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22 mars 2013

Extrémiste, extrémisme

 

Avec ces deux mots, attestés en 1915 (extrémiste) et en 1918 (extrémisme), en pleine guerre à outrance, laquelle s’est imprimée, dans ce qu’elle a pire, dans les significations et emplois de l’un et l’autre de ces deux mots dérivés de l’adjectif extrême, emprunté au latin extremus, qui a un sens « superlatif », maintenu en français, nous sommes en plein Modernistan. Ils sont même « emblématiques », comme on dit dans le charabia des media, de la modernité : ils en sont l’étendard et ils en ont les ingrédients : violence, imbécilité, politique, social, etc.

Ils ont fini par supplanter dans les emplois politiques l’adjectif et nom extrême qui leur sert de base. Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77) relevait les divers sens ou emplois d’extrême : « porté au dernier point, au plus haut degré », « parti extrême (on dirait aujourd’hui extrémiste) parti violent, hasardeux », « qui est éloigné de l’état modéré », « qui outre, qui n’a point de mesure, en parlant des personnes ». Selon Littré, le contraire d’extrême est modéré, à moins que modéré n’en soit le cache-sexe ou la version présentable, comme dans ces célèbres musulmans soi-disant ou prétendument modérés, modérés en public, mais extrêmes en pensée, ou dans ces oxymores, dont la seule raison d’être est d’anesthésier les citoyens : islam modéré ou islamisme modéré. Ils sont modérés dans l’islamisme ou ils sont modérément islamistes : ce sont des extrémistes qui montrent patte blanche.  

Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1932-35), il est indiqué qu’extrémiste s'emploie surtout dans la langue politique pour caractériser ou désigner « celui ou celle qui est partisan des idées et des résolutions extrêmes », Mme de Beauvoir par exemple, qui fait cette confidence éloquent : « j’étais extrémiste : je voulais tout ou rien » (Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958). Elle n’était pas rangée, mais dérangée. Aussi a-t-elle fait des risettes aux autorités « françaises » sous l’Occupation et à tous les camarades extrémistes de Chine, d’URSS, de Cuba, d’Egypte, etc. Dans le Trésor de la langue française (1971-94), l’extrémisme est « la tendance à adopter des opinions, des conduites extrêmes ». C’est ce petit lait qui nourrira les jeunes gens dans les années 1930-90, et aujourd’hui les fanatiques des banlieues islamisées.

Les académiciens sont manichéens dans le choix des exemples qui sont censés illustrer extrémiste dans la neuvième édition (en cours de publication) de leur dictionnaire : « un extrémiste de droite ». Pour eux, il n’existe pas d’extrémiste de gauche, ni même d’extrême gauche, la gauche étant exonérée de tout ce dont la « droite » est accablée. A moins que leur manichéisme ne soit l’expression d’une prudence de Sioux, car ils savent que la « gauche », extrémiste par nature, est vindicative, hargneuse, coupeuse de têtes et peuplée de purificateurs ethniques, sociaux, intellectuels, etc.

 

    

 

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