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24 novembre 2012

Le Grand Remplacement

 

 

A porpos de Renaud Camus, Le Grand Remplacement, David Reinharc, 117 pages, 13 €.

 

            Il est quelques ouvrages qui ont façonné la pensée morale ou politique de la France et que l’on peut lire ou relire avec profit même un siècle après qu’ils ont été publiés pour la première fois. Ce sont De la démocratie en Amérique, Les Conséquences politiques de la paix, L’Opium des intellectuels, Race et culture, Histoire de la folie à l’âge classique, Le Bouc émissaire, Cours familier de philosophie politique, La Raison des nations. Espérons que Le Grand Remplacement prendra dans les décennies qui viennent autant d’importance dans la pensée morale et politique que chacun des ouvrages cités ci-dessus. L’ouvrage le mérite. Non seulement dans ces quelque cent vingt pages, Renaud Camus s’exprime dans une langue lumineuse d’élégance et de netteté, mais encore il a le courage de dire sans tabou les bouleversements qui affectent la France et l’Europe et, plus que ces entités juridiques et administratives, les populations qui y sont établies et s’y succèdent depuis la nuit des temps.

La nature de ces bouleversements est condensée dans le vocable « Grand Remplacement », dont la signification est expliquée pages 15, 16, 79, 80, 82, 112. Ainsi, page 112 : « Vous avez un peuple et presque d’un seul coup, en une génération, vous avez à sa place un ou plusieurs autres peuples (…) Le Grand Remplacement, le changement de peuple, (….), est le phénomène le plus considérable de l’histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours ». Par ces deux mots, Renaud Camus reprend une boutade de Berthold Brecht, lequel, constatant qu’un gouvernement était mécontent de son propre peuple, s’exclamait : « Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? » Ce que Brecht prêtait ironiquement à des gouvernants bornés, autoritaires, despotiques, c’était du cynisme et l’absence de tout scrupule. L’ironie de l’histoire est que ce sont les lointains disciples et admirateurs de ce même Brecht qui mettent en œuvre la politique que celui-ci suggérait d’appliquer. Ceux qui, dans les années 1960 et 1970, tenaient la « distanciation » brechtienne pour le nec plus ultra de l’esthétique du théâtre, ont appliqué sans distanciation aucune, cyniquement, brutalement, la politique contre laquelle s’insurgeait leur maître.

Ce phénomène est plus « considérable », pour reprendre le jugement de Renaud Camus, que l’Occupation, la guerre de 1914, la Révolution ou les révolutions de 1789 à 1876, le règne de Louis XIV, et pourtant, de ce grand phénomène historique, il n’est question nulle part dans les médias, essais et discours des hommes politiques. Il est même interdit de le voir, bien qu’il saute aux yeux, et pas seulement dans le 9–3. Chacun le constate et des millions de citoyens en font une expérience ou dramatique ou tragique. Et pourtant, ce phénomène est censé ne pas avoir lieu et il a été décidé une bonne fois pour toutes qu’il ne s’est jamais produit. Le constater serait une illusion des sens… Ce qui se joue en France, c’est, près de quatre siècles après la première représentation, la tragédie de Calderon La vie est un songe, dans laquelle il est montré que le monde n’est qu’illusion, étant tout autre chose que ce que les yeux voient. La différence pourtant est grande. Les spectateurs savent que ce qu’ils voient sur une scène, ce n’est pas « pour de vrai » ; c’est du théâtre ou de l’illusion, ce n’est pas la réalité. Il en va tout autrement du Grand Remplacement. Aux citoyens de ce début de millénaire, ce qui est exigé, c’est de se croire au théâtre et de tenir les réalités qu’ils voient pour les ombres fugitives et éphémères d’une scène, de théâtre public et subventionné, évidemment.

            Pourquoi, comment, par quel biais, à la suite de quels bouleversements il est fait interdiction aux citoyens de voir ce qui leur crève les yeux ? La principale cause tient à l’idéologie. Le Grand Remplacement va à l’encontre de l’idéologie dominante, laquelle, bien qu’elle soit fausse, totalitaire et source de malheurs innombrables, s’est guindée au rang élevé de la morale, de la seule morale qui vaille et donc de la seule morale qui soit. L’idéologie est devenue la seule morale dans cet Empire du Bien qu’est la France fantasmée des médias, des politiciens, des inquisiteurs, des commissaires politiques, des contrôleurs de discours, des chausseurs de lunettes roses et des négateurs du réel. La moraline idéologique justifie la nocence, les nuisances, les crimes, les malheurs : elle approuve donc le remplacement sur le territoire de la France par d’autres peuples, comme elle a célébré naguère les purifications ethniques de l’Algérie et des pays arabes, de l’Allemagne nazie, de la Russie soviétique…  

