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11 février 2013

Dégager

 

 

Le verbe dégager employé à la deuxième personne du singulier de l’impératif, « dégage ! », est devenu le nec plus ultra de la pensée politique « engagée » (dégager va de soi quand on est engagé) ou le slogan préféré des musulmans et des gauchistes ou, pour faire court, des islamo-gauchistes. C’est l’injonction comminatoire adressée à la France par des fous furieux : « la France, dégage » ou « Hollande dégage » (du Mali ou de Tunisie) ou adressée par les gauchistes français ou par les musulmans français à l’encontre du juif et fils d’immigré Sarkozy « Sarko dégage ». C’est aussi le slogan qui s’est répandu comme la peste à Tunis, au Caire, en Lybie ou en Syrie lors des prétendues révolutions « arabes » ou pendant le cosidetto « printemps arabe ». De printemps, il n’y a pas eu, non plus que de révolution, mais il en est resté le slogan répété par les foules atteintes de psittacisme, que ce soit en France, en Europe, au Proche-Orient ou en Afrique. Voilà un verbe devenu mot d’ordre politique en arabe et qui connaît un destin hors du commun, ce qui en rend nécessaire l’examen.

Rien ne prédisposait ce verbe à devenir un slogan politique et encore moins à entrer dans la langue arabe, cette langue qui est supérieure, de milliers de coudées, à toutes les langues qui existent, qui ont existé ou qui existeront sur la Terre, parce que c’est la langue d’Allah en personne et de son messager « chair et os ».

Ce verbe est attesté au XIIe siècle et le premier sens dans lequel il est employé est celui de sa formation : dérivé du nom gage, il signifie « retirer ce qui était en gage » (chez l’usurier ou au Mont de Piété ou au Crédit Municipal). « Retirer ce qu’on avait engagé » (une terre, des pierreries, un manteau), écrivent les académiciens (1694), et « retirer ce qui était engagé, ce qui avait été donné en hypothèque, en nantissement, en gage » (de 1762 à 1935 et à la neuvième édition, en cours de publication). D’autres lexicographes reprennent cette définition : Littré en 1863-77, les linguistes du Trésor de la langue française (1971-94), lesquels notent cependant qu’entendu ainsi, dégager est ou serait « vieilli ». Ce qui ne laisse pas d’étonner, c’est l’ampleur de l’éventail des sens de ce verbe dans la langue moderne. Il est en usage en chimie, en mathématiques, en météorologie, dans les finances, dans des sens figurés (dégager sa parole, dégager un soldat : « ne plus payer ses gages, le congédier »), en médecine, dans le vocabulaire de l’escrime et de la danse, et même du vêtement… En bref, c’est un feu d’artifice. Pourtant, aucun des lexicographes cités ne relève l’emploi injonctif et absolu (sans complément) de ce verbe dans le vocabulaire de la politique, sinon les linguistes du TLF, qui expriment volontiers leur fierté d’avoir conçu un dictionnaire « exhaustif », qu’ils ont nommé, pour cela, trésor, et qui se targuent de cet anticonformisme qui leur fait accepter tous les emplois, même les plus récents ou les plus bizarres, mais qui citent cet emploi dans une « remarque ». « En emploi absolu et à l’impératif, le verbe est fréquent en langue populaire ». Et de citer un extrait du Feu (1916) de Barbusse : « Dégagez, vous autres ! Ben quoi, dégagez, que j’vous dis ! (...) Allons, oust, la fuite ! J’veux plus vous voir dans le passage, hé ! ».

L’exposé des académiciens (neuvième édition, en cours) est sans doute plus complet. Cet emploi injonctif dépend du sens « faire qu’une chose ne soit plus obstruée, encombrée, dissimulée, etc. ». On dégage un couloir, un passage, une porte, un monument, la voie (ferrée) ; et, dans la langue populaire, qui n’est pas nécessairement celle du peuple, mais qui peut être, comme elle l’est aujourd’hui en France, celle des nantis et des élites : « dégager les lieux ou, elliptiquement, dégager, vider les lieux, s’en aller ». C’est désormais dans ce sens que le verbe « dégage » est en usage en arabe :

 دﺟاج

Sans doute faudrait-il écrire le premier avec trois points souscrits, au lieu d’un seul. Peu importe d’ailleurs. Le fait essentiel est l’appropriation par les arabes de cette injonction (ce qui prouve la profondeur de leur pensée politique et la grandeur de leurs ambitions), qui est devenue l’alpha et l’oméga de l’imaginaire politique de la Tunisie, de l’Egypte, de la Libye, de la Syrie et bientôt du Maroc, de l’Algérie, de l’Arabie, du Qatar ? A moins qu’elle ne devienne, comme elle semble y être destinée, l’horizon unique des quartiers, cités ou autres banlieues (à qui est adressée l’injonction ? A ceux à qui elle est proférée ou à ceux qui la profèrent ?), et même des partis politiques extrémistes, du type NPA ou PdG ou SFIC ou PC, qui s’empressent tous de répéter l’injonction, comme les valets répètent les ordres de leurs maîtres.

  

Commentaires

M'sieu Arouet
je tenais à vous signaler cette très belle chanson ( de plaintive lamentation , qui je crois exprime bien le spleen profond de moults .... je ne sais plus comment les nommer bref des gens qui ont de la famille dans l ' Hexagone ... avant ! )


http://www.youtube.com/watch?v=NpDi27DrCVk

les premiers arrivés , les premières nations
comme y causent au Québec

Québec : là ou les eaux se resserrent

Belles paroles
" on dit que les religions hissent l'âme
( is lam )
moi je crois que certaines hissent les
armes


http://www.youtube.com/watch?v=NpDi27DrCVk

HEXAGONE m'ame Taubi'a
n'utilise plus le mot METROPOLE dans
ses directives , mais Hexagone
( lequel ? Ou ? )

Écrit par : Amédée | 16 février 2013

saint-mihiel
a ) 1914

b) 2013

http://decadence-europa.over-blog.com/article-saint-mihiel-1914-2013-actualite-115207010.html

et ceci chez mon ami Ligier RICHIER, que j'adore
fallait pas me faire cà ! pas là !

Écrit par : Amédée | 16 février 2013

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