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30 mars 2013

Crispations, peurs et autres fantasmes

 

Crispations

 

Le mot, attesté au milieu du XVIIIe siècle, est relativement récent et, comme la plupart des mots apparus au cours de ce siècle, c’est un mot savant et de savants, chirurgiens et médecins. Jean-François Féraud (1788) note que c’est un « terme de médecine, fort à la mode ». Dans le Dictionnaire de l’Académie française, à compter de 1762, il est défini ainsi : « resserrement qui arrive aux parties extérieures des choses qui se replient sur elles-mêmes par l’approche du feu » et « il se dit encore en médecine d’un effet à peu près pareil qui arrive dans les entrailles, dans les nerfs, etc. ». Ces deux sens « physiques » sont glosés ainsi dans la neuvième édition, en cours de publication depuis 1994, du DAF : « rétraction qui plisse ou ride la surface d’un objet sous l’action d’un agent physique ou chimique (la crispation du cuir sous l’effet de la chaleur) » et « contraction involontaire, parfois à peine perceptible, de certains muscles, notamment sous l’effet d’une émotion ou d’un état de nervosité » (crispation des muscles de la main, du visage, d’un membre).

C’est en 1835 qu’est relevé pour la première fois l’emploi figuré de ce nom, celui-là même dont il est fait usage, dans des formes quasiment obligées ou attendues ou contenues, dès qu’il est question d’islam ou d’hostilité à l’islam. Ce sont les « organes », c’est-à-dire l’appareil idéologico-politique bien pensant (Le Monde, NO, Libération, service public « d’information » (comprendre : de propagande), Marianne), qui opposent à cette hostilité croissante le nom crispations, toujours employé au pluriel et souvent coordonné aux noms peurs et fantasmes. De cet emploi, les académiciens précisent en 1835 que crispation « se dit quelquefois (aujourd’hui, c’est « toujours »), par exagération et familièrement, en parlant de ce qui cause une vive impatience ou un grand déplaisir », comme dans ces exemples banals : « sa lenteur me donne des crispations » et « la seule vue de cet homme lui cause des crispations ». Selon Littré (1863-77), au figuré, causer des crispations, donner des crispations, c’est « causer une vive impatience, une vive irritation », les auteurs du Trésor de la langue française (1971-94) et les académiciens (neuvième édition, op. cit.) se contentant de faire suivre cet emploi du seul synonyme : « vif agacement ».

Le mot est condescendant, non pas le mot en lui-même, mais l’emploi qui en est fait par les organes, quand ils s’évertuent à discréditer, puisque telle est leur obsession, les Français, dès que ceux-ci osent porter un jugement retenu ou non dithyrambique sur l’islam, les musulmans, la grande civilisation islamique, qui est, comme chacun sait, supérieure à tout ce qui existe, a existé ou existera dans l’univers. La raison d’être de ce crispations méprisant est de disqualifier tout Français audacieux ou assez audacieux pour faire usage de la liberté d’expression et de pensée qui est pourtant garantie par les Constitutions et autres textes fondateurs de la France, de la République, de l’Europe, etc. Comme il n’est pas possible de faire taire ceux qui pensent ou ceux qui ont une connaissance raisonnée du monde, ce qui serait imiter les nazis ou les communistes, leur jugement est tenu pour nul et les lecteurs, auditeurs et autres téléspectateurs sont incités à tenir ces « crispations » pour de simples réflexes conditionnés de vieillards bornés, etc.       

 

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