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29 juin 2012

Récépissé

 

 

Voilà un bon et vrai mot latin qui, employé dans la langue du droit puis de l’administration, a été francisé à force d’accents aigus sur les trois e. En latin, c’est un infinitif – plus exactement l’infinitif parfait (en français, il correspond à la forme composée de l’infinitif) du verbe recipere, « recevoir » : donc recepisse, c’est « avoir reçu ». Si le mot est devenu français, c’est à la suite de son emploi dans la formule cognosco me recepisse en usage dans la langue du droit : « je reconnais avoir reçu ». C’est ce qu’indiquent clairement les académiciens en 1694 dans la première édition de leur Dictionnaire : « ce terme est purement latin, ainsi que plusieurs autres qui sont demeurés dans la pratique (celle des tribunaux), parce qu’autrefois les expéditions (c’est-à-dire les dépêches, les ordres, les instructions) se faisaient en latin ». Le sens est défini ainsi : « écrit par lequel nous confessons qu’une personne nous a remis entre les mains quelques papiers qu’il faut lui rendre ». Dans les éditions ultérieures de ce dictionnaire, le verbe confesser, dont on a jugé qu’il sentait trop fort la religion sans doute, a été remplacé par le verbe reconnaître, plus neutre et moins connoté : « écrit par lequel on reconnaît avoir reçu des papiers, des pièces, etc. » (1762, Féraud 1788, 1798, 1835, 1932-35, où sont ajoutés : « des titres, une somme d’argent »), définition illustrée de ces exemples, banals à dire vrai : « je lui donnerai, je lui communiquerai ces pièces sous ou sur un bon récépissé », « je vous en donnerai mon récépissé », « quand vous me rendrez mes récépissés, je vous rendrai tous vos papiers ».

Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) ne se contente pas du seul « écrit par lequel on reconnaît avoir reçu en communication ou en dépôt des papiers, des pièces, etc. » ; il ajoute à la définition un emploi propre aux finances : « reçu par lequel les employés des caisses publiques reconnaissent que des sommes ou objets leur ont été versés » (« récépissés de marchandises »). C’est cet emploi « financier » sur lequel insistent les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94) : « document constatant qu'un papier, un objet, une somme d'argent a été reçu en communication ou en dépôt » (synonymes : accusé de réception, quittance, reçu), sens qui est illustré de ces exemples : « les récépissés de la banque ; délivrer, donner, exiger, rendre un récépissé ; être muni d'un récépissé ; communiquer des pièces sous/sur un bon récépissé ; récépissé de déclaration ; « va déposer ton prix à la caisse d’amortissement, cours, car je ne te reçois plus sans le récépissé de la somme » (Balzac, 1846).

            Le gouvernement de M. Ayrault de Saint-Herblain, qui entend restaurer en France le socialisme, la justice, le vivre-ensemble, la diversité (ethnique, mais pas celle des opinions), et tout ce que l’on voudra d’autre, l’Ancien Régime de Mitterrand, de Blum, de Jaurès, de Ferry, de Robespierre, la misère pour tous, la gabelle, les champarts, la dîme, le contrôle des changes, l’abolition de la prostitution, etc. veut contraindre par la loi les policiers à remplir un récépissé et à le communiquer à toute personne dont l’identité aura été contrôlée, en particulier dans les lieux publics que contrôlent les délinquants, les voyous, les dealers, les voleurs à la tire, les agresseurs de vieilles dames… Vu que les affaires de ces voyous sont juteuses et rapportent gros, le gouvernement Ayrault de Saint-Herblain a très naturellement et très judicieusement (dans la perspective qui est la sienne) exhumé de la vieille langue latine du droit ce terme qui fleure bon l’Ancien Régime et qui ne doit sa survie qu’à ses emplois dans la banque, la finance, les affaires louches. Ce n’est pas la première fois qu’un simple mot, en apparence anodin ou insignifiant, dévoile la véritable nature d’un Régime qui se met en place pour restaurer ce qui a été naguère source de cauchemars et va l’être à nouveau. Le verbe confesser de la définition de 1694 est un véritable papier tournesol qui inverse les rôles : les fautifs, ceux qui ont à se repentir des péchés qu’ils commettraient à chaque instant, ce sont les policiers, pas les voyous. Cela n’épuise pas le ridicule de cette affaire de récépissé. En théorie, l’Etat est le seul détenteur de la force ou de la violence, laquelle, exercée par l’Etat, au nom de l’intérêt public ou général, devient légitime. La police ne fait qu’appliquer cette violence légitime pour protéger les citoyens et surtout les plus faibles des citoyens français, ceux qui, à la différence de Monsieur de Hollande et de ses ministres, ne sont pas protégés par des armées de gardes du corps, entraînés à tuer et surarmés. Or, c’est à ces policiers qu’il est demandé, non pas de protéger les citoyens, mais de passer sous les fourches caudines des voyous, afin que ceux-ci vaquent en toute impunité à leurs activités criminelles et que, munis de leur récépissé, c’est-à-dire de ce « sésame protecteur », ils puissent parader et échapper à toute arrestation, en cas de délit constaté. Ce récépissé imbécile est le signal que l’Etat adresse aux voyous pour leur signifier qu’il leur incombe désormais de contrôler les lieux publics mal famés et les citoyens qui ont l’inconscience de s’y aventurer.

