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29 décembre 2011

Guerre de religion

 

De l’abus du terme guerre de religion pour désigner les massacres de masse dont les chrétiens sont les victimes dans le monde

 

 

            Le mardi 27 décembre, à « C’est dans l’air », France 5, de 17 h 49 à 18 h 50, le débat entre quatre docteurs, prétendus ou avérés, ou experts, labellisés ou non, ès religions, Keymayou, Dumont, Colosimo, Vallet, portait sur les guerres de religion.

 

            A l’article guerre, les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94) définissent la guerre de religion comme la « lutte armée entre partisans de religions différentes ». Cette définition est pertinente. Il en va de même de celle que l’on peut lire dans le Dictionnaire de l’Académie française (neuvième édition, en cours de publication) : la guerre de religion « oppose des adversaires guidés par les passions religieuses ou les dissensions confessionnelles ». Pour qu’il y ait « guerre de religion », il faut, comme dirait le Sapeur Camembert, 1° qu’il y ait une guerre et 2° que la religion soit la cause et le but de la guerre. Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) rappelle cette vérité élémentaire, se contentant de déployer le syntagme « guerre de religion » en « guerre qui se fait à cause de la religion ».

Au XVIe siècle, les Français ont fait l’expérience tragique des guerres de religion, lesquelles, écrit Littré, « désolèrent la France sous François II, Charles IX et Henri III ». Ils savent donc ce qu’est une guerre dite « de religion ». « En France, écrivent les auteurs du TLF (op. cit.), guerres de religion s’applique aux guerres qui ont opposé les catholiques aux protestants durant le XVIe siècle ». On s’entretue parce qu’on n’est pas d’accord sur la foi ou la croyance ou la messe, on tue son voisin, lequel a tué un autre de ses voisins, chacun est armé, celui qui est tué aurait pu tuer son assassin, etc.

 

Au cours de l’émission de France 5, il n’a pas été question de guerre, bien que le vocable « guerre de religion » ait été utilisé, mais de tueries. On peut tuer des hommes sans leur faire la guerre. Dans les événements qui déchirent certains pays, Nigéria, Egypte, Tunisie, Irak, Turquie, Philippines, Indonésie, etc., et qui ont fait l’objet d’un débat entre « experts » ou « spécialistes » (experts en religion peut-être, mais pas en langue française), il n’y a pas deux armées qui se font ou se feraient face, ou deux groupes également armés. Les tueurs tuent, ils ne courent pas le risque d’être tués à leur tour par les membres de la famille de ceux qu’ils ont assassinés. Il y a des meurtres, des massacres, de pogroms, des attentats, des bombes qui explosent dans des églises ou près d’églises, des tueries, mais pas de guerre, et à chaque événement, quasiment quotidien, le bilan s’élève à 20, 30, 40, 50, 100, 200 morts et mille ou deux mille blessés, des enfants, des femmes, des vieillards, des hommes aussi, tous désarmés et paisibles, dont certains conserveront jusqu’à leur mort des séquelles douloureuses. Dans le site internet de cette émission, le débat, tel qu’il est présenté, n’est pas supposé consécutif à des guerres, mais à des pogroms et des massacres visant des chrétiens : « Après une série d’attentats meurtriers le jour de Noël et d’attaques visant la communauté chrétienne, des centaines de personnes ont fui le nord du Nigeria. Exprimant « sa profonde tristesse », le pape a déploré les persécutions auxquelles sont exposés les chrétiens dans divers endroits du monde... ». Là tout est dit. Pourtant, dans le titre du débat et pendant la bonne heure qu’il a duré, il n’a été question que de « guerres de religion » et aucun des haut-parleurs présents n’a jugé bon de critiquer ce « guerres de religion », pourtant impropre et même contraire à toute réalité.

La question qui se pose est la suivante : pourquoi, quand on pense bien, on nomme « guerres de religion » ces tueries et massacres d’innocents ? Il ne viendrait à l’esprit d’aucun de nos journaleux, experts, spécialistes, etc. de qualifier de « guerre de religion » le génocide par les Allemands de six millions de juifs, qui ne professaient pas la même foi qu’eux. Pourquoi le négationnisme se porte-t-il aussi bien quand les victimes sont des chrétiens ? La véritable raison est l’excessive complaisance des « haut-parleurs » envers l’islam et les musulmans. Ce serait les stigmatiser que de leur attribuer, conformément à la vérité des choses, les massacres dont ils sont responsables. Ne nous leurrons pas. Si l’Allemagne n’avait pas perdu la guerre ou s’il n’y avait pas eu de tribunal de Nuremberg, à la télévision française, soixante ans ou soixante-dix ans plus tard, on qualifierait le génocide de « guerre de religion » et on laisserait accroire que, si responsabilité il y a eu, elle était également partagée entre les deux camps. Le négationnisme est la seule mamelle des médias.    

 

 

 

 

Commentaires

Tous mes voeux pour 2012
bonne poursuite de votre remarquable
travail

http://decadence-europa.over-blog.com/article-2012-mots-premier-janvier-et-bonne-annee-95870052.html

ce Vallet soi-disant historien expert "" des"" religions est vraiment insupportable.

Écrit par : Amédée | 01 janvier 2012

Les commentaires sont fermés.