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12 mars 2012

Eloge de la science

 

 

 

            Population, la revue de l’Institut National d’Etudes Démographiques ou INED, a publié dans sa livraison de janvier et février 1995 (50e année, numéro 1) une étude portant sur la mortalité et les causes de décès des Marocains en France de 1979 à 1991. Les deux auteurs, au vu de leur prénom, Youssef et Myriam, ne peuvent pas être soupçonnés a priori d’hostilité à l’encontre des femmes et des hommes dont ils étudient le destin. Certes, ils reconnaissent que les chiffres dont ils disposent et qui leur sont fournis par les services de l’état-civil français sont peut-être incomplets, des Marocains gravement malades préférant rentrer au pays pour y mourir et être enterrés avec leurs ancêtres. De fait, leur décès n’est pas enregistré en France.

Cela dit, la « démographie » des Marocains ayant émigré en France est à la fois singulière et éclairante pour trois raisons de fond.

1) L’espérance moyenne de vie des Marocains établis en France est largement supérieure à celle des Marocains restés au pays. En moyenne, l’émigration fait gagner de dix à quinze ans de vie. La France apparaît donc comme un eldorado et les ritournelles que chantent les Marocains établis en France (la France est une terre de racisme, les Français sont racistes, etc.) n’ont aucun fondement.

2) L’espérance moyenne de vie des Marocains en France est supérieure à celle des Français « de souche » qui appartiennent aux mêmes classes sociales que ces Marocains : employés de ferme, manœuvres et ouvriers d’usine. Il n’y a donc pas de discrimination ou, s’il y en a, ce sont les Français qui en sont les victimes. Cette différence est expliquée par l’hygiène. Les Marocains établis en France sont censés ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, ne pas manger gras (ils s’abstiennent de viande de porc). Il est possible que ce soit une explication valide. Mais pourquoi cette raison, d’ordre culturel ou religieux, n’explique-t-elle pas le troisième fait, que voici ?

3) En France, les femmes, quelle que soit leur origine, ont une espérance moyenne de vie supérieure à celle des hommes, sauf dans les familles marocaines émigrées, où les hommes ont une espérance de vie supérieure à celle des femmes. Interdiraient-ils à leur(s) épouse(s) de se faire soigner ?

            La démographie établit les faits ou elle met en pleine lumière des faits cachés ou qu’il est interdit de voir. Devant les faits, les préjugés, les slogans politiciens, les idéologies haineuses s’effondrent. 

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