 

 

 

 

 

 

 

11 juin 2012

Lapidation, mot interdit

 

 

 

Lapidation, lapider, lapidateur sont trois mots tabous aujourd’hui, qu’il est formellement interdit de prononcer, de peur que les ressortissants des colonies islamiques récemment établies en France et en Europe ne se sentissent stigmatisés par des mots qui suintent la barbarie. Lapidation, emprunté au latin lapidatio, « action de jeter des pierres », est attesté au XIIIe siècle, où il est en concurrence avec lapidement, dérivé du verbe lapider, en particulier quand il désigne la mort en martyr de Saint Etienne : le lapidement de Saint Etienne.

Dans l’ancienne langue française, le mot est d’un emploi relativement rare. C’est la preuve que l’acte qui consiste à tuer autrui à coups de pierres, que ce soit pour des raisons religieuses ou comme sentence judiciaire ou pour tout autre raison, n’avait pas ou n’a pas eu d’existence en France. C’est aussi ce que l’on peut inférer d’une consultation des anciens dictionnaires. Dans celui de Furetière (1690), lapidation est défini comme la « mort ou la blessure causée par des coups de pierres jetées par une multitude de peuple ». Ce sens est illustré par des exemples pris à l’Antiquité et au monde juif ancien (« Paul assista à la lapidation de saint Etienne ; la lapidation était ordinaire chez les Juifs ; on abandonnait les criminels au peuple, qui les assommait à coups de pierre ») ou celui de l’Académie française (1694, 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1879) : « supplice de ceux qu’on assommait à coups de pierre » (la lapidation de saint Etienne) et (neuvième édition, en cours de publication) « action de lapider, supplice que subit une personne qu’on lapide » (Le Deutéronome vouait à la lapidation le blasphémateur, l’idolâtre, le devin, la femme adultère).

Les rédacteurs de L’Encyclopédie (1751-64) en font, à juste titre, un supplice disparu, mais qui était « fort usité parmi les Hébreux ». « Les rabbins, est-il écrit dans cet ouvrage, font un grand dénombrement des crimes soumis à cette peine. Ce sont en général tous ceux que la loi condamne au dernier supplice, sans exprimer le genre de la mort ; par exemple, l’inceste du fils avec la mère, ou de la mère avec son fils, ou du fils avec sa belle-mère, ou du père avec sa fille, ou de la fille avec son père, ou du père avec sa belle-fille, ou d’un homme qui viole une fille fiancée, ou de la fiancée qui consent à ce violement, ceux qui tombent dans le crime de sodomie ou de bestialité, les idolâtres, les blasphémateurs, les magiciens, les nécromanciens, les violateurs du sabbat, ceux qui offrent leurs enfants à Moloch, ceux qui portent les autres à l’idolâtrie, un fils rebelle à son père et condamné par les juges (…) ». Dans les sociétés archaïques, la lapidation n'était pas seulement une façon judiciaire et épouvantable de donner la mort à des condamné(e)s, c'était aussi une façon de désigner le Mal ou le Diable et de le chasser du groupe. C'est le sens que prend la cérémonie rituelle de la lapidation à laquelle tout pèlerin de l’islam doit se plier à La Mecque : on sort en foule de la ville, on se rend dans le désert proche vers le Mont Arafat et on lapide celui que l’on nomme Chitan, Satan, Iblis, le Diable, le Démon, le Mal, pour purifier la communauté des vrais croyants et qu'elle ait enfin bonne conscience et ceinture dorée.     

