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24 mars 2012

Martyr

 

 

Mourir en martyr ?  

 

Le nom martyr (sans e final) désigne une personne et martyre, avec un e final, un acte ou des faits. Ces deux mots grecs signifient respectivement « témoin » et « témoignage ». Ils sont spécifiques du lexique chrétien. Forcé d’abjurer, torturé, battu à mort, un martyr se laisse mourir plutôt que de renier sa foi. Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1762), est martyr « celui ou celle qui a souffert la mort pour la véritable Religion ». L’acception est illustrée par « l’Église honore la mémoire des Martyrs ». Dans le Trésor de la Langue française (1971-1994), ce nom est présenté comme propre à l’histoire du christianisme. Un martyr est une « personne à qui on a infligé des supplices et (ou) la mort parce qu’elle a refusé d’abjurer sa foi ». C’est dans ce sens que les écrivains emploient ce mot. C’est le cas de Chateaubriand dans Les Martyrs  : « Les femmes, les enfants, les jeunes hommes entouraient les vieillards qui rappelaient les exemples donnés par les plus fameux martyrs : Laurent de l’Église romaine, exposé sur des charbons ardents ; Vincent de Saragosse, s’entretenant dans la prison avec les anges ; Eulalie de Mérida, etc. ». Même quand le nom martyr est employé dans un sens étendu, hors de tout contexte chrétien ou religieux, il désigne une personne « à qui on a infligé des supplices et (ou) la mort pour une cause ou pour un idéal ».

Le sens de martyr et de martyre est bien établi. En dépit de cela, les journalistes bien pensants et tous les savants à qui l’Université a conféré le grade de docteur ès sciences sociales, islamiques, orientales et tout ce que l’on voudra d’autre, se croient autorisés, sans doute sous l’effet légitimant de leur peau d’âne, à changer du tout au tout le sens de ces mots et à les utiliser pour désigner non pas ceux qui sont tués, mais ceux qui tuent, non pas les victimes, mais leurs bourreaux. Il est question d’attentats martyres, de prétendus martyrs de l’islam qui font sauter un camion plein d’explosifs au milieu d’enfants innocents, d’aides financières attribuées aux familles de ces martyrs, d’un martyr qui a exécuté au Colt 45 et « à bout touchant » des enfants de 5, 6 et 8 ans. Peut-être est-ce parce que ces enfants sont Juifs que les journalistes qualifient l’assassin de « martyr » ? Kepel, le plumitif qui se prend pour Hugo, écrit : « L’endoctrinement (…) convainc chaque auteur d’attentat suicide qu’il devient un martyr à qui s’ouvre tout grand le paradis » (Le Figaro, 26 juillet 2005, cf. aussi Le Monde, 11 septembre 2004). Le mot arabe que les docteurs Kepel et alli traduisent par martyr est chahid. La traduction est une trahison. Le chahid se contente d’énoncer à voix haute ou en marmonnant « il n’y a de dieu qu’Allah et Mahomet est l’envoyé d’Allah ». Il professe sa foi dans l’islam, dans Allah, dans Mahomet. Personne ne le contraint à renoncer à ce qu’il croit. Personne ne lui interdit de se prosterner devant sa divinité. Personne ne le met en demeure d’apostasier, ni de renoncer à prier cinq fois par jour. Pourtant, la liberté totale dont il jouit pour célébrer son Allah ne le dissuade pas de tuer dix, cent, mille êtres humains, dont le seul crime est de ne pas être des musulmans ou d’être de faux musulmans. Ce chahid est tout ce que l’on veut, un tueur psychopathe, un fanatique, un malade mental, un auteur de crimes de guerre et contre l’humanité. En aucun cas, il n’est un martyr. Il ne serait pas faux de le désigner par des termes comme fidèle, croyant ou musulman. Merah est mort en croyant, pas en martyr. C’est comme si l’on nommait martyrs les autorités qui ont entassé des millions de Juifs dans des chambres à gaz. Dans les crimes de masse qui font depuis trente ans l’actualité de l'islam, les martyrs ne sont pas les tueurs, mais leurs victimes. Ce n’est pas Ben Laden ni ses sbires ni les dénommés Mohammed, Fouad, Ahmed, etc. mais les malheureux qui se sont précipités du sommet des deux tours de New York, pour que leurs proches aient un corps à inhumer, la première des libertés de l’homme étant l’habeas corpus. Le martyr n’est pas Merah dont les journaleux clament partout qu’il est mort « en martyr », justifiant ainsi qu'il soit honoré d'une "minute de silence" dans les écoles, mais les trois enfants qu’il a exécutés, uniquement parce qu’ils étaient juifs, le professeur qu’il a exécuté, uniquement parce qu’il était juif, les trois soldats qu’il a exécutés, uniquement parce qu’ils étaient français.

Les docteurs ès sciences sociales, orientales, islamiques, etc., en baptisant martyrs les tueurs, les font passer pour des victimes, dont nous serions les bourreaux, ou pour des héros, que nous devrions célébrer désormais dans nos calendriers, puisqu’ils le sont déjà, comme tous les chahids, dans les mosquées et autres lieux de culte musulman.

 

 

 

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