ai mis scrupuleusement les références afin que les lecteurs puissent les consulter.

 

Commentaires

On attend que le monsieur Arouet qui tient ce café du commerce virtuel dénonce par exemple les massacres russes en Tchéchénie. Massacres qui ne sont ni plus ni moins qu'une Vendée contemporaine.

Écrit par : Républicain | 14 décembre 2011

Je repensai juste ce matin à ce génocide vendéen et autres massacres de la Terreur !
Cette semaine j'avais lu une plaque votive dédiée, entre autres ,au curé de Tinchebray , tué par écartelement
( une des pires morts ) par les " révolutionnaires ".
plaque posée dans l'église de Saint-Hilaire-du-Harcouet ( st-hilaire Ar goet , st hilaire du bois )
église d'ailleurs totalement vide deux jours de suite , même à qq jours de la
Nativité .

ce matin même je passai à Tinchebray pour rentrer chez moi ,pour découvrir rapidement cette localité
avant de passer à Falaise
n'ayant encore jamais vu les restes du château de Guillaume

m'arrêtant à Saint-Pierre-sur-Dives
je fus vraiment atterré de l'état extérieur de cette église ( vide d'ailleurs "sonorisée "avec une musique pré-enregistrée ) , que j'avais cru bien entretenue
façades sales , quartier environnant
dégueu
pauvre Fwouance !

à Grenoble , sans vergogne , il y a un
parkinge payant Hoche
hors ce fut un des pires sadiques et criminels de la Terreur , faisant écorcher les vendéens ( comme l'on fait les fellagha du FLN ) peau arrachée à vif pour récupérer le " cuir humain"

la ripoublique fwouançaise n'a aucune gêne , en 2011 , à nommer des rues , écoles , etc... des noms de ces grands
criminels de 1793 !

Écrit par : Amédée | 17 décembre 2011

j'ouvre mon dossier photo
la plaque est ainsi libellée

Que soit en vénération le souvenir de trois prêtres nés à saint-Hilaire-du-Harcouet
Jean MESLAYS cistercien fusillé près de
Lamballe le 3 Mars 1796

Jean Bte DEROME
écartelé à Tinchebray
le 17 août 1798

François Auvray
incarcéré à l'île de Ré en 1798

de jean françois GUERIN
Torturé et mort
à St Hilaire du Harcouet
le 8 mai 1793
et de rené PREVEL
né aux Biards et massacré
en ce lieu le 17 janvier 1796
une plaque latérale est dédiée à
un curé , deux vicaires , un régent
cinq personnes en tout exilés en angleterre en 1791


la plaque de droite
que soient exaltés les noms de
suivent cinq noms de prêtres séculiers
ainsi qu 'un récollet et un eudiste
" qui au péril de leur vie exercèrent le ministère sacerdotal à St-Hilaire
et dans le pays d'alentour
pendant la terreur
--

Écrit par : Amédée | 17 décembre 2011

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