Autrement dit, dans cette aire de civilisation que l’on appelle Occident, la lapidation est un supplice qui n’a jamais eu cours et qui, en théorie, n’a pas cours ou n’a pas lieu d’être. Tout s’y oppose : la loi, la compassion, le respect d’autrui, l’horreur de la barbarie et le message du Christ. En terre d’islam, la lapidation est un tube depuis toujours. Dès qu’il est question de la religion « d’amour » et de « paix », il est question de femmes lapidées ou de fiers lapidateurs, sans que la répétition à l’infini de ces actes incite journaleux, médieux, consciencieux du social, politiqueux, cultureux et socio-cultureux, à s’interroger sur l’islam et sur les réalités de l’islam : chut, silence dans les rangs, l’omerta est si assourdissante que l’on entend les mouches voler au-dessus des cadavres suppliciés en Iran, en Arabie, en Somalie, en Afghanistan, et ici ou là dans les bleds reculés de tel ou tel pays arabe.

Pourtant, le pieux silence n’empêche pas que des faits de lapidation se produisent en France, comme si la France était désormais le mont Arafat de La Mecque. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Rousseau emploie lapidation, non seulement pour désigner un supplice barbare, mais pour nommer le « fait d’être attaqué à coups de pierres » (1782) : « C’est dans cette île que je me réfugiai, après la lapidation de Motiers ». Or, il ne se passe de jour, que dis-je ? d’heure, de minute, de seconde, en France, « patrie des droits de l’homme » (patrie, que dis-je ? matrice), sans que de malheureux flics, conducteurs d’autobus, pompiers, etc. qui sont aussi des hommes ou des femmes, comme n’importe quelle Iranienne, soient attaqués à coups de pierres, les agresseurs ayant pris au préalable le soin de constituer une réserve de munitions, dont les dimensions et le poids sont parfaitement conformes à la loi islamique, ni trop petites, parce qu’elles ne feraient pas mal, ni trop grosses, parce qu’elles tueraient d’un coup, alors que le but est de tuer à petit feu le supplicié en le faisant souffrir le plus longtemps possible. Or, de ces lapidations, avérées, attestées, orthodoxes, conformes à la loi islamique, il n’est rendu compte nulle part dans les medias. Silence dans les rangs, on ne moufte pas mot, on fait dans son froc, au cas où… BHL ne montre pas ses seins à la télé. Ou bien en use de beaux euphémismes : caillasser, caillassage, caillasseur, jets de pierres… C’est qu’il faut que personne ne sache que l’on lapide en France et que les lapidateurs sont ceux qui, s’ils étaient restés dans leur pays, lapideraient en rigolant grassement les femmes dites adultères, les étrangers et bien entendu les juifs. Récemment, un dimanche, des catholiques ont été la cible de ce rite islamique à Carcassonne pendant la messe. S’ils aient été à Alger, au Caire, à Tunis, à Rabat, quoi de plus normal ? Après tout, pourquoi mettent-ils les pieds dans des pays où des dizaines de millions de bons musulmans exploitent des carrières de pierre, dans le but d’alimenter de belles lapidations ? Mais, c’était en France, dans une église, pendant de la messe. Ces braves fidèles ne sont-ils pas les suppôts de Satan au regard de l’islam ? De cela, les médias, comme d’habitude, se sont bien gardés d’informer les Français : c’est que, parmi ceux-ci désormais, il y a sans doute des musulmans qui se seraient sentis stigmatisés, non pas par les actes barbares de leurs coreligionnaires, mais par la petite et modeste publicité qui y aurait été donnée. D’ailleurs l’évêque du coin n’a-t-il pas publié un communiqué dans lequel il tient pour sans gravité la lapidation des chrétiens. Il n’a pas dit le mot tabou lapidation, mais le bénin jet de pierres. Il mérite le paradis d’Allah, cet évêque, où il copulera chaque jour qu’Allah fait avec soixante-dix houris éternellement vierges.   

