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30 mai 2012

Météore

 

 

            Le mot, emprunté directement (sans passer par le latin) du grec meteora, ayant le sens de « phénomènes ou corps célestes » (pluriel de l’adjectif meteoros, « qui est en l’air »), est relativement ancien, puisqu’il est attesté dans la seconde moitié du XIIIe siècle, pour désigner, comme en grec, un phénomène qui s’observe dans l’atmosphère. C’est ainsi que Frédéric Godefroy définit ce mot de l’ancienne langue, écrit metheores, dans son Dictionnaire de l’Ancienne Langue Française (1881-1902) : « phénomène qui se passe dans l'atmosphère » et, employé adjectivement, « qui se passe dans l’air ».

La définition qu’en donne Furetière (Dictionnaire universel, 1690), lequel en rappelle l’étymologie (« les Grecs les ont nommés météores, c’est-à-dire sublimes ou haut élevés ; les Latins impressiones, parce qu’ils font plusieurs signes et impressions en l’air »), est tout aussi hésitante et entièrement inspirée de la science de l’Antiquité, qui est encore, en partie, celle de son époque : « C’est, selon les philosophes, un mixte inconstant, muable, imparfait, qui s’engendre des exhalaisons et vapeurs de la terre élevée dans l'air, comme les pluies, les vents, les neiges, grêles, feux ardents et volants, l’éclair, le tonnerre, la foudre. On y met aussi l’arc-en ciel, le miel, la manne, la rosée, etc. ».  Furetière se réfère à de grands savants, persuadé qu’il écrit un article scientifique : « la génération des météores est merveilleusement expliquée dans un traité exprès qu'en a fait Descartes ; Aristote et Gassendi en ont aussi écrit », lequel se transforme en une sorte d’inventaire de phénomènes visuels qui relèvent de l’imaginaire merveilleux ou de la littérature d’anticipation : « on a vu des météores en forme de clochers ardents, de lances flamboyantes, de javelots brûlants, de traits de feu volants, de chevrons de feu, de chèvres sautelantes, des étoiles volantes, etc. (…) Il y a des comètes qui sont de simples météores ; d’autres qui sont corps fixes et permanents qu’on observe dans la région des planètes ».

Thomas Corneille (Dictionnaire des Arts et des Sciences, 1694), après avoir cité l’article du Dictionnaire de l’Académie française (1694), dans lequel ce qui est défini, c’est le mot, et non pas le phénomène que le mot désigne (corps qui se forme, et qui apparaît dans l’air), reprend ce qu’en dit Furetière : « Ce sont mixtes imparfaits qui s’engendrent des exhalaisons et des vapeurs de la terre élevées dans l'air, tels que sont la grêle, les éclairs, le tonnerre, les vents, les pluies, les feux ardents et volants… ». Pour les académiciens, sont des météores tous les phénomènes atmosphériques, dits parfois aujourd’hui météorologiques : tonnerre, éclairs, pluie, neige, grêle, arc-en-ciel, 1694, 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1879, 1932-35), sens qui est tenu pour « vieilli » dans la neuvième édition du DAF, en cours de publication depuis 1994 : « Vieilli, se disait des phénomènes célestes » (tonnerre, éclairs, pluie, neige et autres météores ; météore aérien, lumineux, igné). Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) dresse un inventaire complet de ce que l’on entendait au XIXe siècle encore, quand on était savant, par météore : « tout phénomène qui se passe dans les régions supérieures de l’atmosphère ; il se dit de tout phénomène de chaleur, de lumière, d'électricité qui se passe à la surface de terre, en relation avec l'atmosphère, et aussi de différents états de l’atmosphère elle-même », à savoir les « météores aériens » (les vents), les « météores aqueux » (le serein, la rosée, la pluie, la neige, la grêle, le givre, etc.), les « météores ignés » (les feux-follets, les éclairs, le tonnerre, les étoiles filantes, les bolides), les « météores lumineux » (l’arc-en-ciel, les parhélies, les aurores boréales, etc.). N’est-elle pas belle et poétique, cette science-là ?

C’est dans la sixième édition du DAF (1835) qu’est relevé pour la première fois le sens figuré de météore : « il se dit quelquefois, au figuré, des personnes qui ont une renommée éclatante, mais passagère, et des choses qui font une impression vive, mais peu durable » (ce conquérant fut un météore qui épouvanta le monde). Le sens moderne, outre ce sens figuré, est exposé par Littré (« en particulier, toute apparition brillante, étoile filante, globe de feu, etc. »), par les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94 : « astrophysique, corps solide qui se consume en traversant l’atmosphère ; traînée incandescente laissée par le passage de ce corps » ; synonyme : étoile filante) et enfin par les académiciens dans la neuvième édition (en cours) : « astronomie, corps céleste qui s’embrase au contact des couches supérieures de l’atmosphère en laissant une trace lumineuse fugace dans le ciel (dans la langue courante, on dit étoile filante) ; le phénomène lumineux ainsi observé ». Certes, les phénomènes météorologiques ou « merveilleux » (la manne, les feux ardents, le miel aérien) ne sont plus considérés comme des « météores », mais ce terme continue à désigner des phénomènes par lesquels les hommes célèbrent la beauté de l’univers physique.   

 

 

 

Commentaires

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Écrit par : assurance auto | 29 août 2012

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