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07 janvier 2012

nauséabond

 

En latin nauseabundus, dérivé du verbe nauseare (« avoir le mal de mer »), est un adjectif qui qualifie ceux qui n’ont pas le pied marin et qui, dès qu’ils montent sur une barque, ont le mal de mer.

Du mal de mer, l’adjectif, en latin, s’est étendu aux nausées (« qui éprouve des nausées ») ou au dégoût (« dégoûté »). Il est attesté dans la seconde moitié du XVIIIe siècle dans le sens propre de « qui cause des nausées », mais assez rapidement, il se rapporte aux idées, propos, discours, paroles, thèses, etc., toujours celles de ces parias que sont les ennemis « de classe » (et de classe, ils ne manquent pas !).

 

A en juger par les innombrables emplois de cet adjectif en français « moderne », si nombreux que cet adjectif pourrait dire, s’il parlait, « je suis partout », on peut légitimement penser que nombre de nos contemporains qui n’ont à la bouche que nauséabond, comme s’ils le vomissaient,surtout s’ils font dans la science du social, dans la sous-culture de médias, dans l’idéologie de bas étage, celle de Libé, NO, Le Monde, Médiapart, etc. sont sujets au mal de mer, même quand ils font de la bicyclette ou qu’ils sont allongés sur une chaise longue ou que le mal de mer est endémique chez eux, même en pleine terre.

 

Le mot est enregistré dans le Dictionnaire de l’Académie française à compter de la sixième édition (1835), où il a deux sens, un sens « propre », « qui cause des nausées » (aliment, remède, odeur, saveur nauséabonds) et un sens figuré : « il se dit des ouvrages littéraires qui déplaisent, rebutent, excitent le dégoût » (discours, ouvrage nauséabond). A partir de là, tous les lexicographes distinguent deux sens, un sens « propre », « qui cause des nausées » (Littré, 1863-77), « qui provoque des nausées, qui écoeure ou qui incommode » (Trésor de la langue française, 1971-94), « qui cause des nausées, et, par extension, qui inspire de la répugnance » (DAF, neuvième édition, en cours de publication), et un sens « figuré » : « qui déplaît en excitant le dégoût » (Littré), « qui inspire une profonde répugnance (dans l’ordre intellectuel ou moral) » (TLF, synonymes dégoûtant, écoeurant, immonde, rebutant, repoussant, répugnant), « qui est vil, bas, excite le dégoût » (DAF, neuvième édition).

 

Cet adjectif trace les limites entre le camp du Bien, le camp de ceux qui abondent dans le nauséabond, et le camp du Mal, celui de l’enfer et du Diable, d’où s’exhale une odeur qui déplaît au Bien. Il définit un ordre moral, celui des bien pensants, des puissants, des dominants et il relègue dans les culs de basse-fosse tous ceux qui regimbent à cet ordre nouveau. En 1835, les académiciens avaient comme « ennemis de classe » les jeunes écrivains, les ouvriers, les paysans – en bref, le peuple. Ils qualifiaient donc de nauséabond tout ce qui venait des classes inférieures et dont l’infériorité était sociale et raciale. En 2012,  rien n’a changé : les nauséabondeurs, qui sentent partout, sont les mêmes nantis, vaniteux et arrogants, pleins de morgue et de bêtise, à l’odorat trop habitué aux parfums délicats de chez YSL ou JP Gaultier ou Kenzo ou Chanel, etc. ou au marbre, à l’or, à la soie, au santal, etc. qui vomissent ce qui ne pue pas le luxe, le fric facile, la corruption élitaire, le porno chic sur papier glacé, l’islam de l’or et des dollars, le m² à 20000 €, etc.

Commentaires

Une saine réflexion, où sourd un humour, contre le prêt-à-penser.

Écrit par : Catherine Glon | 15 avril 2014

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