 

06 juin 2012

Faciès

 

 

Voilà un mot doublement savant et tout récent, étant employé en français pour la première fois en 1823.

Il est savant parce que c’est un mot latin, qui a pour sens « ce qui apparaît, aspect, apparence, air, forme », mais aussi « figure, face, visage, mine, physionomie » ou encore « éclat, beauté, grâce » et « genre, espèce, sorte ». Aucun de ces sens n’est « nauséabond », contrairement à ce que prétendent à cor et à cri les justes pensants de la gauche odoriférante. Facies se dit d’une montagne (in faciem montis, « en forme de montagne »), d’une apparence (liberalis facies, « air distingué »), de l’aspect d’une ville (haec facies Trojae erat, « tel était l’aspect de Troie »), du visage ou de la tête d’un être humain (facies homini tantum, « l’homme seul a un visage » ou recta facie loqui, « parler la tête haute »), de la beauté d’une femme (facies Briseidos, « la beauté de Briséis » ou virgo ipsa facie egregia, « la jeune fille est elle-même d’une beauté remarquable »).

C’est surtout un mot de savants. En latin, il se rapporte à la (belle) apparence des êtres et des choses ; en français, c’est un terme « d’histoire naturelle » et de « médecine », les deux sciences qui ont produit au XIXe et au XXe siècle les élucubrations les plus sinistres. Comme c’est un mot de savant, Littré le relève dans son Dictionnaire de la langue française (1863-77) : « terme d’histoire naturelle, l’aspect, le port, la physionomie d’un corps, tel qu’il se présente à première vue et avant un examen ultérieur ». Les académiciens l’enregistrent dans la huitième édition du DAF (1932-5) : « terme de médecine, aspect du visage dans les maladies (son facies est mauvais) ; « il se dit aussi, dans le langage ordinaire, d’une conformation plus ou moins caractéristique du visage » (le facies mongol). Les exemples cités pour illustrer les emplois possibles de faciès mettent ce mot en relation avec la maladie ou avec la race. Cela est confirmé dans la neuvième édition (en cours de publication) de ce même dictionnaire, où le faciès n’est pas seulement l’aspect ou l’expression du visage, mais la « conformation du visage considérée comme caractéristique d’un groupe humain » (faciès mongol) et en médecine « l’aspect du visage évocateur de certains états physiologiques ou pathologiques » (faciès éthylique).

C’est ce sens savant des spécialistes d’anthropologie qui sous-tend l’emploi qu’en font les journaleux, associateux, idéologiqueux, cultureux, quand ils éructent cinq fois par jour leur prière quotidienne, les yeux fixant leur Mecque : « contrôles au faciès ! », « contrôles au faciès ! », contrôles au faciès ! », les contrôles en question étant ceux qu’effectuent la police française en France ; ou encore « délit de faciès ! », « délit de faciès ! », « délit de faciès » - délit imaginaire, qui n’a jamais eu d’existence ni dans le droit, ni dans la réalité. On ne sait quels sont les faciès recherchés par la police ou appelant des contrôles d’identité, lesquels ne s’effectuent que dans des lieux réputés pour être le terrain de jeu ou de chasse des gangs de voyous. Cela n’empêche pas que ce faciès soit répété dans tous les médias, sans que les répéteurs de faciès indiquent les faciès (mongols, sous-chiens, bretons, etc. ?) qui sont ou seraient la cible de contrôles. La répétition jusqu’à plus soif de faciès, qui contamine aussi les politiciens (que ne feraient-ils pas pour complaire à leurs maîtres des médias ?), dévoile ce qu’est devenue la France, où l’obsession de la race – et surtout l’affirmation de la supériorité raciale de l’islam - a effacé la culture, la distinction, le savoir-vivre, la courtoisie, qui jadis ont fait la France. C’est devenu le fonds de commerce des (prétendus) antiracistes à qui les citoyens paient patentes, dîmes, gabelles, champarts, décimes, etc. L’antiracisme a son propre vocabulaire, lequel est justement celui des racistes d’avant 1914. Comme les racistes de jadis, les antiracistes d’aujourd’hui n’éructent que métis, métisser, métissage, faciès, racial, ethnie, etc. avec lesquels ils stigmatisent les gens de peu, les pauvres, les sans le sou, les dominés et exploités, agents de police, pompiers ou autres, qui ignorent le sens du mot faciès, la seule chose qu'ils en connaissent étant que le mot, par lequel ils sont indirectement désignés, est nauséabond, sale, mal. Comme il y a dans la police de plus en plus de policiers arabes, métis, noirs ou asiatiques, surtout parmi ceux qui exercent des fonctions subalternes et qui procèdent aux contrôles d’identité, on ne sait quels faciès sont « ciblés » par ces issus de la diversité ou multiculturels : des « blancs », « sous-chiens » ou « bas-bretons » ? Ceux-ci sont-ils victimes de l’obsession raciale des nouveaux policiers ?