L’occultation de la réalité est la grande spécialité des « chercheurs » en sciences sociales et autres, lesquels, à force de « chercher », ont fini par trouver un écran qui masque le Grand Remplacement : c’est l’adjectif « français ». Tous ceux qui viennent en France pour se substituer au peuple français sont immédiatement français. N’importe qui peut l’être : il suffit d’un coup de tampon sur un morceau de papier, et une fois l’étranger grimé en naturel, il s’affirme plus français encore que les Français dont les ancêtres sont présents en France depuis des centaines de générations. Si un Français disait en Algérie qu’il est algérien et plus algérien que les indigènes, il se ferait traiter de « raciste » et serait expulsé sur le champ. Donc puisque tous les remplaçants sont français, il n’y a pas de lieu de voir de Remplacement, Grand ou Petit, là où il y a seulement des papiers en règle ou en voie d’être réglés. Cette manipulation s’accompagne d’innombrables mots mensongers : incivilités, quartiers populaires, cités, quartiers sensibles… Tout est pipé : les statistiques, qui servent à cacher dans les chiffres ce que l’on pourrait voir dans la réalité si l’on ouvrait les yeux ; l’histoire de France entièrement réécrite (il n’y a pas de peuple français, c’est l’immigration qui a fait la France, nous sommes tous des immigrés ou des enfants d’immigrés, etc.) afin que soit justifié et accepté le Grand Remplacement, le vocabulaire, qui sert à ne pas dire ce qu’il est interdit de voir.

Pour Renaud Camus, qui se fonde sur des injonctions de Boumediene appelant ses coreligionnaires à conquérir la France et l’Europe, le Grand Remplacement est de la contre colonisation et même de la colonisation au sens propre de ce terme, c’est-à-dire un transfert de populations importantes dans un pays donné. Certes, il reste un abîme entre la colonisation, qui a été, dans l’histoire récente, une mise en valeur de terres incultes, et la contre colonisation, qui est une razzia : on s’empare par cupidité de richesses que leurs détenteurs historiques croient naïvement défendues par le droit ou la morale. La « nocence », la délinquance, les incivilités, la criminalité et les innombrables infractions à la loi, celle de la France, pas celle d’Allah, etc. sont le carburant du Grand Remplacement. Combien d’indigènes, exaspérés par la délinquance les visant, ont-ils été contraints de quitter leur immeuble HLM, leur quartier, leur ville, leur département, pour s’établir ailleurs, laissant le champ libre aux délinquants et à leurs potes ? Des millions ? De cette purification ethnique, qui n’existe pas, il est évidemment interdit de parler. Le changement de peuple n’est pas le fait du hasard. Le phénomène a des causes, lesquelles ne tiennent pas au passé colonial de la France. La Suisse, le Danemark, les pays scandinaves, Norvège, Suède, Finlande, n’ont jamais eu de colonies ; et pourtant, ces pays sont exposés, autant que la France, au Grand Remplacement. La collaboration non plus n’est pas en cause. La Grande-Bretagne qui a résisté dès juin 1940 est touchée elle aussi, plus que les autres pays d’Europe, plus que l’Allemagne. Pour Renaud Camus, ce qui rend possible le Grand Remplacement, c’est la reductio ad Hitlerum : Hitler a commencé dès 1945 une seconde carrière qui dure encore. Il est invoqué à tout bout de champ, en particulier contre ceux qui voient le Grand Remplacement là où il se produit et qui sont assez téméraires ou inconscients pour dire ce qu’ils voient. En un instant, les voilà nazifiés, tandis que les remplaçants, eux, qui vomissent les Juifs, sont assimilés aux Juifs persécutés par Hitler et ses séides.  On comprend que, pour Renaud Camus, il n’y ait de pensée libre en France aujourd’hui que dans l’absence, dans l’ailleurs ou dans l’a-topie ou dans le non-lieu, dans les blancs des cartes, puisque la classe dominante et englobante, à savoir la petite bourgeoisie qui régit la France se conçoit sans extérieur : il n’y a rien d’autre qu’elle et ceux qui n’en sont pas sont condamnés au silence, à ne rien voir, à vivre dans les marges, à rester dans la nuit.  

 

 

             

Commentaires

Excellent commentaire mettant en exergue le plus important la manipulation de la langue.
MErci de votre honneteté intellectuelle.

Pikkendorff

Écrit par : pikkendorff | 14 décembre 2012

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