Les mots des racistes sont devenus ceux des antiracistes. Voilà une passation de langue qui en dit long sur la nature de l’antiracisme. En latin, facies signifie aussi « image, spectre, spectacle ». Chez Virgile, les dirae facies sont « d’horribles fantômes » ; dans la nouvelle langue française aussi. Les faciès, les métissés et métissées, le métissage, les ethnies, la musique dans le sang, etc. sont le retour des spectres d’autrefois, comme si les antiracistes subventionnés étaient mus par la haine des racistes de naguère.

 

 

02 juin 2012

Diversité (chroniques de la Restauration, an I)


 

 

La diversité est le nouvel horizon de la France et le seul. Il n’y en a pas d’autre. Foin de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. La diversité est le nec plus ultra, l’alpha et l’oméga, la réponse à tout de Monsieur de Hollande et de Monsieur Ayrault de Saint-Herblain, de Libération, du Monde, du Nouvel Observateur, du CRAN, du PMF, des mosquées de Paris, Créteil, Lyon, Evry, etc., du NPA, du PCF, du PS, etc.

Emprunté au latin diversitas, dont l’éventail sémantique assez large fait qu’il se traduit en français par « variété » ou « différence » et par « divergence » ou « contradiction », il est attesté dans la seconde moitié du XIIe siècle. Il est enregistré dans toutes les éditions du Dictionnaire de l’Académie de française, de 1694 à aujourd’hui, dans lesquelles le seul sens retenu est celui de « variété » et de « différence » (1694 : « diversité de religion, de vie, de fortune, d’objets, d’occupations, d’esprit, d’humeurs, d’opinions »), le sens défavorable du latin, à savoir « divergence » et « contradiction », n’étant pas relevé. Est-ce volontaire ? Quoi qu’il en soit, Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) définit la diversité comme les académiciens : c’est « l’état de ce qui est divers ». De l’état, la diversité innerve l’Etat. Elle était ce qui est, elle devient ce qui doit être. Elle était le fait, elle est le droit. Autrement dit, faire de la diversité le nouvel horizon de la France, c’est faire de la réalité une obligation. En France seulement, surtout pas au Maroc, ni en Algérie, ni au Mali, ni en Arabie évidemment, pays à qui la diversité fait défaut et qui auraient besoin, ne serait-ce que pour prouver qu’ils ne sont pas totalement barbares, de métisser leur uniformité obligatoire d’un brin de diversité.

Dans le Trésor de la Langue française (1971-94), le sens usuel de « état de ce qui est divers » est illustré d’un extrait éloquent des Principes de géographie humaine (1921) du géographe Vidal de la Blache : « l’homme s’intéresse surtout à son semblable, et, dès qu’a commencé l’ère des pérégrinations et des voyages, c’est le spectacle des diversités sociales associé à la diversité des lieux qui a piqué son attention ». L’ère des voyages et des pérégrinations commence en 1492 avec les découvertes de nouveaux territoires, aussitôt conquis, et la constitution des empires. De fait, c’est dans les empires, quels qu’ils soient ou aient été, coloniaux ou non, que la diversité est la règle. La diversité de l’Algérie, du Maroc, de l’Egypte, de la Turquie, etc. ont été balayées, en quelques années, par la purification ethnique. La Russie, qui continue tant bien que mal l’immense empire colonial tsariste, puis soviétique, a gardé de cette grandeur enfuie un peu de l’ancienne diversité de l’empire qu’elle a longtemps contrôlé. La diversité se marie à merveille à la tyrannie : tous divers, pourvu que ce soit l’échine courbe et la tête basse. La diversité est la règle, à condition qu’elle fasse allégeance. Il en allait ainsi à Vienne du temps des Habsbourg. Hitler s’accommodait de toutes les diversités, surtout de l’islamique. Le Reich pouvait être divers et varié, aux couleurs de l’arc-en-ciel, à condition qu’il fût sien et sans juif. Il est donc dans l’ordre des choses que la diversité soit le mot d’ordre de la pensée unique, de l’idéologie dominante ou des tout puissants de l’empire pub com media. Les candidats à la servitude volontaire exigent en chœur que la diversité (écrit même divers-cités : ça en jette) devienne l’essence de la France nouvelle, à condition qu’elle soit autre que française ou chrétienne ou gréco-latine ou européenne. Ainsi va le monde. En 1920, la diversité était une richesse coloniale : elle l’est toujours, mais colonies, colons, colonisateurs, colonialismes se sont échangé leurs rôles. C’est toujours une affaire coloniale, mais les colonies ne sont plus en Afrique et les colons ne sont plus les Français. C’est sans doute cela la ruse ou le retournement de l’Histoire.    

 

De tous les lexicographes, les rédacteurs du Trésor de la Langue française sont les seuls à noter que le sens latin s’est maintenu en français : « caractère de ce qui est opposé, contradictoire ». Les synonymes en sont « divergence » ou « opposition ». Chez Maine de Biran, diversité a pour synonyme contrariété : « cette diversité ou contrariété des besoins ». Maine de Biran n’écrivait pas cela au XIIe siècle, mais au début du XIXe siècle : en 1816 exactement. Le philosophe Maurice Blondel illustre en 1893 ce sens, tenu à tort pour vieilli, par cette phrase : « par l’action s’entretient donc et se resserre l’unité du mécanisme vital, qui, formé d’un assemblage de parties, n’a de cohésion que par le concert idéal des fonctions ; par elle, la diversité des tendances antagonistes, sans être abolie, se fond en un accord au moins passager ». En latin, diversus, du verbe divertere (« se détourner, se séparer, divorcer, être différent »), dont dérive diversitas, est relevé dans le Dictionnaire Latin Français de Gaffiot avec deux sens : « à l’opposé d’un point » et « allant dans des directions opposées ou diverses ». Le nom diversitas a pour premier sens « divergence » ou « contradiction » et pour second sens « variété » ou « différence ». Or seul ce second sens est relevé dans le DAF et par Littré. Est-ce pour ne pas jeter la suspicion sur la diversité et ne pas ébrécher la belle statue pittoresque et coloniale qui en est sculptée que les auteurs de dictionnaires oublient le premier sens de ce nom, le plus ancien, celui du latin, à savoir « contradiction, divergence, contrariété », sens qui est attesté en français et que relèvent les auteurs du Trésor de la langue française ?

La diversité cache la guerre de tous contre tous. Des religions, des coutumes, des mœurs incompatibles ou situées à l’opposé les unes des autres, qui ont été importées de très loin pour coexister artificiellement sur un territoire exigu, lequel n’est pas le canton d’un empire colonial, sont les germes de haines inexpiables et de conflits sans fin. Voilà ce à quoi va aboutir la diversité obligatoire de MM de Hollande et Ayrault de Saint-Herblain. Il est vrai que leurs électeurs sont majoritairement des divers ou des issus de la diversité : imams, grenouilles de mosquées, (grands) frères musulmans fanatiques, et que la diversité leur permet de remercier ceux dont ils sont les obligés. Ils paient leur dette. Il n’y a pas d’imams ou d’électeurs du FIS, de PJD, d’En-nahda, des Frères musulmans, de Ouattara, de Gül, d’Erdogan ou de Wade, etc. établis en France depuis trente ans, qui ne croient qu’ils ont installé à l’Elysée le conseiller général de Tulle pour qu’il les couvre de privilèges. Il leur faut à tous et immédiatement des postes, des places, des sinécures, des emplois, des fonctions, des retraites dorées, des compensations, etc. pour leurs enfants et pour la tribu, le clan, la parentèle, les affidés, les coreligionnaires, etc., quels que soient leurs mérites et leurs talents, fussent-ils nuls. Il n’y en a que pour eux, leur temps est arrivé, etc.